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CRITIQUES DE CONCERTS 21 juin 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck, avec la participation de la pianiste Khatia Buniatishvili à l’Auditorium de Radio France, Paris.

Nouvel ambassadeur humanitaire
© Christophe Abramowitz

Après une première partie peu probante due à l’inintérêt de la première œuvre attribuée à Debussy (la Symphonie en si mineur), puis à la présence contestable de Kathia Buniathishvili devant des formations d’un tel niveau, Mikko Franck retrouve toutes ses qualités dans une superbe Symphonie n° 3 de son confrère finlandais Jean Sibelius.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 01/03/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Colin Matthews n’est pas renommé pour ses propres œuvres, à l’exception peut-être de l’ajout de Pluton aux Planètes de Gustav Holst. On entend pourtant régulièrement son orchestration d’une symphonie debussyste réalisée entre 2008 et 2009 à partir d’une partition pour piano à quatre mains. L’ouvrage ainsi retravaillé ressemble plus à du mauvais Elgar qu’à du Debussy, et sert ce soir à ouvrir un concert dans lequel Mikko Franck, tout juste nommé ambassadeur de l’UNICEF et de retour d’un voyage au Bénin, s’amuse surtout à diriger en se tournant vers le public face à une partition proche de musique de film muet.

    Il revient accompagné de la pianiste Khatia Buniatishvili, aussi médiatisée qu’une actrice hollywoodienne, et portant d’ailleurs une robe dorée et largement échancrée à l’image de celles que l’on voit aux Oscar. Cette tenue justifie-t-elle à elle seule une salle pleine à craquer ? La question peut se poser tant la performance à venir du Deuxième Concerto de Rachmaninov ne justifie en rien la présence d’une pianiste de ce niveau au côté d’un tel orchestre et d’un tel chef.

    Elle débute seule les premiers accords, et déjà le son qu’on a connu chez elle trop martelé et brouillon n’affiche plus rien du peu de personnalité qu’on lui connaissait. Le Philharmonique de Radio France ne montre pas non plus ses meilleurs atouts, ce qu’il faut excuser face au n’importe quoi à accompagner, bien que la rigueur du chef permette de s’adapter et même de lancer quelques phrases chaleureuses aux cordes.

    À cette sonorité très faible, la pianiste allie une gestion plus qu’aléatoire de la pédale pour livrer un Finale déstructuré aux notes mélangées dans un halo permanent, duquel ressortent des parties réinventées en même temps que certains accrocs qui font sursauter à chaque réapparition du piano. Elle oblige même un Mikko Franck souriant et affable à lever la tête pour tenir davantage que de raison des fins de phrases aux flûtes ou au basson afin de coller au rubato démesuré du piano.

    Il n’y a ici aucune caricature de notre part ni encore moins de sexisme, mais plutôt de la tristesse lorsque l’on sait le nombre d’artistes infiniment meilleurs qui ne joueront jamais dans une telle salle. Cette peine est aggravée par le bis, un Clair de lune de Debussy habituel chez elle et qui prouve lorsqu’on le compare à certaines de ses prestations du passé que tout y est aujourd’hui moins maîtrisé.

    Heureusement, la seconde partie permet à Mikko Franck de revenir à ses amours avec une superbe Symphonie n° 3 de Sibelius. L’Allegro moderato débute par la raucité nordique des huit contrebasses, tout de suite rejointes par les violons et altos, avant une intervention des flûtes qui montre tout de même une certaine fébrilité. La belle célérité des cordes ajustée aux coups du timbalier, rehaussés du contrepoint des cuivres eux aussi plus chauds qu’en première partie, nous amène inexorablement vers l’Andantino con moto.

    Doucereux, ce deuxième mouvement reste encore parfois discutable par la prestation de quelques instruments, même si les flûtes semblent maintenant plus concernées par les sonorités finlandaises ressortant de la partition. Cette partie lente offre toutefois, tout comme le Finale, une prestation de grande qualité qui laisse indubitablement penser que peu de chefs internationaux aujourd’hui seraient en mesure de nous procurer les mêmes effets dans cette œuvre de Sibelius.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 01/03/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck, avec la participation de la pianiste Khatia Buniatishvili à l’Auditorium de Radio France, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Symphonie en si mineur
    Orchestration Colin Matthews
    Sergueï Rachmaninov (1873-1943)
    Concerto pour piano n° 2 en ut mineur op. 18
    Khatia Buniatishvili, piano
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Symphonie n° 3 en ut majeur, op. 52
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Mikko Franck

     


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