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CRITIQUES DE CONCERTS 22 aoűt 2019

Version de concert de Pelléas et Mélisande de Debussy sous la direction de Benjamin Levy au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L'homme pressé
© JĂłhanna Ă“lafsdĂłttir

Soirée-hommage à Jean-Claude Malgoire disparu en avril dernier, ce Pelléas donné en version de concert au Théâtre des Champs-Élysées vaut surtout par l'interprétation de Sabine Devieilhe qui vole la vedette à un cast pas toujours au rendez-vous et un orchestre peu discipliné par la direction très nerveuse de Benjamin Levy.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 02/05/2018
David VERDIER
 



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  • L'atelier lyrique de Tourcoing prĂ©sentait en 2015 une production de PellĂ©as et MĂ©lisande sous la direction de Jean-Claude Malgoire avec, dans les rĂ´les principaux, Guillaume Andrieux, Sabine Devieilhe et Alain Buet. DĂ©barrassĂ©s des oripeaux surannĂ©s de la mise en scène de Christian Schiaretti, nous retrouvons ces trois chanteurs dans le contexte particulier d’une soirĂ©e prenant des allures d'hommage avec l'Ă©mouvant discours de Michel Franck Ă  la mĂ©moire de Jean-Claude Malgoire, disparu le mois dernier.

    Le choix de donner Pelléas et Mélisande en version de concert relève d'un défi qui a tout d'une gageure, à commencer par l'impossible équilibre entre fosse et plateau que l'absence de théâtre plombe d'un inconvénient majeur. Maeterlinck confiné à une pure sonorité oblige les chanteurs à une attention de tous les instants pour rendre crédible une interprétation où le geste compte autant que la diction. Le chef Benjamin Levy tournant le dos à l'action, les départs se font inévitablement périlleux tandis que l'Orchestre de chambre Pelléas multiplie les approximations dans la forêt du préambule. La direction livre tout du long un Debussy hérissé, voire épineux – la sonorité amincie par des tempi par trop rapides et la volonté d'aller de l'avant quand la musique ne demande rien de plus qu'une simple concentration.

    Paradoxalement, la précipitation avec laquelle il introduit la scène des souterrains confond tension et agitation, problématique que l'on retrouve dans l'épisode du petit Yniold juché que les épaules de Golaud ou tout simplement la grande vague sombre qui mène au meurtre de Pelléas. On demeure à la superficie d'un son qui peine à trouver sa plénitude, avec des cordes assez plates et des cuivres souvent inégaux. Accentués par la sécheresse de l'acoustique, les décalages et les hésitations donnent à la lecture un aspect d'imperfection que tente de gommer la brusquerie et la véhémence de la battue.

    Le chant est dominé de la tête et des épaules par la Mélisande de Sabine Devieilhe, dont la précision et la couleur composent un personnage à la féminité immaculée et candide à la fois. La chair manque parfois à sa ligne grave (Oh ! Oh ! Je ne suis pas heureuse (…) C'est Golaud !... Je crois que c'est Golaud !... Il nous a entendus...) mais le silence religieux qui accueille la scène de la tour en dit long sur une incarnation qu'une mise en scène digne de ce nom saurait solliciter pour, sans doute, la tirer vers le sublime.

    Déjà repéré lors d'une représentation dirigée par Serge Baudo à l'Opéra de Toulon, le Pelléas de Guillaume Andrieux déçoit quelque peu ici. Son entrée en scène pèche par une intonation générale très approximative et la suite le montre assez nerveux dans la façon de comprimer les valeurs longues et grossir les voyelles ouvertes. La prestation d'Alain Buet en Golaud fait regretter la présence pourtant annoncée quelques semaines avant de Jean-François Lapointe. Sans pour autant démériter, le demi-frère meurtrier livre une jalousie dont la fièvre demeure à fleur de notes, avec une gestion très aléatoire des diérèses et des e caducs qui embarrasse rapidement l'énoncé.

    Empressons-nous de jeter un voile pudique sur les trémulations de la Geneviève de Sylvie Brunet-Grupposo et l'Arkel usé de Jérôme Varnier, pour mieux souligner la solidité du Berger et Médecin de Virgile Ancely. Quant à Camille Poul, elle fabrique un petit Yniold qui vitupère et donnerait presque des leçons aux adultes qui l'environnent.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 02/05/2018
    David VERDIER

    Version de concert de Pelléas et Mélisande de Debussy sous la direction de Benjamin Levy au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Pelléas et Mélisande, drame lyrique en cinq actes (1902)
    Poème de Maurice Maeterlinck

    Guillaume Andrieux (Pelléas)
    Sabine Devieilhe (MĂ©lisande)
    Alain Buet (Golaud)
    Sylvie Brunet-Grupposo, (Geneviève)
    JĂ©rĂ´me Varnier (Arkel)
    Camille Poul (Yniold)
    Virgile Ancely (Le Berger, le MĂ©decin)
    Jeune chœur de Paris
    préparation : Marc Korovitch
    Orchestre de chambre Pelléas
    direction : Benjamin Levy

     


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