altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 28 novembre 2020

Concert du Philharmonia Orchestra sous la direction d’Esa-Pekka Salonen au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Triomphe tellurique
© Nicho Soedling

Saisissante Symphonie n° 1 de Mahler sous la direction d’Esa-Pekka Salonen qui mène le Philharmonia Orchestra à ses sommets au fil des quatre mouvements de l’œuvre cosmique. Auparavant, cette netteté avait caractérisé avec plus ou moins de sensibilité l’éclairage donné à la Symphonie n° 2 de Beethoven, la moins donnée des neuf.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 17/04/2018
Claude HELLEU
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Une femme fatale

  • Avant que le rideau ne retombe

  • Saint François SDF

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • ImmobilitĂ© lumineuse des premiers instants de la Première Symphonie de Gustav Mahler. Chant calme des clarinettes, voix tranquilles des violoncelles, la nature s’éveille sous un beau soleil. Il ne porte pas encore d’ombre sur ce qu’il Ă©claire. Au fil de sa montĂ©e, il cisèle l’engagement des sonoritĂ©s. Les phrasĂ©s clairs et habitĂ©s de silences abrupts donnent tout Ă  entendre de la fascinante orchestration, fanfares de trompettes Ă©clatantes. Ă€ la direction d’Esa-Pekka Salonen, le Philharmonia Orchestra rĂ©pond avec la mĂŞme et remarquable prĂ©cision. Lent, traĂ®nant, toujours très modĂ©rĂ©, ce premier mouvement nous capte dans son climat enchanteur.

    Le Ländler enchaîne ses humeurs contradictoires avec cette infaillible rigueur qui sous-tend la sobre mais dense expressivité émanée de la battue du chef. Autorité et sensualité s’accouplent parfaitement. Rythmes aux détachements percutants, silences fabuleux, provocation volontairement vulgaire des trompettes, une exigence féroce mène la danse, populaire, jubilatoire ou macabre, toujours décidée, ses moments d’ironie ébarbés de toute exagération.

    Et la contrebasse solo entre en scène. Émotion rare et mystérieuse. Elle se densifie sur des timbales haletantes, monte, lancinante, avec les autres cordes, se pare en même temps d’une sorte de désinvolture interrogative. Suspense, rafale, complicité transparente de tous les pupitres, avancée poignante de la marche funèbre vers l’humour salvateur, netteté des parodies.

    Aux évocations lugubres se mêle un fatalisme joyeux. Imbrications limpides des contradictions fascinantes. Hautbois et clarinettes sobrement éloquents, tenue des violons, présence des altos exacerbent la polyphonie du style au-delà de tout lyrisme expressionniste. La concision de Salonen et du Philharmonia, remarquable depuis les premières mesures, transcendent le Solennel et mesuré, sans traîner indiqué par Mahler, de ce troublant mouvement.

    Réaction du Finale. Déchaînement combattif. Violence extrême. Phrasés cinglés sans rémission. Pause méditative, intelligence de la pensée face à l’angoisse. Force intérieure explosive. Véhémence aux dissonances éruptives. Quintessence de cette concentration passionnée, tellurique et cosmique, l’absolu appréhendé donne le vertige… Conclusion triomphale… Qui soulève le public dans une ovation explosive après le silence de son écoute.

    En première partie de ce concert, les accords omniprésents de la Symphonie n° 2 de Beethoven soulignent une jeunesse plus ou moins appréciée des admirateurs de sa maturité. Même si la délicatesse des bois du Philharmonia aère les tutti énergiques de l’Adagio molto – Allegro con brio, ceux-ci pèsent leur poids d’accents guerriers. Esa-Pekka Salonen en mène la charge de sa battue sans complaisance, qui respecte le calme du Larghetto, pur et candide d’après Berlioz. Il bénéficie de la sensibilité homogène des cordes avant un Scherzo qu’éclairent des échanges répétitifs entre bois et cordes. Ils se poursuivent dans un Allegro molto final jubilatoire mais aussi tissé de déchirures où le tempérament du compositeur se révèle sous le tempo toujours résolu.

    En 1804, la critique s’extasiait sur « l’œuvre singulière, colossale, d’une profondeur qui prĂ©figure toute l’œuvre symphonique de la gĂ©nĂ©ration Ă  venir. Â» En ouverture du concert, en rĂ© majeur comme la Titan de Mahler, son choix illustre l’évolution annoncĂ©e.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 17/04/2018
    Claude HELLEU

    Concert du Philharmonia Orchestra sous la direction d’Esa-Pekka Salonen au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n° 2 en ré majeur op. 36
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 1 en rĂ© majeur « Titan Â»
    Philharmonia Orchestra
    direction : Esa-Pekka Salonen

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com