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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2018

Concert de l’Orchestre du Concertbouw d’Amsterdam sous la direction de Daniele Gatti, avec la participation du pianiste Daniil Trifonov à la Philharmonie de Paris.

Retour en vainqueur
© Marco Borggreve

Pour sa première apparition à la Philharmonie de Paris en tant que directeur musical du Concertgebouw, Daniele Gatti accompagne Daniil Trifonov dans le Troisième Concerto de Prokofiev avant de développer les sonorités complexes de la Première Symphonie de Mahler. Un retour en vainqueur pour celui qui fut chahuté à la tête de l’ONF.
 

Philharmonie, Paris
Le 17/05/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Daniele Gatti apparaît pour la première fois en France avec le Royal Concertgebouw Orchestra, dont il est directeur musical depuis deux saisons. Artiste discuté lorsqu’il dirigeait l’Orchestre national de France, car extrêmement intellectuel en plus de posséder une pâte sonore dense qui s’écarte de l’attente courante à Paris d’un son léger, le Milanais fédère beaucoup plus à Amsterdam, en même temps qu’il est maintenant invité chaque année par les Berliner Philharmoniker pour la puissance de sa gestion d’orchestre et sera également le chef en fosse du prochain Ring de 2020 à Bayreuth.

    C’est donc totalement détendu qu’il a préparé l’ouverture d’Euryanthe avec l’adjonction de vingt-six étudiants du Conservatoire de Paris dans le cadre du projet Side by Side. Beaucoup devront encore parcourir un long chemin avant d’intégrer une formation d’exception telle que celle du Concertgebouw, mais pour une ouverture répétée seulement quelques minutes ensemble deux heures plus tôt, le résultat ne manque pas de tenue et présente même déjà un bel élan aux violons juste avant la coda.

    Les étudiants réinstallés au parterre, le Royal Concertgebouw Orchestra expose dès l’introduction du Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev ses plus belles sonorités. Peu assimilé au répertoire russe de la période stalinienne, Daniele Gatti avait pourtant présenté ses dernières années une incroyable Dixième de Chostakovitch avec la Staatskapelle de Dresde ainsi qu’une impressionnante suite du ballet Roméo et Juliette avec le National au TCE. Sa prise d’orchestre s’adapte donc tout à fait au concerto pour piano le plus célèbre de Prokofiev.

    Daniil Trifonov perturbe quant à lui une fois encore par sa formidable dextérité, de laquelle peine pourtant à se démarquer un discours précis. Le corps totalement courbé sur le clavier, le pianiste au plus de trois cents concerts par an semble aujourd’hui comme lors de toutes ses dernières prestations se chercher avec un message distancié, plutôt que de présenter le phrasé plus souple et libéré qu’il avait su utiliser en 2016 dans le Concerto n° 2 du même Prokofiev à l’Auditorium de Radio France.

    En premier bis, un Bach revu par Rachmaninov ne ressemble plus sous ce doigté nerveux au style d’aucun des deux compositeurs, quand le deuxième bis offert avec une moue mal cachée à force d’applaudissements semble chercher chez Prokofiev la masse percussive qu’y met d’habitude un Matsuev.

    Au retour d’entracte, la Titan est un vrai test pour témoigner de la relation entre le directeur musical et un orchestre objet de tant de références mahlériennes depuis un siècle. Malheureusement, à l’entracte le premier violon s’est trouvé mal et a dû laisser sa place à une collègue. L’entrée dans l’œuvre s’étend par une lente construction de la masse sonore, pour un développement de plus en plus troublant à mesure qu’avance le mouvement, avec une compacité des cordes jamais entendue sous cette formation lorsqu’elle était dirigée par Haitink puis Jansons.

    L’habituel solo du troisième mouvement confié ici à huit contrebasses ouvre la voie à une marche funèbre tragique mais relativement rapide. Le timbalier y prépare le cortège, soutenu par un merveilleux basson. Sans aucune recherche de brillance ou de démonstration, Gatti traite le Finale avec la même approche métaphysique et le même calme que dans le Langsam, sans jamais trop mettre en avant des cuivres pourtant exceptionnels, qui ne redresseront que le coude et non le corps entier dans la coda avant que le public n’éclate en interminables bravi.




    Philharmonie, Paris
    Le 17/05/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre du Concertbouw d’Amsterdam sous la direction de Daniele Gatti, avec la participation du pianiste Daniil Trifonov à la Philharmonie de Paris.
    Carl Maria von Weber (1786-1826)
    Euryanthe, ouverture
    Sergueï Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour piano n° 3 en do majeur op. 26
    Daniil Trifonov, piano
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 1 en ré majeur « Titan »
    Royal Concertgebouw Orchestra
    direction : Daniele Gatti

     


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