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CRITIQUES DE CONCERTS 17 juillet 2018

Nouvelle production de la Ronde de Boesmans dans une mise en scène de Christiane Lutz et sous la direction de Jean Deroyer à l’Opéra de Paris.

Ça tourne en rond
© Studio j

Donnée en version de chambre (signée Fabrizio Cassol), cette Ronde de Boesmans bénéficie d'un plateau vocal composé des jeunes voix talentueuses de l’Académie de l’Opéra national de Paris ainsi que de l'Orchestre-Atelier Ostinato. Jean Deroyer dirige tout ce beau monde avec une belle énergie qui se laisse écouter les yeux fermés.
 

Amphithéâtre de l'Opéra Bastille, Paris
Le 11/11/2017
David VERDIER
 



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  • Philippe Boesmans a composé cette Ronde (d'après Arthur Schnitzler) en 1993, s'assurant dès la création un succès immédiat. Cet opéra se distingue de Wintermärchen, Julie, Yvonne de Bourgogne et récemment Pinocchio, en cela qu'il parle une langue musicale qui ne cherche pas à dissimuler le réseau de citations qui lui sert de trame.

    Donnée dans la version de chambre de Fabrizio Cassol, cette langue semble parfaitement proportionnée aux jeunes voix de l'Académie de l’Opéra de Paris – ex-Atelier lyrique. Avec ses douze chanteurs et ses neuf instrumentistes et quatre pianistes-chefs de chant, cette structure comporte également un metteur en scène et une quinzaine d'emplois techniques liés aux arts de la scène. C'est donc une production maison qui est donnée dans l'espace de l'Amphithéâtre Bastille.

    La mise en scène de Christiane Lutz confine à une mise en espace relativement efficace avec pour simple décor des sièges de voiture et une paroi amovible qui se transforme en fonction des scènes. Un élément sort du décor comme un tiroir d'une commode et cela suffit à récréer l'univers miniature de ces dix tableaux intimes. Schnitzler était parfaitement conscient du haut degré de provocation que pouvait atteindre une intrigue où se croisent des couples éphémères, avec pour unique horizon une issue sexuelle à des situations où la banalité rejoint le sordide.

    Cette ambiance décadente et fin-de-siècle trouve dans cette mise en espace un écho théâtral relativement fruste, avec une direction d'acteurs rudimentaire qui consiste à mimer par des gestes des objets ou des meubles invisibles. Les dix personnages sont répartis symétriquement en deux groupes de cinq hommes et cinq femmes. La dramaturgie combine des couples dont un membre reste en scène et sert de liaison avec la scène suivante : le soldat avec la prostituée, puis avec la femme de chambre, laquelle séduit le jeune homme de bonne famille, lequel séduit une femme mariée etc.

    Jusqu'au moment où la boucle se referme avec le Comte qui rejoint la prostituée. La présence de projections permet de visionner les protagonistes filmés dans des scènes de rencontres autour de la Colonne de juillet, comme pour justifier l'allusion à la ronde. On lit également en direct le contenu de messages échangés par SMS, ce qui donne une impulsion et un mouvement à une scénographie qui menace de sombrer dans l'ennui.

    Heureusement, la distribution rattrape sur bien des points ces faiblesses, en particulier la Prostituée de Sarah Shine avec un timbre étonnamment libre et aérien et Farrah El Dibany, en Grisette qui mise tout son jeu de séduction sur un registre grave exceptionnel. Danylo Matviienko campe un Comte très sonore, dans un allemand pas toujours sûr mais très équilibré par la belle présence de la Cantatrice d'Angélique Boudeville. Le couple Marie Perbost-Maciej Kwaśnikowski brille par la cohérence des registres et l'expressivité du chant, tandis que la basse Mateusz Hoedt campe un Mari borné et jouisseur. Le Poète photographe de Jean-François Marras emporte l'adhésion alors que le Soldat de Juan de Dios Mateos est sans doute la seule voix de la soirée qui manque de chair et de poids.

    L'Orchestre-Atelier Ostinato bénéficie de la direction énergique de Jean Deroyer, habile dans la manière de détailler les traits virtuoses et ces bribes stylistiques mises en dialogue. Poésie musicale qu'on pourra çà et là trouver éminemment datée et parfois irritante, la partition de Boesmans exige des interprètes à la hauteur des chausse-trapes techniques qu'elle recèle.




    Amphithéâtre de l'Opéra Bastille, Paris
    Le 11/11/2017
    David VERDIER

    Nouvelle production de la Ronde de Boesmans dans une mise en scène de Christiane Lutz et sous la direction de Jean Deroyer à l’Opéra de Paris.
    Philippe Boesmans (*1936)
    Reigen, opéra en dix scènes
    Livret d'Arthur Schnitzler adapté par Luc Bondy
    Adaptation musicale : Fabrizio Cassol

    Artistes de l’Académie de l’Opéra national de Paris
    Orchestre-Atelier Ostinato
    direction : Jean Deroyer
    mise en scène : Christiane Lutz
    scénographie : Christian Tabakoff
    costumes : Natascha Maraval
    éclairages : Daniel Levy

    Avec :
    Sarah Shine (La Prostituée), Juan de Dios Mateos (Le Soldat), Jeanne Ireland (La Femme de chambre), Maciej Kwaśnikowski (Le Jeune monsieur), Marie Perbost (La Jeune femme), Mateusz Hoedt (Le Mari), Farrah El Dibany (La Grisette), Jean-François Marras (Le Poète), Angélique Boudeville (La Cantatrice), Danylo Matviienko (Le Comte).

     



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