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CRITIQUES DE CONCERTS 16 janvier 2018

Coro de Berio par l’Ensemble intercontemporain, l’Orchestre du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et l’Ensemble Aedes sous la direction de Matthias Pintscher à la Philharmonie de Paris.

Cosmos
© Eric Mahoudeau

C’est à une évasion dans un univers sonore magnifique que nous ont conviés l’Ensemble intercontemporain, l’Orchestre du conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et l’Ensemble Aedes fusionnés sous la direction de Matthias Pintscher. Luciano Berio, le créateur de cette heure de musique immense, l’a intitulée Coro.
 

Philharmonie, Paris
Le 11/12/2017
Claude HELLEU
 



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  • Voix de femmes auxquelles s’ajoutent un tutti des vents et quelques cordes, voix d’hommes ici et là, voix du chœur, toutes voix émergées des différents pupitres ou fondues dans l’orchestre, percussion sourde, longues tenues instrumentales : un univers s’ouvre à nous. Un souffle immense nous happe. Mots et sons cumulent, convergent, se mêlent, fusionnent, se font musique charnelle. Sous la direction de Matthias Pintscher, la jeunesse des interprètes l’habite. Pas question d’en distinguer les éléments, l’Ensemble Aedes, l’Ensemble intercontemporain, l’Orchestre du Conservatoire national de musique et de danse de Paris réunis pour l’exaltation du vertigineux Coro de Berio.

    L’interaction des quarante chanteurs (dix sopranos, dix altos, dix ténors, dix basses) et de leurs partenaires instrumentistes (flûtes, piccolo, hautbois, cor anglais, petite clarinette, clarinettes, clarinette basse, saxophone alto, saxophone ténor, bassons, contrebassons, cors, trompettes, trombones, trombone basse, tuba/euphonium, percussions, piano, orgue électrique, violons, altos, violoncelles, contrebasses) offre un kaléidoscope de couleurs auxquelles on ne peut éventuellement reprocher que la dureté nasale de certaines interventions féminines.

    Mais ces timbres aigus piqués sur la masse sonore n’altèrent pas la chaleur et les douceurs de sonorités capables aussi de déchirer l’espace. Masse sonore parcourue d’ondes, où les reflets de couleurs mouvantes peuvent aboutir à des déflagrations magistrales, un crescendo de fin du monde avant son silence infini, où les dessins mélodiques s’imbriquent aux changements harmoniques en lentes et fascinantes métamorphoses. Des saccades de rythme, le mystère d’une pause, des cassures, nettes, précises, s’imbriquent aux phrases disséminées d’un couple à l’autre (chaque chanteur associé à un musicien assis à côté de lui), de ces couples au chœur vers un tutti d’une résonance alors inédite, où la diversité des courants prône la vie sous toutes les latitudes et toutes ses formes,

    Ce nouveau matériau que Berio réalise à partir des racines du chant et des traditions populaires, cette « cité de l’esprit qui se réalise à divers niveaux, qui produit, réunit, rassemble et unifie choses et personnes diverses et fait ressortir leurs caractères individuels et collectifs, leurs distances, leurs parentés et leurs conflits, entre des confins réels et virtuels à la fois », précise le compositeur, aboutissent à un monde où se brouillent les frontières.

    Berio n’a cessé de questionner le langage et Coro est une anthologie de cette recherche de mise en musique où un seul texte rencontrerait plusieurs musiques, une seule musique plusieurs textes. Dans cette relation chère au compositeur entre un son musical et le sens du texte qu’il dégage, ce dernier disparaît ici. Bien que le programme en donne les différents éléments, l’accumulation des références de poèmes, de langues, de styles confrontés dans Coro se trouve difficile à suivre sur le livret.

    Notre évasion s’en passe, chacun d’entre nous telle une essentielle et infime partie prenante de ce cosmos au-delà des mots qui le créent.




    Philharmonie, Paris
    Le 11/12/2017
    Claude HELLEU

    Coro de Berio par l’Ensemble intercontemporain, l’Orchestre du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et l’Ensemble Aedes sous la direction de Matthias Pintscher à la Philharmonie de Paris.
    Luciano Berio (1925-2003)
    Coro, pour voix et instruments
    Ensemble Aedes
    préparation : Mathieu Romano
    Ensemble intercontemporain,
    Orchestre du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
    direction : Matthias Pintscher

     


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