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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Concert du Filarmonica Della Scala sous la direction de Riccardo Chailly à la Philharmonie de Paris.

La Russie selon Chailly
© Mat Hennek

Avec un programme intégralement russe, Riccardo Chailly déploie en tournée à la Philharmonie de Paris les superbes sonorités du Filarmonica Della Scala. La Deuxième Symphonie de Tchaïkovski présente d’abord une approche très occidentale dans le style, avant une Suite de Lady Macbeth et un Petrouchka anguleux et énergiques.
 

Philharmonie, Paris
Le 26/01/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En regard des trois dernières, la Symphonie n° 2 de Tchaïkovski fait office de rareté dans les programmes. Pourtant, cette œuvre d’un compositeur de trente ans possède plus d’une qualité, et sa révision de 1879 présente une maturité évidente dans sa composition comme dans son orchestration. Le premier accord n’est pas sans rappeler la Première de Brahms, surtout lorsqu’il est abordé comme le fait le chef italien avec masse, puis en marquant franchement le silence qui suit, avant que le sublime cor solo ne prenne le relais pour introduire le premier thème et commencer à descendre seul la Volga.

    Bien que surnommée « Petite Russienne » à cause des thèmes ukrainiens qui la composent, de cette lecture ressort avant tout une densité très germanique, même si une certaine souplesse et surtout un legato plus italiens apparaissent par la suite. Dès l’Andante sostenuto, le lien stylistique évident avec Brahms nous écarte ce soir des références slaves gravées par les grands interprètes soviétiques. L’effet de masse est renforcé par le choix d’effectif, puisque les forces en présence bénéficient déjà de la centaine de musiciens nécessaire surtout à la seconde partie du programme.

    Le Finale s’ouvre majestueusement, tel une grande scène d’opéra du Groupe des Cinq, et montre encore plus qu’auparavant le niveau exceptionnel de la petite harmonie, à un piccolo près lors de la coda, tellement bruyant qu’il se sera très applaudi aux saluts… Discutable, la symphonie reste la partie la moins captivante du concert tant le reste est de très haute volée.

    Dès le retour d’entracte, Chailly fait sortir les sons noirs et volontairement grossiers de son orchestre pour la suite de l’opéra Lady Macbeth du district de Mzsensk de Chostakovitch. Ici plus d’effort pour travailler le son, mais seulement un geste nerveux et précis pour donner toute sa puissance à une partition si dérangeante lors de sa création qu’elle fut rapidement interdite. On se prend à rêver que l’Italien donne un jour l’opéra entier à la Scala.

    À peine le temps de savourer ces sonorités anguleuses que le chef revient pour Petrouchka de Stravinski, et si l’on sait que l’été dernier à Lucerne le meilleur moment était le Sacre, dès les premières mesures du ballet à Paris, la célérité et l’effet de modernité exposés présage une grande interprétation. Le Premier Tableau passe trop rapidement, et déjà l’on se retrouve dans la chambre de Petrouchka, avec cette fois un autre musicien au piccolo, plus adapté et plus mature. Le piano profite de son solo pour l’exalter, puis redonner la main à un Chailly précis, qui ne cherche cependant jamais à tout contrôler, sauf lors d’un passage très complexe rythmiquement.

    Difficile de tout décrire, tant il faudrait s’attarder sur chaque instrumentiste, le basson et la trompette pendant la Valse, mais aussi ailleurs, ou la flûte et la clarinette ensuite, tous exceptionnels, autant que les cordes, colorées sans pour autant hésiter à attaquer avec violence quand nécessaire. Ce Petrouchka mélange donc vitalité et intelligence dans une modernité jamais exagérée, ni jamais ramenée vers la facilité ou encore moins vers l’effet.

    Chailly lui-même annonce le bis : l’ouverture de la Pie voleuse de Rossini. Les caisses claires placées chacune d’un côté donnent un bel effet de spatialisation pour débuter, avant que les cordes n’entrent en jeu en réussissant à garder toute leur souplesse, malgré quelques difficultés à alléger avec un effectif approchant la centaine. Superbe tout de même, et très prometteur pour le retour à Paris du chef et de l’orchestre en juin dans le Requiem de Verdi !




    Philharmonie, Paris
    Le 26/01/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concert du Filarmonica Della Scala sous la direction de Riccardo Chailly à la Philharmonie de Paris.
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Symphonie n° 2 en ut mineur op. 17
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Lady Macbeth du district de Mzsensk, suite op. 29a
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Petrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux
    Filarmonica Della Scala – Milano
    direction : Riccardo Chailly

     


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