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CRITIQUES DE CONCERTS 16 juillet 2018

Nouvelle production du Barbier de Séville de Rossini dans une mise en scène de Laurent Pelly et sous la direction de Jérémie Rhorer au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Fausse simplicité
© Vincent Pontet

L’ambition de ce Barbier de Séville s’appuie sur la recherche conjuguée du metteur en scène inventif qu’est Laurent Pelly et de Jérémie Rhorer à la tête du Cercle de l’Harmonie, orchestre créé en 2005 avec lequel il entretient des relations privilégiées. Une réalisation sujette à des avis contraires quant à son dépouillement revendiqué.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 05/12/2017
Claude HELLEU
 



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  • Après leurs réussites en ce même Théâtre des Champs-Élysées, notamment dans leur lecture de l’œuvre de Mozart, Jérémie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie ont leurs fidèles. Voir un public heureux est toujours un plaisir, même si on ne partage pas son enthousiasme. Ce qui peut être le cas pour leur Barbier de Séville dont la réussite musicale reste en-deçà du parti-pris revendiqué par son metteur en scène.

    « Comme la musique commande l’œuvre, je me suis dit qu’il ne fallait pas aller contre, et jouer justement cette carte. Mettre en scène concrètement la musique m’est brusquement apparu comme une gageure passionnante », précise Laurent Pelly. Or, ce soir, elle n’impose ni sa légèreté ni sa brillantissime articulation. Jérémie Rhorer conduit tranquillement une ouverture dont la lenteur pourrait rimer avec lourdeur. L’effectif plus boisé des instruments d’époque du Cercle de l’Harmonie ne convainc pas de sa prétendue supériorité pour retrouver l’authenticité d’un certain type de répertoire et de son esprit.

    Dans le cas du Barbier, la volonté de plaire, le goût du plaisir, la légèreté, le sens du trait unissent le compositeur à Beaumarchais, son inspirateur et complice en dramaturgie. Les déluges de notes réclament avant tout la clarté, la légèreté, la ductilité, tant dans les voix qu’à l’orchestre. La direction insistante de Jérémie Rhorer pèse sur nombre d’amateurs de l’agilité piquante qu’ils prisent chez l’Italien gourmand. Quant aux voix, elles ne répondent pas toujours techniquement au tempo très rapide qu’appelle la spontanéité du bel canto rossinien.

    Sur une immense feuille blanche de partition vierge au premier acte, seul décor, les personnages uniformément habillés de noir courent, s’allongent, s’assoient – telles des notes, mais ce n’est pas évident –, et vocalisent des airs qui trop souvent deviennent une succession de numéros plus ou moins approximatifs. En habit et gestes de pantomime saccadés, le chœur devient les violonistes accompagnateurs de la cavatine du Comte Almaviva, gentil jeune homme sans prestance dont on attend que la voix se précise.

    Le souffle infatigable, l’articulation défaillante, Michele Angelini alignera les traits avec plus ou moins de bonheur mais triche avec aisance. Sa plus grande réussite sera de conclure dans une tenue de note impressionnante, longuement ovationnée. Maître du jeu et des intrigues, Figaro ci, Figaro là, bras nus tatoués, Florian Sempey actualise son rôle insolemment. La voix droite, précise, d’une expressivité claire et bien projetée, se marie à un abattage désinvolte, résolument fripouille.

    Tuteur épris et jaloux, Bartolo se montre un tyran loin d’être sot. La présence juste et solide de Peter Kalmán équilibre scéniquement et musicalement le sympathique désordre qui règne sur le plateau, agrémenté d’un faux piano et de la partition écrite de la Précaution inutile au II.

    Où Catherine Trottmann compense ses insuffisances vocales par un vrai talent d’actrice. Rosine rebelle apparue dans une robe du soir, noire évidemment, qu’elle enlève et jette, alerte dans son collant noir, elle témoigne que les sentiments sincères n’ont pas place dans les échanges prétendument amoureux qui s’agitent autour d’elle.

    Fort bien chanté par Robert Gleadow, Basilio opportuniste à souhait, l’air de la calomnie, phrasé étiré, souligne les effets recherchés par le chef. On ne risque pas de perdre la mesure tant il la marque d’appuis répétitifs, pour soutenir (?) encadrer (?) les élans de la joyeuse jeunesse qui court, se cache, réapparaît, se retrouve dans un dynamisme dont l’originalité séduit mais la fausse simplicité cache mal l’ambition intellectuelle.

    Un spectacle néanmoins riche en bons moments d’ensemble, toujours au point et vécus en osmose par des chanteurs-acteurs pénétrés de leur rôle.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 05/12/2017
    Claude HELLEU

    Nouvelle production du Barbier de Séville de Rossini dans une mise en scène de Laurent Pelly et sous la direction de Jérémie Rhorer au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Il Barbiere di Siviglia, opéra en deux actes
    Livret de Cesare Sterbini d’après la comédie de Beaumarchais

    Choeur Unikanti
    Le Cercle de l’Harmonie
    direction : Jérémie Rhorer
    mise en scène, scénographie & costumes : Laurent Pelly
    éclairages : Joël Adam
    préparation des chœurs : Gaël Darchen

    Avec :
    Michele Angelini (le Comte Almaviva), Florian Sempey (Figaro), Catherine Trottmann (Rosine), Peter Kalman (Bartolo), Robert Gleadow (Basilio), Annunziata Vestri (Berta), Guillaume Andrieux (Fiorello), Stéphane Facco (Ambrogio).

     



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