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CRITIQUES DE CONCERTS 25 février 2018

Concerts des Quatuor Diotima et Modigliani dans le cadre de la Biennale de Quatuors à cordes 2018 de la Philharmonie de Paris.

Brendel maître en quatuor

Invité de marque de cette Biennale de Quatuors à cordes 2018, Alfred Brendel livre en masterclass d’excellents conseils aux jeunes formations, qu’auraient pu écouter aussi les Diotima avant de vouloir à tout prix moderniser jusqu’à la stridence le Quatuor n° 15 de Schubert, ou même les Modigliani afin de donner plus de vie à Mozart comme à Schoenberg.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 15/01/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Un génie du piano ne semble au premier regard pas le mieux placé pour une masterclass de quatuor à cordes. Pourtant, après deux heures passées avec Alfred Brendel, force est de constater avec quelle évidence il comprend la musique de Beethoven, quelle qu’en soit la formation. Le jeune Quatuor Bergen s’attaque au Quatuor les Harpes, et si Brendel leur laisse le premier mouvement sans les interrompre, c’est pour mieux les reprendre ensuite.

    Chaque conseil, notamment sur le strict respect des rythmes, apporte un souffle, des accents et une inspiration que l’on n’entendait pas quelques secondes plus tôt. C’est ensuite le tour du Quatuor Van Kuijk, constitué de quatre jeunes hommes détendus à la maturité bien supérieure dans le Troisième Quatuor du maître de Bonn. Mais la Biennale 2018 de la Cité de la Musique proposait également nombre de concerts. Dans l’Amphithéâtre le lundi, les Diotima peinent à intéresser dans une création de Miroslav Srnka, auteur de l’opéra South Pole pour Munich.

    L’ouvrage, Future Family, débute au violoncelle par des mesures très nerveuses et extrêmement grinçantes, avant d’y ajouter l’alto puis le reste de groupe, mais laisse déjà des doutes quant à la qualité de la partition. Après trente minutes, le résultat ressemble plus à une étude académique qu’à une proposition nouvelle. Le Quinzième Quatuor de Schubert proposé ensuite ne rattrape pas la soirée, car les Diotima veulent imposer leur style en accentuant à outrance les possibilités modernes de l’œuvre, si l’on accorde à ce terme le fait d’appuyer particulièrement sur les cordes pour rendre le son toujours sec et grinçant, totalement anesthésié en termes émotionnels.

    À peine le temps de s’asseoir quelques mètres plus loin dans la Salle des Concerts de la Cité de la Musique que déjà les membres du Quatuor Modigliani entrent en scène. La première œuvre programmée est une rareté, pourtant magnifique : Crisantemi d’un certain Giacomo Puccini dont on reconnaît ici des thèmes de l’opéra Manon Lescaut.

    Les instrumentistes reviennent ensuite augmentés de l’altiste Gérard Caussé, vétéran toujours d’un excellent niveau, même s’il n’arrive pas à apporter à un ensemble trop policé la touche de dynamisme, voire de malice qu’il faudrait oser dans la musique de Mozart. Tous s’écoutent donc faire du beau son dans le Quintette à cordes en sol mineur. Ils réapparaissent une dernière fois aux côtés du violoncelle de Gary Hoffman, superbe de sonorité mais pas suffisant non plus pour insuffler à la Nuit transfigurée de Schoenberg toute sa passion.

    Caussé refuse la position de leader, dont aucun des six instrumentistes ne semble vouloir. Là encore une large place est accordée au pur hédonisme sonore dans un ouvrage qui semble avancer tout seul, sans qu’on le maltraite ou qu’on cherche à l’exalter. On se rend alors compte à quel point le souvenir peut parfois polluer le moment présent, surtout lorsqu’il nous rappelle dans la même salle, il y a huit ans, exactement la sublime interprétation du Quatuor Pražák dans le même Schoenberg, alors précédé d’un non moins magnifique Quatuor n° 15 de Schubert.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 15/01/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concerts des Quatuor Diotima et Modigliani dans le cadre de la Biennale de Quatuors à cordes 2018 de la Philharmonie de Paris.
    Vendredi 12 janvier (Amphithéâtre) :
    Master-class publique de quatuor à cordes par Alfred Brendel

    Lundi 15 janvier :
    (Amphithéâtre)
    Miroslav Srnka (*1975)
    Future Family (création mondiale)
    Franz Schubert (1797-1828)
    Quatuor à cordes n° 15 en sol majeur D. 887
    Quatuor Diotima

    (Salle des Concerts)
    Giacomo Puccini (1858 -1924)
    Crisantemi
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756 -1791)
    Quintette à cordes en sol mineur KV 516
    Gérard Caussé, alto
    Arnold Schönberg (1874 -1951)
    Verklärte Nacht op. 4
    Gérard Caussé, alto
    Gary Hoffman, violoncelle
    Quatuor Modigliani

     


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