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CRITIQUES DE CONCERTS 16 janvier 2018

Récital du pianiste Sunwook Kim et du violoncelliste Edgar Moreau dans le cadre de Piano**** au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

La maturité pour le clavier

Chacun dans son domaine se classe déjà parmi les plus grands. Malgré leurs brillantes carrières personnelles, Sunwook Kim et Edgar Moreau veulent aussi partager les richesses d’une musique de chambre écrite pour accoupler leurs instruments. Schumann, Chopin, Bach et Prokofiev à leur programme ont connu des bonheurs divers.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 08/01/2018
Claude HELLEU
 



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  • Un piano, un violoncelle, en soliste, ensemble, quatre œuvres du XIXe, XVIIIe, XXe siècles : le concert qui réunissait Sunwook Kim et Edgar Moreau a offert une diversité musicale dont le sommet a été, pour le conclure, la Sonate pour violoncelle et piano en ut majeur de Prokofiev. Dans la succession de ses créateurs, Mstislav Rostropovitch et Sviatoslav Richter, les deux interprètes en ont magnifiquement personnalisé la verve.

    D’emblée le chant qui s’élève du violoncelle, superbe, mystérieux, la réponse du piano non moins expressive, créent un de ces climats propres à Prokofiev, où lyrisme et classicisme s’épousent sans jamais se céder de terrain. Les sonorités précises, grandes, chaudes, l’intuition et l’audace musicales des jeunes gens, leur maîtrise technique, mêlent mélodies et rythmes dans une avancée perpétuelle de répons et fusions des plus rares et des plus clairs, telle ici la présence du piano qui se faufile sous le lyrisme du violoncelle puis en émerge, ou telle la succession des arabesques, au clavier sur les quatre octaves, en ascension au violoncelle.

    Enjouement, émerveillement se jouent des difficultés du Scherzo dansant, l’humour grise l’Allegro ma non troppo final. Ce mariage de puissance et d’insouciance, de témérité et de subtilité, couronne idéalement l’œuvre composée en 1949 sous l’influence de Rostropovitch. Auparavant, la Sonate en sol mineur de Chopin avait brûlé les timbres des deux instruments sous une flamme nécessaire aux orages et épanchements des thèmes confondus.

    Soliste en ouverture de ce concert, Sunwook Kim avait donné vie aux Nachtstücke de Schumann, rarement jouées et d’un abord difficile. Comme toujours, le toucher exceptionnel du pianiste coréen, si net et jamais dur, pénètre le cœur des sonorités, densifie chaque accord, habite les silences. La palette de couleurs dont il nuance le cycle inquiétant que Schumann compose dans un état de grande émotion se garde du moindre flou. Le jeu pratiquement sans pédale prête une éloquence moderne aux ruptures de ton.

    Le clair-obscur de Cortège funèbre, la première pièce, Mehr langsam, scandée sans lourdeur, s’éclaire en modulations limpides. Markiert und lebhaft aère les harmonies déliées d’états d’âme sans complaisance quelles que soient leurs équivoques, dépressives ou ricanantes. Martèlement, un rythme aussi souligné sans être jamais alourdi ? Valse et tournoiements de croches s’élancent Mit grosser Lebhaftigkeit. De la quatrième pièce, le raffinement d’une simplicité éminente, au decrescendo final envoûtant, achève de nous ravir.

    Sunwook Kim a 29 ans, Edgar Moreau 24. Déjà des plus grands, les deux musiciens témoignent d’une maturité qui n’a sans doute pas chez celui-ci atteint le niveau de son aîné. Dans la Première Suite pour violoncelle de Bach, la vitalité l’emporte sur toute autre considération. Certes, une suite de danses favorise l’allant dont Edgar Moreau a quelque peu précipité le tempo.

    Mais le Prélude très rapide étrique son point d’orgue, l’Allemande prolonge cette course, indifférente à la moindre majesté, la Courante a plus de rythme que de fantaisie. Ce parti pris bouscule une allure par ailleurs trop uniforme. Les notes détachées courtes, sans écho, resserrent la respiration du phrasé sinon justement structuré. Les Menuets se ressemblent. Cette brillante virtuosité bâcle la Gigue.

    C’est dans la sonate de Prokofiev et le Faisons un rêve de Fauré, joué en bis, qu’Edgar Moreau témoignera de son tempérament visionnaire et de l’ampleur de son jeu.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 08/01/2018
    Claude HELLEU

    Récital du pianiste Sunwook Kim et du violoncelliste Edgar Moreau dans le cadre de Piano**** au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Robert Schumann (1810-1856)
    Nachtstücke pour piano op. 23
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur op. 65
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Suite pour violoncelle n° 1 en sol majeur BWV 1007
    Serguei Prokofiev (1891-1953)
    Sonate pour violoncelle et piano en ut majeur op. 119
    Sunwook Kim, piano
    Edgar Moreau, violoncelle

     


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