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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2018

Nouvelle production d’Elektra de Strauss dans une mise en scène de David Bösch et sous la direction d’Erik Nielsen à l’Opéra de Bâle.

Plongée dans le gore
© Theater Basel

Représentation d’Elektra en crescendo sur tous les plans au Theater de Bâle avec une vision quasi chambriste dans une première partie puis une électricité grandissante à partir de la scène d’Oreste grâce à une belle direction d’Erik Nielsen, une distribution efficace et une proposition scénique très gore de David Bösch.
 

Theater, Basel
Le 08/04/2018
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • Au lever du rideau, on ne peut s’empêcher de penser à Carsen pour le décor (une vaste cuve aux bords arrondis) et à Chéreau avec des servantes nettoyant le sol (mais qui resteront plantées à laver toujours le même espace durant toute leur scène). Si on ajoute une entrée en matière peu fracassante venant de la fosse, on se dit que la soirée ne part pas très bien. Puis, progressivement, on observe ce décor aux murs couverts de sang, aux accessoires provenant d’une chambre d’enfant (lit-cage, chaises minuscules, jouets…), puis, à l’entrée d’Elektra, on comprend que celle-ci s’est arrêtée de grandir au meurtre de son père.

    Tout au long de l’ouvrage, elle fera le geste d’une hache qu’elle abat, comme obsédée par cet acte. Son mental est d’ailleurs envahi par le sang, dont elle se recouvre, mais qu’elle fait aussi jaillir d’elle-même en se scarifiant. Elle a de qui tenir : Clytemenestre apparaît avec des perfusions provenant de carcasses animales qui se sont précipitées des cintres à son entrée, vision étrange et rebutante. Seule Chrysothémis semble échapper à la folie ambiante et traverse ce décor sale et chaotique telle une étrangère qui ne comprend pas tout ce qui se passe.

    La tension monte un peu plus avec l’arrivée d’Oreste, tel un délinquant instable et sans charisme. Les meurtres qu’il commet lui donnent de l’épaisseur, mais envahi par le remords ou/et horrifié par ses actes, il finit par se suicider devant ses sœurs après que les murs se sont recouverts de sang coulant depuis les cintres. Les ultimes appels de Chrysothémis à son frère avant la péroraison finale de l’orchestre n’ont ainsi jamais été autant saisissants et déchirants.

    Hormis quelques idées curieuses sinon déplacées – danse disco d’Elektra qui manipule par ailleurs une tronçonneuse en panne, bref moment d’onanisme avec la hache, pluie de confettis argentés après le meurtre d’Égisthe –, la mise en scène se renforce d’une direction d’acteurs très efficace et prenante, surtout portée par des interprètes particulièrement investis, à commencer par une Rachel Nicholls faisant parfois penser à Evelyn Herlitzius : même timbre acidulé, même silhouette longiligne, même voix tranchante et surtout même jeu physique et magnétique. La voix n’est pas immense et l’extrême aigu tendu mais cette Elektra reste superbe.

    Tout aussi magnifique se montre Pauliina Linnosaari en Chrysothémis, voix typiquement nordique, qui fait preuve d’une finesse peu courante dans cet ouvrage et parvient à bouleverser en quelques notes seulement. La Clytemnestre d’Ursula Hesse von den Steinen réussit tout autant à captiver mais avec des moyens opposés : voix étrange, décharnée sur certaines hauteurs, chant peu orthodoxe mais art du dire presque plus typique d’une comédienne que d’une chanteuse. Michael Kupfer-Radecy campe un superbe Oreste, beau timbre, beau chanteur, tandis que la distribution se complète de très bons seconds rôles.

    Si la mise en scène va crescendo, il en va de même avec la direction d’Erik Nielsen qui commence non sans une certaine mollesse. Mais on réalise vite que le chef favorise la clarté, voire une transparence quasi chambriste au détriment de la masse, tout en ménageant une progression de l’intensité tant en décibels qu’en puissance dramatique au fur et à mesure de la soirée, pour parvenir à un final électrisant. Le Sinfonieorchester de Bâle se montre tout à fait à la hauteur avec notamment de superbes cuivres (les accords du thème d’Oreste) et un timbalier avec toujours autant de présence et de caractère.




    Theater, Basel
    Le 08/04/2018
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Nouvelle production d’Elektra de Strauss dans une mise en scène de David Bösch et sous la direction d’Erik Nielsen à l’Opéra de Bâle.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Elektra, tragédie en un acte (1909)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal d’après Sophocle

    Chor des Theater Basel
    Sinfonieorchester Basel
    direction : Erik Nielsen
    mise en scène : David Bösch
    décor : Patrick Bannwart & Maria Wolgast
    costumes : Meentje Nielsen
    éclairages : Michael Bauer
    préparation des chœurs : Michael Clark

    Avec :
    Rachel Nicholls (Elektra), Ursula Hesse von den Steinen (Clytemnestre), Pauliina Linnosaari (Chrysothémis), Rolf Romei (Egisthe), Michael Kupfer-Radecky (Oreste), Domen Križaj (le Précepteur d’Oreste), Evelyn Meier (la Confidente), Matthew Swensen (un Jeune Serviteur), José Coca Loza (un Vieux Serviteur), Mona Somm (la Surveillante), Sofia Pavone (Première Servante), Anastasia Bickel (Deuxième Servante), Kristina Stanek (Troisième Servante), An De Ridder (Quatrième servante / la Porteuse de traîne), Hailey Clark (Cinquième Servante).

     



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