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CRITIQUES DE CONCERTS 19 juin 2018

Nouvelle production de Francesca da Rimini de Zandonai dans une mise en scène de Nicola Raab et sous la direction de Giuliano Carella à l’Opéra du Rhin, Strasbourg.

Plaidoyer pour le vérisme
© Klara Beck

Opéra vériste rarement programmé mais dont les parties vocales comme orchestrales présentent un véritable intérêt, la Francesca da Rimini de Riccardo Zandonai bénéficie à l’Opéra du Rhin d’une nouvelle production de Nicola Raab, bien accompagnée par la direction adaptée au suivi de l’action de Giuliano Carella.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 10/12/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Né en 1883, Riccardo Zandonai fait partie de la génération de compositeurs italiens arrivée après Puccini et Mascagni, qui attend encore d’être redécouverte et ne bénéficie que de quelques apparitions dans les programmes, même dans leur pays d’origine. Pourtant, si le vérisme peut sembler vulgaire et trop facile, il présente un véritable intérêt, surtout lorsqu’il bénéficie d’un regard aussi ouvert sur le monde musical contemporain que celui de Zandonai en 1913, lorsqu’il compose Francesca da Rimini.

    Loin d’être du sous-Puccini, la partition de l’élève de Mascagni propose un alliage de parties émotionnelles proche de la musique de ces aînés, agencé à un post-wagnérisme aussi latent dans le livret que dans la partition, dont les accents tristanesques ressortent régulièrement tout au long de l’opéra, notamment dans l’inspiration du long duo d’amour du III. À cela s’ajoute un style empreint des successeurs de Wagner, avec des sonorités debussystes marquées au début du II, et d’autres straussiennes, le leitmotiv du personnage de Malatestino s’inspirant largement d’Elektra.

    À l’Opéra du Rhin, le chef Giuliano Carella utilise l’Orchestre philharmonique de Strasbourg pour donner du volume et de la dynamique à la partition et s’ajuster aux émotions vécues sur le plateau. Les musiciens sur scène pour développer certaines parties se montrent à la hauteur de l’enjeu, tandis que l’atmosphère globale en fosse maintient une tension toujours présente, comme dans la proposition scénique de Nicola Raab.

    Le décor d’Ashley Martin-Davis montre des murs gris sur lesquels sont imprimées des images de plans d’eau ou de roseaux en noir et blanc, avec au milieu du plateau un massif cylindre fait de deux demi-cercles qui tournent et s’adaptent pour présenter l’action soit dedans, soit devant, soit presque cachée en ne laissant apparaître les chanteurs qu’aux fenêtres creusées dans le bloc.

    Saioa Hernández campe une Francesca au métal brut et puissant, dont l’aigu se montre serré au début avant de devenir de plus en plus vaillant, tandis qu’elle développe de belles nuances du médium dans les parties romantiques. Le ténor Marcelo Puente tient son amant Paolo avec un timbre agréable mais un chant parfois forcé, auquel un surplus de délicatesse aurait été requis pour atteindre les plus grands dans le rôle. Marco Vratogna représente le sombre Giovanni avec le style sans finesse qu’on lui connaît, peu dérangeant pour ce personnage, d’autant que la projection est bonne, tout particulièrement dans le bas du spectre, en plus d’un texte italien parfaitement compréhensible.

    Au jeu scénique comme à celui des consonnes, Tom Randle en Malatestino est toutefois le meilleur du plateau malgré un volume plus petit, son costume le présentant touché sur toute une moitié du corps, avec un œil caché et des branches d’acier pour articuler l’un de ses bras. Idunnu Münch en Smaragdi et Josy Santos en Samaritana, cette dernière superbe dans la couleur de sa première intervention, complètent une distribution homogène dont l’engagement se ressent jusque dans les cris glaçant du prisonnier de Thibault Gassmann ainsi que chez les quatre suivantes de Francesca, notamment chez la Garsenda au beau timbre velouté de Marta Bauzà.

    Belle représentation d’un opéra trop rare et d’une période musicale trop rare, alors que le public est pourtant naturellement attiré par le vérisme italien.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 10/12/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Francesca da Rimini de Zandonai dans une mise en scène de Nicola Raab et sous la direction de Giuliano Carella à l’Opéra du Rhin, Strasbourg.
    Riccardo Zandonai (1883-1944)
    Francesca da Rimini, opéra en quatre actes (1913)
    Livret de Tito Ricordi d’après la pièce de Gabriele D’Annunzio

    Chœurs de l’Opéra national du Rhin
    Orchestre philharmonique de Strasbourg
    direction : Giuliano Carella
    mise en scène : Nicola Raab
    décors et costumes : Ashley Martin-Davis
    éclairages : James Farncombe
    préparation des chœurs : Sandrine Abello

    Avec :
    Saioa Hernández (Francesca), Josy Santos (Samaritana), Ashley David Prewett (Ostasio), Marco Vratogna (Giovanni Lo Sciancato), Marcelo Puente (Paolo il Bello), Tom Randle (Malatestino dall’Ochio), Francesca Sorteni (Biancofiore), Marta Bauzà (Garsenda), Claire Péron (Altichiara), Fanny Lustaud (Adonella), Idunnu Münch (L’Esclave Smaragdi), Stefan Sbonnik (Ser Toldo Berardengo), Dionysos Idis (Le ménestrel), Sébastien Park (L’arbalétrier), Fabien Gaschy (Le guetteur), Marion Frizot (Francesca jeune), Thibault Gassmann (Un prisonnier).

     



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