altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2018

Reprise de Parsifal de Wagner dans la mise en scène de Claus Guth, sous la direction de Simone Young à l’Opéra de Zurich.

La folie des hommes
© Danielle Liniger

Créée en 2011, la mise en scène du dernier opéra de Wagner par Claus Guth attire toujours par son intelligence, même si le jeu pâtit du renouvellement complet de la distribution, quand le chant trouve chez Lauri Vasar et Christian Fischesser les grands wagnériens de demain, face au Parsifal de Stefan Vinke et à la Kundry de Nina Stemme.
 

Opernhaus, Zürich
Le 03/03/2018
Vincent GUILLEMIN
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Lucerne 2018 (2) : Ainsi parlait Thomas Rolfs

  • Grandeur et carences

  • Lucerne 2018 (1) : Haute voltige

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • La puissance de la mise en scène de Parsifal par Claus Guth avait été saluée dans ces colonnes. Transposée dans l’horreur de la Grande Guerre vue par une famille noble, l’action se concentre sur le père, Titurel, et ses deux fils ennemis, Amfortas et Klingsor. Dans la dernière scène, lors d’une ultime rotation du somptueux décor de Christian Schmidt, les deux frères sont à nouveau côte-à-côte, assis le regard dans le vide ; le doute est maintenu quant à leur réconciliation. Au même moment, Parsifal apparaît en habit de général nazi, libérateur d’un peuple écrasé, dont on a vu auparavant les membres estropiés dans une scène d’hôpital ainsi que dans des vidéos sur les désastres de la guerre.

    Avec une transposition à une époque postérieure de trente ans et une dimension psychanalytique tentant d’expliquer les incompréhensibles actions destructrices des hommes, Guth vise juste. On remarque d’ailleurs cette fois que Kundry, très clairement inadaptée au monde masculin qui l’entoure, est sans doute présentée en juive, ce qui justifierait son départ final une valise à la main. Nina Stemme, pour le moment surtout remarquable pour ses Isolde et Brünnhilde, reprend le rôle de la harpie, et montre encore, malgré une véritable assise dans les graves, trop peu de naturel dans la tessiture. L’éclat de son timbre et la magnificence de ses aigus ne trouveront à se déployer qu’au II.

    En Parsifal, Stefan Vinke remplace Brandon Jovanovich en sortant tout juste d’un Siegfried à Munich. Difficile alors de lui en vouloir pour un timbre et un style parfois un peu durs, autant que pour un jeu d’acteur trop peu préparé. Wenwei Zhang offre un Klingsor à l’aise avec sa difficile partition, en plus de montrer le désir de parfaitement prononcer chaque mot.

    Des trois autres rôles masculins d’importance, celui de Titurel, en scène dès le début de l’opéra, impressionne par la chaleur des graves de Pavel Daniluk. En comparaison, le Gurnemanz de Christof Fischesser paraît d’abord un peu jeune pour le rôle, tout en montrant dès son grand récit une belle maturité dans le chant. Le dernier acte développe encore sa sagesse en plus d’exposer mieux les graves, laissant promettre l’un des grands titulaires du rôle dans la décennie à venir.

    Lauri Vasar invite d’abord à la même impression d’un artiste un peu jeune pour incarner le roi blessé Amfortas. Mais bien que la poésie manque encore à sa palette pour ce rôle, il gagne en confiance à mesure de l’ouvrage, et revient au dernier acte avec une superbe profondeur.

    Le chœur de l’Oper Zürich apporte à cette production rigueur et mystique, même si les Chevaliers du Graal se trouvent décontenancés par une accélération de la chef à la fin du I, tandis que l’on regrette le besoin d’un chef de chœur sur scène pour battre les temps lorsque le groupe doit chanter dos à la salle au dernier acte.

    En fosse, Simone Young reprend une œuvre qu’elle a dirigée pour la dernière fois en 2011 à Hambourg. Son prélude ne cherche ni mystique ni religiosité à travers l’Amen de Dresde, mais elle montre un élan et une dynamique ressentis tout au long de l’ouvrage. Le dernier acte, parfaitement équilibré, bénéficie de surcroît d’un Philharmonia Zürich parfaitement préparé, avec des cloches toujours pleinement intégrées au drame scénique.




    Opernhaus, Zürich
    Le 03/03/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Parsifal de Wagner dans la mise en scène de Claus Guth, sous la direction de Simone Young à l’Opéra de Zurich.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal, Bühnenweihfestspiel en trois actes (1882)
    Livret du compositeur

    Chor der Oper Zürich
    Philharmonia Zürich
    direction : Simone Young
    mise en scène : Claus Guth
    décors & costumes : Christian Schmidt
    éclairages : Jürgen Hoffmann
    vidéo : Andi A. Müller
    chorégraphie : Volker Michl
    préparation des chœurs : Janko Kastelic

    Avec :
    Lauri Vasar (Amfortas), Pavel Daniluk (Titurel), Christof Fischesser (Gurnemanz), Stefan Vinke (Parsifal), Wenwei Zhang (Klingsor), Nina Stemme (Kundry), Omer Kobiljak, Alexander Kiechle (Gralsritter), Florie Valiquette, Karina Demurova, Spencer Lang, Jonathan Abernethy (Knappe), Adriana Gonzalez, Hamida Kristoffersen, Karina Demurova, Florie Valiquette, Soyoung Lee (Blumenmädchen), Irène Friedli (Blumenmädchen/Stimme aus der Höhe).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com