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CRITIQUES DE CONCERTS 13 décembre 2017

Concert de l’Ensemble intercontemporain sous la direction de Matthias Pintscher, avec la participation de la comédienne Ryoko Aoki à la Cité de la musique, Paris.

L’âme japonaise de Debussy
© Eric Mahoudeau

Deux ans après leur dernière collaboration ayant donné lieu à Stilles Meer créé par Kent Nagano à Hambourg, Hirata et Hosokawa reviennent à l’opéra avec un court récit inscrit dans la continuité du théâtre Nô, Futari Shizuka. Auparavant, l’Ensemble intercontemporain avait mis en parallèle l’œuvre de Toshio Hosokawa avec celle de son maître Toru Takemitsu.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 01/12/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Un hommage à Debussy en septembre mélangeait déjà le théâtre Nô et le répertoire classique. À la Cité de la musique avec l’Ensemble intercontemporain, l’hommage n’est pas à Debussy, mais son ombre est omniprésente à travers deux compositeurs qu’il a fascinés, hier Toru Takemitsu, aujourd’hui Toshio Hosokawa.

    Emmanuelle Ophèle entre seule en scène dans le noir absolu. Elle va développer la pièce d’Hosokawa, Atem-Lied, avec sa flûte basse pendant une petite dizaine de minutes. L’œuvre de 1997 marquée par la musique européenne et notamment par celle de Pierre Boulez utilise toutes les possibilités de l’instrument en jouant sur l’air plus que sur les notes pleines. La flûtiste montre une fois encore la qualité soliste des musiciens de l’Intercontemporain et leur capacité à utiliser toutes les modes de jeu pour sortir des sons parfois à la limite de la perception, ou à l’inverse très violents.

    Vingt-et-un musiciens entrent ensuite ainsi que le directeur musical Matthias Pintscher pour interpréter l’une des dernières œuvres de Toru Takemitsu, Archipelago S.. La pièce emplie de debussysme débute à la harpe puis rompt par la suite une ligne droite pour évoluer entre les îles du monde, parmi de nombreux relents de la Mer et d’Images. On sent toutefois dans l’interprétation que l’ensemble a dû trouver la partition facile et ne lui a que peu accordé de temps de répétition, car elle est finalement discutable et ne permet pas de libérer totalement la musique, sans non plus montrer la tension d’une lecture de déchiffrage qui aurait pu l’exalter autrement.

    Une sensation différente mais finalement assez liée apparaît avec la seconde pièce de Takemitsu, And then I knew ‘twas Wind, hommage à Debussy par le choix même de la formation, puisque cette partition fait directement référence à la Sonate pour flûte, alto et harpe du compositeur. Cette fois Sophie Cherrier à la flûte, Frédérique Cambreling à la harpe et John Stulz à l’alto sont parfaitement en place, mais justement se surveillent plutôt que de laisser le son s’épancher de lui-même.

    La seconde partie de la soirée est mieux interprétée. Oriza Hirata et Toshio Hosokawa, présents dans la salle, reprennent leur collaboration après Matsukaze puis Stilles Meer pour s’atteler encore une fois à l’univers marin. L’histoire de Futari Shizuka, les Filles de la Mer, est celle de Dame Shizuka, personnage célèbre du Nô, qui réapparait en âme errante dans le monde actuel et s’intègre dans le drame d’une jeune réfugiée rejetée sur une plage de Méditerranée.

    L’effectif musical d’une vingtaine d’instrumentistes débute par des sons imitant le bruit des vagues et finira de la même façon quarante minutes plus tard. La soprano Kerstin Avemo apparaît en robe blanche et chante en anglais une partie faite de notes longues, dans le style connu d’Hosokawa, entre opéra moderne et déclamation Nô. La comédienne Ryoko Aoki entre ensuite elle aussi tout en blanc dans la plus pure tradition japonaise. L’échange entre les deux femmes, soutenues par la battue trop rigoureuse de Pintscher, trouve toutefois de beaux moments de latence et réussit par les sonorités fantomatiques à transmettre l’atmosphère mystérieuse de la situation.

    Hosokawa utilise comme dans Stilles Meer une bande sonore de gouttes et de bruits d’eau, moins bien intégrés ici que dans l’ouvrage précédent, et développe le reste du temps une partition tendue bien que colorée à l’aide d’instruments comme le célesta, la harpe ou le piano. Le parallèle avec Takemitsu est toujours bien présent, trop même lors d’un passage de flûte aux deux tiers de l’œuvre, qui n’est pas sans rappeler la musique de Ran.

    Belle création tout de même dans une Cité de la musique remplie et dont le programme propose le couplage avec The Raven des mêmes Hirata et Hosokawa, ouvrage entendu à Paris au Théâtre des Bouffes du Nord en 2014.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 01/12/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Ensemble intercontemporain sous la direction de Matthias Pintscher, avec la participation de la comédienne Ryoko Aoki à la Cité de la musique, Paris.
    Toshio Hosokawa (*1955)
    Atem-Lied, pour flûte basse
    Emmanuelle Ophèle, flûte
    Toru Takemitsu (1930-1996)
    Archipelago S., pour 21 musiciens
    And then I knew 'twas Wind, pour flûte, alto et harpe
    Toshio Hosokawa (*1955)
    Futari Shizuka, les Filles de la Mer, pour soprano, comédienne de Nô et ensemble
    Kerstin Avemo, soprano
    Ryoko Aoki, comédienne de Nô
    Oriza Hira
    Ensemble intercontemporain
    direction : Matthias Pintscher

     


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