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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2018

Reprise d’Un bal masqué de Verdi dans la mise en scène de Gilbert Deflo, sous la direction de Bertrand de Billy à l’Opéra national de Paris.

Un bal manqué
© Emilie Brouchon

Pourquoi reprendre cette production vieille de dix ans sans avoir la distribution qui pouvait la sauver de la torpeur et de la lourdeur constatées en 2007 ? Faiblesse du ténor, médiocrité de la mezzo et direction peu inspirée ne compensent pas l’absence de vraie mise en scène dans des décors monumentaux appelant des voix et un jeu dramatique d’une autre puissance.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 16/01/2018
Gérard MANNONI
 



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  • Cette production créée en 2007 n’a décidément pas de chance avec les ténors. Prévu pour la création, Marcelo Alvarez malade avait été remplacé par Ewan Brower enroué. Apparu quelques soirées plus tard, Alvarez avait montré quel type de voix est nécessaire pour donner à Riccardo le relief qui établit un équilibre entre les trois principaux protagonistes de l’œuvre.

    Et pour cette reprise, patatras, nous voici avec un Piero Pretti à la voix étroite, au timbre froid, sans charisme physique ni musical. Il est vite dévoré par la richesse du timbre et l’émission parfois dure mais toujours éclatante de la soprano Sondra Radvanovsky, Amelia au demeurant fort belle et le plus souvent bien émouvante. Un vrai soprano verdien. Simone Piazzola, qui chante avec conviction le rôle du méchant Renato, n’est pas dénué de qualités, mais lui non plus n’a pas les vrais moyens d’un baryton Verdi pour ce type d’opéra lourd, tragique, puissant. Il a de la conviction, s’efforce d’exister dans un mise en scène qui, elle, n’existe pas, mais comment oublier le Tézier de 2007, grandiose à tous égards ?

    Et puis, où sont passées les héritières des vrais mezzos Verdi, les Stignani, Barbieri, Obratsova, Arkhipova et même Cossotto ou Simionato ? Varduhi Abrahamyan est plus un grand lyrique qu’un mezzo adéquat pour son rôle de sorcière. Elle ne chante pas mal, s’efforce même de jouer les terrifiantes, mais le timbre n’y est pas pour être la sœur d’Amnéris, d’Azucena ni même de Preziosilla. L’Oscar de Nina Minasyan est en revanche plein de vivacité, joli timbre bien projeté et technique légère maîtrisée. Les différents conspirateurs et personnages plus épisodiques sont fort bien tenus par Mikhail Tomoshenko, Marko Mimica et Thomas Dear notamment.

    Tous ces chanteurs ne sont en outre vraiment pas aidés par l’absence totale de direction d’acteurs. Gilbert Deflo les fait défiler à tour de rôle ou par deux, ou par trois, selon les besoins de la partition, face au public, à un mètre de la rampe. Seule, Sondra Radvanovsky sauve son personnage, par sa beauté, son impact vocal et son investissement théâtral. Les applaudissements très longs qui saluent son premier air montrent qu’elle a enfin sorti le public d’une sorte de torpeur dans laquelle il sombrait.

    En revanche, les décors de William Orlandi donnent dans l’immense, le gigantisme, marmoréens, écrasant tout et tout le monde. L’antre d’Ulrica qui ne devrait pas être autre chose qu’une cabane de bohémienne, accueille une cérémonie vaudou de grande ampleur, avec torches et apparitions diaboliques. Pour le reste, on ne sait trop si l’on est en Suède ou à Boston, mais peu importent les tribulations géographiques de l’action dues à la censure de l’époque.

    Avec sa précision mathématique, la direction musicale de Bertrand de Billy rend justice à chaque double croche mais n’emporte quasiment jamais la musique dans les élans qu’elle réclame. À noter, en revanche, les magnifiques interventions de Frédéric Chatoux, flûte solo dont la partie est prépondérante dès les premières mesures de l’ouverture et ne cesse d’être en valeur, notamment dans le dernier air de Renato où la flûte dialogue avec le chant comme dans Lucia di Lammermoor. Une magnifique démonstration instrumentale technique et musicale.

    Bref, pas plus qu’en 2007, l’ensemble ne parvient à convaincre et l’on y frôle plus souvent l’ennui que la passion.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 16/01/2018
    Gérard MANNONI

    Reprise d’Un bal masqué de Verdi dans la mise en scène de Gilbert Deflo, sous la direction de Bertrand de Billy à l’Opéra national de Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Un ballo in maschera, opéra en trois actes
    Livret d’Antonio Somma d’après Gustave III ou le Bal masqué d’Eugène Scribe

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Bertrand de Billy
    mise en scène : Gilbert Deflo
    décors et costumes : William Orlandi
    éclairages : Joël Hourbeigt
    chorégraphie : Micha Van Hoecke
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    Piero Pretti (Riccardo), Simone Piazzola (Renato), Sondra Radvanovsky (Amelia), Varduhi Abrahamyan (Ulrica), Nina Minasyan (Oscar), Mikhail Timoshenko (Silvano), Marko Mimica (Samuel), Thomas Dear (Tom), Vincent Morell (Giudice), Hyoung-Min Oh (Servo d’Amelia).

     



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