altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2020

Concert de l'Orchestre de Paris dirigé par Yuri Ahronovitch

Un lyrisme sans demi-mesure
© Orchestre de Paris

Pas facile de remplacer un chef indispos√© √† la veille du concert. C'est pourtant la performance accomplie par Yuri Ahronovitch suppl√©ant in extremis √† Christoph Von Dohnanyi face √† l'Orchestre de Paris, Nouveau chef, nouveau programme mais Elena Bashkirova demeura la soliste d'un Concerto pour piano n¬į 3 de Beethoven inchang√©.

 

Salle Pleyel, Paris
Le 18/10/2000
linda MURRAY
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Gluck en noir et blanc

  • Philosophie des lumi√®res

  • Perles de culture

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • √Ä la place de The Unanswered Question de Charles Ives, le concert d√©buta avec l'Ouverture de Colas Breugon, extrait de l'un des premiers op√©ras de Kabalevsky. Le livret s'appuie sur un roman de Romain Rolland et compte parmi les oeuvres les plus populaires du compositeur. La version interpr√©t√©e √† Pleyel n'est pas la partition originale de 1938, mais celle r√©vis√©e de 1969 succ√©dant √† une r√©vision pr√©liminaire en 1953. Parfaitement √† l'aise dans ce r√©pertoire lyrique en diable, Ahronovitch su d'embl√©e exploiter le brio de ses cordes et mettre en relief les √©l√©ments tr√®s "jazzy" de la partition gr√Ęce √† un rendu tr√®s clair des syncopes. Le tempo d'ensemble tr√®s enlev√© montrait par ailleurs une √©vidente sympathie pour l'humour de Kabalevsky. De quoi donner envie de d√©couvrir d'autres oeuvres de ce compositeur sovi√©tique sous-estim√©.

    Apr√®s Kabalevsky, place au 3e concerto pour piano de Beethoven avec en soliste Elena Bashkirova. Madame Bashkirova est plus connue des milieux musicaux, comme l'√©pouse divorc√©e de Gidon Kremer et comme la compagne actuelle de Daniel Barenbo√Įm, que comme une artiste √† part enti√®re. Une authentique injustice eu √©gard √† un talent digne d'un Wilhelm Kempf et une prestation du plus haut niveau ce 18 octobre. D'une grande magnificence, son jeu fut ponctuellement un peu pr√©cipit√©, et elle sembla rythmiquement en conflit avec l'orchestre √† plusieurs reprises, mais sa technique fut irr√©prochable de bout en bout, avec des trilles toujours clairs et r√©guliers, tout comme ses ornements d'ailleurs. Bien mieux, Bashkirova qui p√Ętit aussi d'une injuste r√©putation de froideur fit largement grimper le thermom√®tre dans la zone rouge, la seule digne de Ludwig van.

    √Ä ses c√īt√©s, l'orchestre se r√©v√©la globalement solide, m√™me si les vents firent preuve d'une certaine l√©thargie, en particulier dans le dialogue entre cordes et vents de l'Allegro. Le probl√®me des vents persista d'ailleurs dans le final de la derni√®re oeuvre de la soir√©e, la Symphonie n¬į 4 en fa mineur de Tcha√Įkovski. Cette section donna en effet une lancinante impression d'ins√©curit√© face √† la puissance des cordes, tr√®s manifeste dans leurs pizzicati impeccables du Scherzo. Toutefois, les solos de fl√Ľte et hautbois rachet√®rent un peu les carences de leur famille instrumentale.


    Quant √† la conduite de l'ensemble, certains trouveraient l'interpr√©tation d'Ahronovitch inutilement dramatique, mais il faut se souvenir du contexte entourant la composition de la symphonie. Il s'agit d'une pi√®ce hautement lyrique, reflet de la p√©riode la plus noire de la vie de Tcha√Įkovski, son mariage et sa d√©pression nerveuse cons√©cutive. Tcha√Įkovski clama que le th√®me initial de sa symphonie √©tait en r√©alit√© le destin "qui pend sur notre t√™te comme l'√©p√©e de Damocl√®s et empoisonne inexorablement l'√Ęme", et en v√©rit√©, la principale fonction de ce th√®me semble de jouer le r√īle d'un intrus dans le corps principal de cette musique, aspect constamment soulign√© par Ahronovitch.

    Si l'on cherche un d√©nominateur commun, le lyrisme semble le ciment le plus appropri√©, de l'inventivit√© m√©lodique de Kabalevsky et du largo du concerto de Beethoven, √† la symphonie de Tcha√Įkovski, incarnation si pleine du lyrisme russe qu'il para√ģt inutile d'en citer des passages particuliers. Dans cette perspective, la direction d'Arhovotich fut exacte et sinc√®re. Et si la soir√©e ne se passa pas sans accroc, on appr√©cie qu'Ahronovitch comme Bashkirova n'aient pas le sens de la demi-mesure.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 18/10/2000
    linda MURRAY

    Concert de l'Orchestre de Paris dirigé par Yuri Ahronovitch
    Kabalevsky : Ouverture de Colas Breugon
    Tcha√Įkovski : Symphonie n¬į 4
    Beethoven : Concerto pour piano n¬į 3
    Orchestre de Paris
    Yuri Ahronovitch, direction
    Avec Elena Bashkirova, piano

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com