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CRITIQUES DE CONCERTS 13 décembre 2018

Concert du Freiburger Barockorchester sous la direction de Pablo Heras-Casado avec la participation du pianiste Kristian Bezuidenhout au Konzerthaus de Freiburg im Breisgau.

Entre hache et pinceau
© Harmonia Mundi

Pour ses trente ans, le Freiburger Barockorchester se lance dans Beethoven. Si Pablo Heras-Casado dirige un peu trop à la hache, notamment dans le Quatrième Concerto pour piano, le Sud-africain Kristian Bezuidenhout prodigue des merveilles de finesse sur une splendide copie du dernier pianoforte de Beethoven, jusque dans un bis tel un rêve.
 

Konzerthaus, Freiburg im Breisgau
Le 20/12/2017
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • Le Freiburger Barockorchester fête cette saison ses trente ans et c’est Beethoven qui est particulièrement à la fête pour cet anniversaire. Après l’intégrale des concertos pour piano, dont nous rendons compte ici de l’un des deux concerts, ce sera la Neuvième Symphonie en juin prochain.

    La formation, relativement fournie (27 cordes), brille de mille feux et regorge de couleurs. Si les cordes jouent sans vibrato, le son n’en est pas moins riche et plein. Les cuivres sont impeccables tout comme le timbalier Charlie Fischer – qui joue parfois avec les doigts dans les passages piano. Mais ce sont, une fois de plus, les bois qui se couvrent de gloire avec des sonorités splendides et des musiciens prodigieux. Après la Léonore de Beethoven entendue il y a peu à Baden-Baden, le Freiburger Barockorchester confirme qu’il a bien des choses à dire après le baroque.

    Pablo Heras-Casado dirige Beethoven avec le professionnalisme et la fougue qu’on lui connaît. Cependant, une volonté de faire différemment de tout ce qu’on a entendu jusqu’à présent dans ce répertoire (ou tout simplement un choix esthétique affirmé) le pousse, notamment dans le Quatrième Concerto, à une désagréable sécheresse que même la généreuse acoustique de la Konzerthaus n’arrive pas à adoucir. Le deuxième mouvement, notamment, en devient presque caricatural avec des rythmes surpointés dans les phrases à l’unisson des cordes.

    Si l’ouverture de Coriolan résiste à un tel traitement, la battue du chef s’assouplit enfin pour un Cinquième Concerto qui n’en est pas moins nerveux et plein d’énergie, ce qui convient, là aussi, bien mieux à la partition que pour le Quatrième. Surtout, on sent une meilleure communication entre le pianiste et le chef (malgré une étonnante absence d’échanges visuels entre les deux musiciens) ce qui délivre une certaine homogénéité au discours qui en manquait quelque peu dans la première partie du concert.

    Mais quelle finesse et quelle sensibilité dans le toucher de Kristian Bezuidenhout ! Jouant une splendide copie du dernier piano de Beethoven, le pianiste éblouit. Ornant les reprises, il improvise également les deux cadences du Quatrième Concerto – celles du Cinquième ont été écrites par le compositeur avec interdiction de les changer : non si fa una cadenza indique-t-il même à la fin du premier mouvement.

    Si la première est très développée et emmène le musicien fort loin dans l’imagination créatrice, la seconde (pour le troisième mouvement), plus brève et théâtrale, est particulièrement réussie. En bis, le pianiste offre le premier mouvement de la Sonate au clair de lune tel un rêve, comme un murmure intime d’une douceur ineffable et surtout avec une émotion intense.




    Konzerthaus, Freiburg im Breisgau
    Le 20/12/2017
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Concert du Freiburger Barockorchester sous la direction de Pablo Heras-Casado avec la participation du pianiste Kristian Bezuidenhout au Konzerthaus de Freiburg im Breisgau.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Les Créatures de Prométhée, ouverture op. 43
    Concerto pour piano n° 4 en sol majeur op. 58
    Coriolan, ouverture op. 62
    Concerto pour piano n° 5 en mib majeur, op. 73 « l’Empereur »
    Kristian Bezuidenhout, pianoforte Conrad Graf 1822 (copie de Rodney Regier)
    Freiburger Barockorchester
    direction : Pablo Heras-Casado

     


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