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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2017

Reprise de Götterdämmerung de Wagner dans la mise en scène de Willy Decker et sous la direction de Christian Thielemann à la Semperoper de Dresde.

Ring Dresde (4) :
Crépuscule sans narration

© Klaus Gigga

Suite et fin de la Tétralogie en éléments séparés à Dresde avant les deux cycles intégraux de janvier. Encore plus impressionnant de maîtrise qu’auparavant, Christian Thielemann peine pourtant à véritablement apporter une narration au Crépuscule des Dieux, quand sur scène Andreas Schager déçoit et Nina Stemme passionne.
 

Semperoper, Dresden
Le 29/10/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Débuté en 2016 avec la Walkyrie, le Ring de la Semperoper de Dresde s’achève avec Götterdämmerung cet automne. La mise en scène de Willy Decker créée il y a maintenant quatorze ans trouve ses limites dans ce dernier volet, où les jeux de dimension des objets dans les mains des Dieux et le prolongement des sièges du parterre sur scène n’apportent plus rien. L’intégration de la majeure partie de l’action dans la première moitié du siècle dernier avec Siegfried en explorateur et Gunther dans un salon de château dont la vue fait penser au Nid d’Aigle d’Hitler n’aide guère non plus à développer le drame.

    On s’intéresse alors d’abord à la musique et à l’intérêt principal de cette Tétralogie : le directeur musical du festival de Bayreuth Christian Thielemann, déjà annoncé sur la Colline pour diriger le prochain Ring de 2020. Encore une fois, sa direction est nettement plus aboutie qu’au début des années 2000 et surtout qu’en 2013 à Vienne, mais il faut marquer une différence entre interprétation de très grande qualité et direction d’intérêt.

    Car si à notre époque, peu de chefs ont dans une fosse d’orchestre ce niveau, on peine à comprendre l’intérêt de ces silences interminables sous le monologue de Siegfried ou avant la dernière minute de l’ouvrage, ou encore celui de traiter à ce point dans le matériau de l’orchestre certaines scènes. Le chef allemand réussit certes à faire ressortir des deuxièmes et même troisièmes plans des phrases et leitmotive jamais entendus jusqu’ici, mais cela ne développe pas pour autant une véritable idée du drame ni un vrai soutien au plateau.

    Plus problématique, la distribution lui est entièrement dédiée, comme les touches noires d’un piano, certes parfois plus libres que les blanches, mais tout de même bloquées sur le clavier. Les Nornes inquiètent alors dans leur première scène par leur manque de liberté et la prononciation trop marquée de chaque mot, effet encore plus remarqué ensuite avec les Filles du Rhin, elles aussi bien trop maniérées, au risque d’être parfois mises en difficulté dans le chant.

    Le reste du plateau présente nombre de vétérans, dont Albert Dohmen, qui ne peut aujourd’hui donner sa puissance antérieure au court rôle d’Alberich. Le poids des ans a aussi abîmé la projection de Iain Paterson en Gunther, problème que n’a pas Falk Struckmann pour une prestation de très haute volée en Hagen, dont les graves profonds ravissent tout au long de la soirée. Le Staatsopernchor d’un niveau tout aussi exceptionnel que la Staatskapelle l’assiste avec une verve rare et transforme la scène des Vassaux en messe noire d’anthologie.

    Après un fantastique Stephen Gould dans le volet précédent, Andreas Schager est maintenant Siegfried, mais à trop chanter des rôles lourds sans avoir travaillé sur sa voix pour la gestion des piani, il montre déjà un organe fatigué et rarement juste au II, en plus de tout attaquer en force. Heureusement, la dernière partie est de meilleure facture et son monologue final très réussi.

    Face à lui, Edith Haller retrouve ce qui reste peut-être aujourd’hui son meilleur rôle, avec une Gutrune pleine dans l’aigu. Les plus grands moments arrivent cependant une fois de plus avec Nina Stemme, Brünnhilde d’exception dont la dernière scène fascine, même si là aussi le soutien en fosse et l’absence de véritable narration peine à rappeler des instants aussi magiques que lors des dernières prestations de la soprano dans l’œuvre. Le métal de la voix commence toutefois également à présenter moins d’éclat et la Suédoise doit souvent se préparer plus tôt avant d’exploser dans l’aigu.




    Liens vers les précédents volets :
    Das Rheingold
    Die Walküre
    Siegfried




    Semperoper, Dresden
    Le 29/10/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Götterdämmerung de Wagner dans la mise en scène de Willy Decker et sous la direction de Christian Thielemann à la Semperoper de Dresde.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Götterdämmerung, troisième Journée du festival Scénique Der Ring des Nibelungen (1876)
    Livret du compositeur
    Staatsopernchor und Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction : Christian Thielemann
    mise en scène : Willy Decker
    décors : Wolfgang Gussmann
    costumes : Wolfgang Gussmann & Frauke Schernau
    préparation des chœurs : Jörn Hinnerk Andresen

    Avec : Andreas Schager (Siegfried), Iain Paterson (Gunther), Albert Dohmen (Alberich), Falk Struckmann (Hagen), Nina Stemme (Brünnhilde), Edith Haller (Gutrune), Christa Mayer (Waltraute), Okka von der Damerau, Simone Schröder, Christiane Kohl (Nornen), Christiane Kohl (Woglinde), Sabrina Kögel (Wellgunde), Simone Schröder (Floβhilde).
     



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