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CRITIQUES DE CONCERTS 20 juillet 2018

Nouvelle production de Don Carlos de Verdi dans une mise en scène de Christophe Honoré et sous la direction de Daniele Rustioni à l’Opéra de Lyon.

Festival Verdi Lyon :
Don Carlos en pesanteur

© Jean-Louis Fernandez

Déception assez cuisante face au Don Carlos conçu comme le point d’orgue du festival de printemps de l’Opéra de Lyon consacré cette année à Verdi. Si la distribution, à l’Elisabeth impossible, pâtit d’un français défectueux, on regrette avant tout l’académisme pesant du travail de Christophe Honoré, étalé sur cinq longues heures de représentation.
 

Opéra national, Lyon
Le 02/04/2018
Yannick MILLON
 



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  • Chaque année, le festival de printemps de l’Opéra de Lyon est devenu un incontournable de la saison lyrique. Pour son édition 2018, il s’agissait de rendre hommage à Verdi avec une version de concert d’Attila, une reprise de l’excellent Macbeth mis en scène par Ivo van Hove dans les arcanes d’un capitalisme vorace, et un nouveau et très ambitieux Don Carlos (version française en 5 actes de 1866, avec même une moitié du ballet original) confié à Christophe Honoré.

    On ne pourra dès lors que s’étonner que Serge Dorny, fils spirituel du regretté Gerard Mortier dont on loue si souvent le travail de fond dans la cité du Rhône, toujours à la pointe en termes de mise en scène, ait validé un dispositif aussi académique, d’une lourdeur écrasante, d’une monumentalité tuant tout théâtre, sans regard personnel ni idée réellement neuve – que nous importent le handicap de rechange d’Eboli, en fauteuil roulant plutôt que borgne, un Inquisiteur qui vapote, ou les cris si dispensables d’Elisabeth malmenée par son tyran de mari ?

    Immenses rideaux bien laids face à un non moins immense Christ en croix peint, autodafé frontal en version de concert dans un blockhaus à neuf cases, la mayonnaise ne prend que dans le cachot de Carlos, un fil à la patte tel un oiseau prisonnier, mais certainement pas dans ce ballet tronqué confié à quatre danseurs atteints de tremblante du mouton, ou dans une direction d’acteurs bien faible. Il faut dire aussi que l’on a eu l’idée insensée que ces cinq heures de représentation ne soient interrompues que par un seul entracte, dans cette première mouture de l’ouvrage avant coupures de la création comportant son lot de passages problématiques – le duo Philippe-Posa, tellement faible face à sa version définitive, l’étiolement si peu théâtral de la révolte.

    Pourquoi en outre avoir choisi la langue originale quand la distribution la malmène à ce point, interdisant toute tentative de lâcher le surtitrage ? D’autant que le plateau, par-delà ce fléau répandu, s’avère moyennement homogène. Véritable paille, l’Elisabeth de Sally Matthews, émission qui bouge, inintelligible, prises d’air chaotiques, grave poitriné de Prieure des Carmélites, émission très peuple. Une erreur de distribution à côté de laquelle le Philippe II monolithique et charbonneux de Michele Pertusi, élimé dans le grave, serait un baume.

    En revanche, complimenti au Carlos jeune et stylé, d’une vraie stature aristocratique, de Sergey Romanovsky, voix en rien colossale mais très belle ligne de chant, avec de bonnes réserves de puissance passée une entrée en matière un peu effacée, ainsi qu’au Moine de Patrick Bolleire, mordant et doté d’un excellent fa# grave, à la Princesse Eboli plus claire et jeune que la Reine d’Eve-Maud Hubeaux, ardente, dardée, d’un impact stupéfiant, et surtout au Rodrigue d’une classe inouïe de Stéphane Degout, legato impeccable, projection d’une magnifique ampleur, jamais dans l’épaisseur, phrasé de grand prince et diction limpide n’ayant pas volé son triomphe.

    Les chœurs, inégaux, parfois ravissants (les femmes avant le voile), parfois hétérogènes (les hommes de Saint-Just), sont secoués par la battue du nouveau directeur maison Daniele Rustioni, qu’on aurait imaginé plus flamboyant dans les fins d’actes, mais au moins jamais pris en défaut de tempi, tournant le dos à la tradition germanique de lenteur au profit d’une narration vivante, qui n’aurait pu supporter une demi-heure supplémentaire au compteur de cette soirée privée de théâtre, posant plus que jamais question sur la mouture initiale de l’ouvrage, et sur le choix d’une langue en perdition, qui n’était au passage pas mieux traitée avec Abbado à la Scala il y a trente ans…




    Opéra national, Lyon
    Le 02/04/2018
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de Don Carlos de Verdi dans une mise en scène de Christophe Honoré et sous la direction de Daniele Rustioni à l’Opéra de Lyon.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Don Carlos, opéra en cinq actes (1867)
    Livret de Joseph Méry et Camille Du Locle d’après la pièce de Schiller

    Chœur, Studio et Orchestre de l’Opéra de Lyon
    direction : Daniele Rustioni
    mise en scène : Christophe Honoré
    décors : Alban Ho Van
    costumes : Pascaline Chavanne
    éclairages : Dominique Bruguière
    chorégraphie : Ashley Wright
    préparation des chœurs : Denis Comtet

    Avec :
    Michele Pertusi (Philippe II), Sergey Romanovsky (Don Carlos), Stéphane Degout (Rodrigue, marquis de Posa), Roberto Scandiuzzi (le Grand Inquisiteur), Patrick Bolleire (Un Moine), Sally Matthews (Elisabeth de Valois), Eve-Maud Hubeaux (La Princesse Eboli), Jeanne Mendoche (Thibault), Caroline Jestaedt (Une Voix d’en haut), Yannick Berne (le Comte de Lerme), Didier Roussel (un Héraut royal), Dominique Beneforti, Charles Saillofest, Antoine Saint-Espes, Paolo Stupenengo, Denis Boirayon, Thibault Gerentet (Députés flamands).

     



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