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CRITIQUES DE CONCERTS 22 juin 2018

Concerts d'orchestre du festival Présences 2018 autour de Thierry Escaich.

Présences 2018 (1) :
Escaich parmi le monde moderne

© Hughes Laborde

Des concerts du festival Présences 2018, celui du vendredi fait avant tout ressortir la pièce de Thierry Escaich grâce au compositeur à l’orgue, avant un intéressant Concerto pour piano de Neuburger. En clôture le dimanche, Mikko Franck dirige une création de Laurent Cuniot très supérieure à celle d’Escaich programmée ensuite.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 11/02/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le festival Présences rend cette année hommage au compositeur Thierry Escaich, également et peut-être avant tout un organiste de très grande qualité, comme il le prouve à plusieurs reprises lors de la semaine qui lui est consacrée. La Barque solaire, écrite pour orgue et orchestre en 2008, permet de profiter de la large palette du musicien, tandis que l’on jouit par la même occasion des couleurs du Philharmonique de Radio France dirigé avec énergie par le chef américain Jonathan Stockhammer.

    Lors du même concert, Psalmos (2015-2016) est importé des États-Unis, où il a été commandé par Louis Langrée pour le Cincinnati Symphony. Cette pièce dynamique et elle aussi colorée trouve dans les cordes comme dans les bois de l’Orchestre philharmonique une belle retranscription pour sa première interprétation française. Difficile de discerner autant de qualité du Concerto n° 2 pour orgue, cordes et percussions donné lors du concert de clôture ; l’ouvrage avait créé pour la première fois par l’Orchestre de Bretagne en 2006, alors que le compositeur était en résidence auprès cette formation.

    Au moins profite-t-on là encore de la qualité du musicien à l’orgue, pour une partition qui cherche surtout à jouer avec la gamme et à montrer les possibilités de l’instrument soliste, bien mis en valeur dans l’Auditorium de Radio France. La dernière pièce de cette même soirée présente malheureusement un intérêt encore plus faible, malgré la superbe Maîtrise de Radio France préparée par Sofi Jeannin pour cinq chansons amérindiennes regroupées sous le titre la Piste des chants. Le matériau orchestral trop simpliste ferait presque douter du temps dont a disposé Escaich pour écrire, tant il sur-utilise ici un thème banal autant rythmiquement que mélodiquement.

    La Symphonie n° 2 de Dutilleux donnée en première partie du concert de clôture montre comme souvent chez Mikko Franck un refus de la coloration française qui met en défaut cette partition, pourtant traitée chaleureusement par les cordes du Philharmonique. Deux jours plus tôt, Jonathan Stockhammer avait approché lui aussi sans en rechercher les racines françaises une œuvre d’un compositeur du XXe siècle sans doute supérieur à Dutilleux, puisque Chronochromie de Messiaen clôturait la soirée du vendredi après le Concerto pour piano de Frédéric Neuburger donné en création mondiale.

    Le jeune pianiste semble tel Liszt ou Chopin s’être créé ses propres difficultés dans un ouvrage complexe, peut-être seulement mis en défaut par le manque d’identité face à ce qui a déjà été composé ces trente dernières années, une fois intégrées les idées développées à partir de 1946 par l’École de Darmstadt. La pièce bénéficie toutefois d’un petit coup de génie sur la coda du dernier mouvement intitulé Chanson. L’œuvre reste prometteuse venant d’un compositeur d’à peine plus de 30 ans, en plus de montrer l’excellence de l’artiste lorsqu’il prend ses habits de pianiste.

    Du dernier soir, l’Ange double de Laurent Cuniot, création mondiale elle aussi commandée par Radio France, ressort largement du lot avec un traitement passionnant de l’instrument soliste. Le hautbois incroyable d’Olivier Doise fascine pendant les vingt minutes de cette œuvre par une tenue impeccable autant qu’une capacité à développer un véritable lyrisme, bien que la pièce cherche avant tout à traiter de métaphysique.

    Comme pour le reste du concert, Mikko Franck n’aura pas démontré une passion particulière dans ce répertoire, mais ses grandes qualités de chef et sa capacité à se mettre en retrait dans les œuvres concertantes sont à louer. Il offre à cette dernière soirée un accompagnement musical dont rêveraient nombre de compositeurs contemporains.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 11/02/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concerts d'orchestre du festival Présences 2018 autour de Thierry Escaich.
    Vendredi 9 février
    Thierry Escaich (*1965)
    Psalmos, pour orchestre
    Création française
    La Barque solaire, pour orgue et orchestre
    Thierry Escaich, orgue
    Jean-Frédéric Neuburger (*1986)
    Concerto pour piano et orchestre
    Création mondiale
    Jean-Frédéric Neuburger, piano
    Olivier Messiaen (1908-1992)
    Chronochromie
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Jonathan Stockhammer

    Dimanche 11 février
    Henri Dutilleux (1916-2013)
    Mystère de l’instant
    Laurent Cuniot (*1957)
    L’Ange double, pour hautbois et orchestre
    Création mondiale
    Thierry Escaich (*1965)
    Concerto n° 2 pour orgue, cordes et percussions
    Thierry Escaich, orgue
    La Piste des chants,
    Création mondiale
    Maîtrise de Radio France
    préparation : Sofi Jeannin
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Mikko Franck

     


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