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CRITIQUES DE CONCERTS 16 décembre 2018

Reprise à l’Opéra de Lille du Roi Carotte d'Offenbach dans la mise en scène de Laurent Pelly et sous la direction de Claude Schnitzler.

Un roi Carotte aux petits oignons

Après Lyon, c'est au tour de l'Opéra de Lille de passer au régime légumes avec une œuvre d’Offenbach qui n'a pas revu le jour depuis 1877, après une série de tournées triomphales dans toute l'Europe et 195 représentations. La production de Laurent Pelly se paie le luxe d'une joyeuse équipe d'interprètes pour célébrer le roi Offenbach.
 

Opéra, Lille
Le 13/02/2018
David VERDIER
 



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  • Composé en 1872 au Théâtre de la Gaité, ce Roi Carotte est l'équivalent d'une superproduction aux dimensions gargantuesques : un opéra bouffe-féérie avec près de 6 heures de spectacle, plus de 40 rôles et des centaines de figurants présents sur scène durant les 4 actes et 19 tableaux ! Offenbach et Victorien Sardou avaient imaginé cette féérie débonnaire comme une réponse à l'effondrement du Second Empire et la période troublée de la Commune. Si les ciseaux d'Agathe Mélinand ont réussi à réduire le livret à trois actes et une durée raisonnable, ils ont malheureusement déséquilibré la cohérence narrative de l'ouvrage. On peine désormais à relier les fils qui justifient l'abracadabrantesque anneau de Salomon, le voyage dans le temps à Pompéi ou bien l'épisode des fourmis et la reine des abeilles…

    C'est bien là le seul reproche qu'on adressera à une production dont l'aspect tout public se conjugue à la perfection avec l'exigence la plus sévère. L'histoire raconte comment Fridolin XXIV se retrouve privé de son trône, victime du mauvais sort que la sorcière Coloquinte a lancé sur le potager afin de faire sortir de terre un Roi Carotte qui vient usurper le trône et épouser à sa place la princesse-pimbêche Cunégonde. Une suite ininterrompue de facéties et de péripéties menée par le génie Robin-Luron, verra la chute fatale de la carotte dans un immense presse-légume et l'union de Fridolin avec la jeune Rosée du soir.

    Les décors de Chantal Thomas imaginent un palais de Fridolin émergeant d'une austère bibliothèque et multipliant à l'envi les références à l'univers des quatre saisons et des manuels d'Histoire : lits-cagettes de légumes, colonnes antiques et vieux livres, galerie des portraits d'ancêtres… Mention spéciale aux costumes que Laurent Pelly a voulu dessiner lui-même avec une profusion de détails absolument stupéfiante. Le ballet des radis et des betteraves réconcilie petits et grands avec les menus légumes ; rien ne manque à ces joyeux tubercules depuis les fanes jusqu'à la couleur maculée de terre.

    Le plateau lyonnais est présent en quasi-totalité, à l'exception notable dans les rôles principaux du Robin-Luron de Julie Boulianne, remplacé par Héloïse Mas, et la princesse Cunégonde d'Antoinette Dennefeld remplacée par Albane Carrère. Les menus décalages du chœur et les étudiants vocalement assez débraillés ne ternissent pas la bonne impression générale, à commencer par le Fridolin de Yann Beuron, vif et sonore avec un abattage circonstancié à la naïveté de son personnage.

    Héloïse Mas fait de son Robin-Luron un lutin goguenard avec une gouaille râpeuse, vaguement cousine de la rebelle Princesse Cunégonde (impayable Albane Carrère) et de la candeur adolescente de Chloé Briot en Rosée du Soir. Christophe Mortagne domine son sujet en Roi Carotte veule et gourmand, cornaqué par l'irrésistible Lydie Pruvot en sorcière Coloquinte, tandis que la cohorte de ministres est conduite par le cynique Pipertrunck confié au solide Boris Grappe.

    Claude Schnitzler dirige avec une énergie relativement sémaphorique l’Orchestre de Picardie et le Chœur de l’Opéra de Lille, sans pouvoir éviter une tendance générale à l'accelerando mais avec une bonhomie roborative et contagieuse.




    Opéra, Lille
    Le 13/02/2018
    David VERDIER

    Reprise à l’Opéra de Lille du Roi Carotte d'Offenbach dans la mise en scène de Laurent Pelly et sous la direction de Claude Schnitzler.
    Jacques Offenbach (1819-1880)
    Le Roi Carotte, opéra-bouffe féerie en trois actes (1872)
    Livret de Victorien Sardou, nouvelle version des dialogues et adaptation du livret par Agathe Mélinand

    Chœur de l'Opéra de Lille
    Orchestre de Picardie – Région Hauts-de-France
    direction : Claude Schnitzler
    mise en scène et costumes : Laurent Pelly
    décors : Chantal Thomas
    éclairages : Joël Adam

    Avec :
    Héloïse Mas (Robin-Luron), Yann Beuron (Fridolin XXIV), Christophe Mortagne (Le Roi Carotte), Christophe Gay (Truck), Boris Grappe (Pippertrunk), Chloé Briot (Rosée du soir), Albane Carrère (La princesse Cunégonde), Lydie Pruvot (La sorcière Coloquinte), Dominique Côté (Le Baron Koffre), Renaud de Rugy (Le Maréchal Trac), Florian Bisbrouck (Le Comte Schopp), Thibault de Damas (Dagobert / Psitt).

     



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