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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mars 2019

Neuvième Symphonie de Mahler par l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction d’Hartmut Haenchen à l’Auditorium de Radio France, Paris.

Mahler de fin de vie
© Frank Höhler

Prévu pour un retour au pupitre de l’ancien directeur musical du Philharmonique de Radio France, ce concert de l’ultime symphonie achevée de Mahler est finalement récupéré par Hartmut Haenchen, qui ne peut masquer une fatigue physique. D’un tempo extrêmement lent ressort alors surtout la sensibilité de l’Andante comodo.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 29/03/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Myung-Whun Chung avouait lors d’une interview qu’il était devenu chef d’orchestre pour diriger Mahler. Il devait conduire à Paris ce jeudi de mars la Neuvième Symphonie avec son ancienne formation, l’Orchestre philharmonique de Radio France, mais a dû annuler l’avant-veille pour cause de maladie. Dommage, car si son intégrale du Théâtre des Champs-Élysées n’avait convaincu ni passionnés ni critiques il y a quatorze ans, le dernier enregistrement de l’ultime chef-d’œuvre de Mahler pour Deutsche Grammophon avec son orchestre de Séoul, en import uniquement, promettait une interprétation d’intérêt à Paris.

    Plutôt que de parler de ce que nous aurions pu entendre, concentrons-nous sur ce que nous avons entendu en présence d’un remplaçant de luxe, le chef de 75 ans Hartmut Haenchen. L’Allemand entre en scène d’un pas pressé, qui ne peut pourtant cacher une sensation de fatigue physique. L’introduction de l’Andante comodo débute alors très lentement, avec une véritable retenue qui contient l’émotion, aux cordes comme à la harpe, puis grâce aux coups de timbales nets. Les cors s’annoncent plus discutables dès la partie Etwas Frischer ; tout au long du concert, les soli distribués alternativement seront plus ou moins justes, et leurs interventions groupées plus ou moins en place.

    Haenchen parvient à créer une véritable tension dès la partie Mit Wut - Allegro risoluto, avec un beau frottement des cordes graves et une belle montée nerveuse grâce aux premiers violons. Puis il cherche dans le Tempo I - Andante comodo une construction sensible, même si là encore les cuivres dénaturent la pureté de l’ensemble, d’autant que le son des quatre cors parvient totalement déséquilibré au public du parterre de face, laissant entendre chaque note au-dessus de l’ensemble, même les contrepoints écrits pour être seulement en léger soutien.

    Autre fait surprenant, le chef natif de Dresde semble être venu avec un enfant du pays, puisqu’il a ramené comme premier violon le Konzertmeister de la Staatskapelle Dresden Kai Vogler. Celui-ci maîtrise parfaitement son instrument, mais il faut attendre les soli de la fin de l’Andante pour découvrir de l’affectivité à ce vibrato trop marqué. Seul l’échange avec la flûte de Magali Mosnier est alors véritablement touchant, même si la lenteur oblige la flûtiste à reprendre sa respiration de façon très sonore, pour tenir jusqu’au bout ses phrases d’une interminable longueur.

    Comme récemment avec Daniel Harding, le Ländler comme le Rondo manquent d’aspérités, et prouvent que l’orchestre n’a pas bénéficié d’assez de répétitions, en plus d’être diminué d’une partie de ses cadres, en fosse à l’Opéra Comique. La lenteur des deux mouvements médians les désincarne d’une matière mécanique, et il faut attendre la reprise du Tempo 2 du Ländler pour trouver quelque dynamique, tout de suite reperdue jusqu’à un moment intense en deuxième moitié de Rondo, lorsque le chef parvient à dégager de cette partition les accords dissonants qui feront le génie de l’Adagio de la Dixième Symphonie.

    Le dernier accord brutalement délivré, Haenchen doit se tenir à la barre du pupitre pour reprendre son souffle, avant de montrer à son premier violon d’un signe de la tête qu’il va tenir et achever l’ouvrage. L’Adagio débute donc lui aussi très lentement, mais ne dégage pas particulièrement d’émotion, malgré un très beau basson solo. Le concert s’achève après quatre-vingt quinze minutes de musique et laisse une sensation d’inachevé, à l’image de la vie, avec de bons et de moins bons moments, et rarement, trop rarement, quelques instants exceptionnels.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 29/03/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Neuvième Symphonie de Mahler par l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction d’Hartmut Haenchen à l’Auditorium de Radio France, Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 9 en ré majeur
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Hartmut Haenchen

     


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