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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

Récital du pianiste Alexei Volodin dans la série Piano**** à la Cité de la musique, Paris.

Excès de vitesse

Comme en 2014, Alexei Volodin est venu faire sa démonstration de technique ultra rapide et ultra puissante. Même constatation : beaucoup de notes à la minute, beaucoup de bruit, mais bien peu de Schumann, de Chopin, voire même de Liszt. Comme certains automobilistes, le pianiste russe ne sait pas résister à la vitesse ni aux vrombissements furieux du moteur.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 04/12/2017
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Dommage dommage, dĂ©cidĂ©ment, qu’une telle technique ne parvienne pas Ă  aller au-delĂ  d’elle-mĂŞme, et finisse par sembler un but en soi, comme s’il fallait absolument avoir terminĂ© quelques secondes avant les autres. Comme dans un cent mètres olympique. Le problème est qu’il n’y a aucun autre concurrent sur l’estrade et que les musiciens dont on joue les Ĺ“uvres n’en demandent pas tant. Ils en demandent d’ailleurs en gĂ©nĂ©ral nettement moins.

    La Sonate de Liszt qui termine le programme est certes écrite pour faire sonner le piano comme un orchestre, avec ces contrastes de moments parfaitement calmes et méditatifs. Mais sonner comme un orchestre de veut pas dire que plus rien ne se distingue de rien. Ces cascades de notes, d’accords, de traits en tous genres, veulent dire quelque chose qui n’est plus perceptible dans pareille confusion sonore. Il y a dans ces pages une grandeur à laquelle il faut laisser le temps de se développer, une puissance sonore qui mérite d’être construite sans précipitation pour avoir toute son ampleur, une profondeur de pensée et une dimension quasi spirituelle qui s’accordent mal avec pareille précipitation. On finit par ne plus rien y comprendre et par attendre que l’avalanche ait achevé sa course au bas de la montagne.

    La Deuxième Ballade de Chopin qui précédait, bousculée dans tous les sens, perdait toute la saveur de ses contrastes d’humeur, aux aspects de combats guerriers et de paix retrouvée. Quant aux Kreisleriana de Schumann figurant en première partie, menées à un train d’enfer, sauf, forcément, les quelques passages où l’écriture exige que l’on se calme un peu, elles avaient perdu toute relation avec le rêve fou, fantasque, dangereux d’un Schumann toujours hanté par ses démons, mais aussi tellement poussé à la rêverie.

    Bref, Ă  peu près le mĂŞme article que le 12 novembre 2014 dans ces colonnes. Le prodige technique Ă©tonne, certes, peut sĂ©duire un certain public, mais tant d’autres pianistes aujourd’hui, russes ou pas, en possèdent de semblables, que l’on se prend Ă  rĂŞver d’un univers pianistique qui ne serait peuplĂ© que des Freire, Perahia, Angelich, Lupu et quelques autres immenses musiciens dont la liste est finalement elle aussi assez longue et qui savent nous faire oublier que jouer un certain rĂ©pertoire est nĂ©cessairement au dĂ©part un exploit physique, mais qu’il faut transformer l’essai pour faire vraiment de la musique… et gagner le match !




    Cité de la Musique, Paris
    Le 04/12/2017
    GĂ©rard MANNONI

    Récital du pianiste Alexei Volodin dans la série Piano**** à la Cité de la musique, Paris.
    Robert Schumann (1810-1856)
    Widmung (transcription de Liszt)
    Kreisleriana op. 16
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Ballade n° 2 en fa majeur op. 18
    Franz Liszt (1811-1886)
    Sonate en si mineur
    Alexei Volodin, piano

     


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