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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Récital du ténor Juan Diego Flórez accompagné par l’Orchestre de chambre de Lausanne sous la direction de Joshua Weilerstein dans la série des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L’heure du choix ?
© Trevor Leighton / Decca

S’il figure toujours dans le très restreint bataillon des très grands ténors de notre temps, Juan Diego Flórez est sans doute arrivé à un moment de sa carrière où des choix vont vite s’imposer. À 44 ans, un ténor léger, comme une soprano colorature, est à la fois au sommet de ses capacités et devant la nécessité ou la tentation d’une nécessaire évolution.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 12/11/2017
Gérard MANNONI
 



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  • Avec deux parties totalement différentes, Juan Diego Flórez semble affronter avec franchise et courage les questions qu’il ne peut manquer de se poser. Même si en bis, il nous rappelle toujours pouvoir assumer la cascade de contre-ut de l’air de la Fille du régiment, la première moitié du programme vouée à Mozart, et un disque récemment publié, indique bien qu’il cherche dans cette direction à quitter le domaine des pures prouesses vocales qui ont fait à juste titre sa gloire. Pourquoi, en effet, avec sa technique de vocalise et des aigus aussi faciles, ne pas se tourner vers les héros mozartiens qui offrent une belle variété de caractères et d’écriture ?

    Reconnaissons que le résultat n’est pour l’instant qu’à demi-convaincant. D’entrée, l’air de Belmonte de l’Enlèvement au sérail ne propose pas une voix libérée ni une grande vérité stylistique. Il mio tesoro de Don Ottavio dans Don Giovanni, enjolivé d’inutiles fioritures, n’impressionne ni par le déroulé des vocalises, ni par le dessin du phrasé, ni même, à nouveau, par la liberté d’émission d’une voix qui semble ne pas oser se projeter avec plaisir.

    Et puis, avec l’air de Tamino de la Flûte enchantée, plus lyrique, souvent chanté par des voix plus lourdes, changement soudain. Le timbre a retrouvé sa qualité, l’émission une nouvelle puissance, une liberté qui permet une belle interprétation de cet air. Pour achever cette partie mozartienne vient enfin un très vaillant Fuor del mar, d’, qui exige non seulement de l’agilité mais de la puissance. Et de nouveau, Flórez s’impose, beaucoup plus à l’aise dans ce type d’écriture que dans celle plus légère de personnages comme Belmonte ou Ottavio. Et l’on se dit que si le grand ténor se cherche des voies nouvelles, c’est vers un lyrisme plus large qu’il devrait se tourner plutôt que vers un baroque aux galants ornements.

    Et d’ailleurs, toute la deuxième moitié du programme, italienne et française, vient confirmer cette impression. La voix du ténor ne demande qu’à s’affirmer dans l’ampleur, la largeur, un lyrisme généreux, déployé sans contraintes. De l’Otello de Rossini, en passant par deux parfaits airs d’Hoffmann d’Offenbach, un Che gelida manina de la Bohème splendide, où la voix se ploie généreusement dans les phrases les plus amples, Rigoletto, et pour finir par La mia Letizia infondere d’I Lombardi, c’est une voix parfaitement adaptée à ce type de répertoire que l’on entend, avec tout ce qu’elle peut encore acquérir en ces domaines sans aucun doute. Étrange, peut-être, inattendu, mais incontestable. Jusqu’où, jusqu’à quels rôles cela peut-il aller ? L’avenir le dira, si le ténor avance avec prudence et intelligence. Mais on peut lui faire confiance en la matière.

    Juan Diego Flórez avait pour partenaire l’Orchestre de chambre de Lausanne, excellent, sous la baguette très tonique de son directeur artistique Josuah Weilerstein et dont le violon solo François Sachard donna une superbe interprétation de la Méditation de Thaïs.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 12/11/2017
    Gérard MANNONI

    Récital du ténor Juan Diego Flórez accompagné par l’Orchestre de chambre de Lausanne sous la direction de Joshua Weilerstein dans la série des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Ouverture des Noces de Figaro
    Ich baue ganz (l’Enlèvement au sérail)
    Ouverture de Don Giovanni
    Air d’Ottavio : Il mio tesoro
    Air d’Alessandro du Re Pastore
    Ouverture de Così fan tutte
    Air de Tamino de la Flûte enchantée
    Air Fuor del mar d’Idoménée
    Giacchino Rossini (1792-1868)
    Che ascolta ? ahimè (Rodrigo dans Otello)
    Jules Massenet (1842-1912)
    Méditation de Thaïs
    Jacuques Offenbach (1819-1880)
    O Dieu, quelle ivresse
    Va pour Kleinzach (Les Contes d’Hoffmann)
    Pietro Mascagni (1863-1945)
    Cavalleria rusticana : intermezzo orchestral
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    Che gelida manina (la Bohème)
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    La Traviata : prélude de l’acte III
    Rigoletto : Questa o quella
    I Lombardi : La mia Letizia infondere (Oronte)
    Juan Diego Flórez, ténor
    Orchestre de chambre de Lausanne
    direction : Joshua Weilerstein

     


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