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CRITIQUES DE CONCERTS 11 décembre 2018

Requiem de Henze par l’Ensemble Intercontemporain sous la direction de Matthias Pintscher à la Cité de la musique, Paris.

L’œuvre au noir
© Martin Hufner

Composé et joué par parties dans divers endroits du monde entre 1990 et 1992, le Requiem de Henze est créé intégralement en 1993 par Ingo Metzmacher. Il est dirigé cette saison à la Cité de la musique par la battue rigoureuse de Matthias Pintscher, face à un Ensemble Intercontemporain porté par son fantastique trompettiste solo Clément Saunier.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 16/02/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Composé à partir de 1989 à la suite du décès d’un ami proche du compositeur, Michael Vyner, directeur du London Sinfonietta, le Requiem de Henze est créé de manière parcellaire des numéros I à IV par ce même ensemble dans les deux années suivantes. Les numéros V, VIII et IX attendront 1992 et le NHK Symphony Orchestra à Tokyo alors que l’Agnus Dei avait lui été donné au Barbican Center dès 1991. L’intégralité de l’ouvrage – et donc l’inédit Tuba mirum placé en VII – ne verra le jour qu’en 1993, à Cologne, avec l’Ensemble Modern sous la direction d’Ingo Metzmacher ; l’enregistrement paru l’année suivante chez Sony n’est plus disponible.

    L’œuvre est écrite pour un orchestre de chambre, un piano et une trompette concertante. Elle ne demande donc ni chœur ni chanteurs solistes, à l’image d’ailleurs d’un autre requiem du XXe siècle composé trente-cinq ans plus tôt, celui pour cordes du Japonais Tōru Takemitsu. Elle possède pour autant nombre de parties de la messe des morts connue depuis la fin du Moyen Âge, et célèbre depuis Mozart, avec un Introitus, un Dies irae, un Lux aeterna, jusqu’aux Lacrimosa et Sanctus, placés par Henze en dernières positions.

    À la Cité de la musique de Paris, l’Ensemble Intercontemporain dirigé par son directeur Matthias Pintscher maintient cet ouvrage dans le style moderne qui l’a vu naître, même si l’on peut penser que plus de liberté, et surtout plus de mystique, aurait sans doute pu apporter plus de ferveur à cette soirée. Au moins la formation grâce à la battue rigoureuse du chef ne s’écarte jamais de la ligne et conforte chaque musicien dans les parties solistes, à l’image du piano, superbe dès l’Introitus, même si Sébastien Vichard a dû remplacer en dernière minute Dimitri Vassilakis d’abord prévu.

    Après de longs échanges entre Henze et le trompettiste Hakan Hardenberger s’est ajoutée à l’œuvre une trompette soliste, en plus des deux déjà présentes dans la partition initiale. À la Cité de la musique, les deux trompettistes se déplaceront chacun d’un côté du balcon juste avant le Sanctus, avec en main tous deux cette fois des trompettes basses, afin de donner un caractère véritablement angélique à la dernière partie. Ici comme pendant tout le concert, Matthias Champon et Noé Nillni se montreront impeccables, sans pouvoir faire oublier la trompette principale, en soliste sur le devant de la scène.

    Entré seulement pour le Rex tremendae, soit la cinquième partie, Clément Saunier exalte cet instant sonore bien qu’au jeu jamais agressif, qui parvient même à se montrer souple voire presque lyrique dès sa deuxième intervention, sans jamais se décaler ni dépareiller par rapport à l’Ensemble Intercontemporain et à la vision plus austère de Pintscher. Clément Saunier réapparait pour le Lacrimosa qu’il tient sublimement, avant d’achever le Sanctus initié par les cordes, tout en étant cette fois protégé par les deux autres trompettes projetées des balcons.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 16/02/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Requiem de Henze par l’Ensemble Intercontemporain sous la direction de Matthias Pintscher à la Cité de la musique, Paris.
    Hans Werner Henze (1926-2012)
    Requiem, neuf concerts spirituels pour piano solo, trompette concertante et orchestre de chambre
    Clément Saunier, trompette
    Sébastien Vichard, piano
    Ensemble Intercontemporain
    direction : Matthias Pintscher

     


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