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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2017

Nouvelle production des Noces de Figaro de Mozart dans une mise en scène de Ludovic Lagarde et sous la direction de Patrick Davin à l'Opéra du Rhin.

Des Noces haute couture
© Klara Beck

Ludovic Lagarde déplace ses Noces de Figaro dans un atelier de haute couture où règne en maître un Comte désabusé et cocaïnomane, enclin à harceler son entourage. Un plateau de belle tenue principalement composée par de jeunes chanteurs prêts à en découdre rattrape en partie une scénographie assez laborieuse et une fosse pas toujours ajustée.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 31/10/2017
David VERDIER
 



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  • Ludovic Lagarde n'en est pas à son premier coup d'essai dans le monde de l'opéra – notamment un étonnant Massacre de Wolfgang Mitterer d'après Christopher Marlowe – même si son nom reste essentiellement lié au théâtre. Directeur de la Comédie de Reims depuis 2009, son travail reste marqué par la proximité avec l'œuvre complexe et volubile d'Olivier Cadiot qu'il a à de nombreuses reprises mis en scène.

    Avec les Noces de Figaro s'offre à lui l'univers du marivaudage amoureux et politique imaginé par Beaumarchais et revu par la plume de Da Ponte. La sobriété stylisée du décor d'Antoine Vasseur plombe le rythme général de la scène en flirtant avec une simple mise en espace où des cloisons dessinent des espaces arrondis autour d'un lit dont la position centrale ne laisse planer aucun mystère sur l'importance symbolique qu'il revêt. Le spectacle repose sur une direction d'acteurs au cordeau et un plateau de qualité qui se plie aux exigences du parti pris de la mise en scène.

    Almaviva trône au milieu d'un château d’Aguas-Frescas transformé en atelier de haute couture – un atelier où le lit sert de bureau à (mauvais) desseins pour un Comte littéralement drogué au sexe et promenant ses faux airs de Robert Smith avec regard lourdement fardé, barbe d'une semaine, coiffure hirsute et mitaines noires. Figaro lui sert d'homme à tout faire et prépare ses rails de cocaïne tandis que Susanna fait mentir sa tenue de petite main d'atelier mi-ouvrière mi-oie blanche.

    Alternant dégaine hagarde et violence autoritaire, cet aristocrate du ciseau tyrannise un mannequin qui défile devant lui avec sa dernière création. Saisi par un accès de rage qu'on prendra pour une baisse d'inspiration et le trouble dans lequel le jette le refus de Susanna et le jeu de dissimulation de Cherubino, il entame Hai già vinta la causa en se saisissant d'un rouge à lèvre pour barbouiller le visage du pauvre mannequin. Cette humiliation se retourne contre lui au moment où tombent les masques dans la scène finale puisqu'il retrouve le mannequin grimé sous sa propre apparence – le harceleur harcelé en quelque sorte. Un peu mince comme dénouement…

    Le plateau regroupe un ensemble de jeunes chanteurs qui empoignent leurs rôles avec une énergie qui peut laisser en chemin le souci du détail comme en témoigne le Figaro d'Andreas Wolf, à la fois débonnaire et vigoureux. La projection n'a pas le brio et la couleur qui permettraient de l'inscrire dans la lignée des glorieux titulaires du rôle mais l'efficacité scénique rattrape en grande partie les défauts. Virevoltante et très souple dans l'enchaînement des récitatifs et des airs, la Susanna de Lauryna Bendžiūnaitė remporte sans coup férir la palme de la soirée, grâce à une technique à toute épreuve et un timbre très homogène.

    Catherine Trottmann (Cherubino) est l'autre triomphatrice de ces Noces, notamment grâce à une rondeur et une pétulance de belle facture. David Luciano est un Comte en demi-teinte, l'émission assez terne malgré un abattage parfaitement en place. La voix de Vannina Santoni nage un peu dans son costume de Comtesse. La ligne se perd fréquemment dans une amplitude restreinte et une incarnation trop distanciée. Arnaud Richard chante trop en retrait son Bartolo, supplanté par la vivacité de Marie-Ange Todorovitch en Marcellina et l'ironie grinçante de Gilles Ragon, travesti en Basilio-matrone.

    Patrick Davin dirige un Orchestre symphonique de Mulhouse assez précautionneux dans l'articulation générale et des variations de tempi pas toujours bienvenues. L'ouverture alterne atermoiements et précipitation, tandis que des tubes comme Porgi amor manquent étonnamment de présence.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 31/10/2017
    David VERDIER

    Nouvelle production des Noces de Figaro de Mozart dans une mise en scène de Ludovic Lagarde et sous la direction de Patrick Davin à l'Opéra du Rhin.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Le Nozze di Figaro, dramma giocoso en quatre actes KV. 492 (1786)
    Livret de Lorenzo da Ponte d'après le Mariage de Figaro de Beaumarchais

    Chœur de l’Opéra national du Rhin
    Orchestre symphonique de Mulhouse
    direction : Patrick Davin
    mise en scène : Ludovic Lagarde
    décors : Antoine Vasseur
    costumes : Marie La Rocca
    éclairages : Sébastien Michaud
    préparation des chœurs : Sandrine Abello

    Avec :
    David Luciano (Il Conte Almaviva), Vannina Santoni (La Contessa Almaviva), Lauryna Bendžiūnaitė (Susanna), Andreas Wolf (Figaro), Catherine Trottmann (Cherubino), Marie-Ange Todorovitch (Marcellina), Arnaud Richard (Bartolo), Gilles Ragon (Basilio), François Almuzara (Don Curzio), Dominic Burns (Antonio), Anaïs Yvoz (Barbarina), Uli Kirsch (Cherubim), Fan Xie et Clémence Petit (Deux jeunes filles).

     



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