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CRITIQUES DE CONCERTS 22 juin 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Lahav Shani, avec la participation du violoniste Renaud Capuçon à l’Auditorium de Radio France, Paris.

Nouveau prodige au pupitre
© Marco Borggreve

Avec Debussy, Ravel puis en bis Debussy encore, Renaud Capuçon expose les superbes sonorités de son Guarneri dans un jeu subtil empli de tradition française, accompagné d’abord au piano puis à l’orchestre par le jeune prodige Lahav Shani, impressionnant en seconde partie par sa direction du Pelléas et Mélisande de Schoenberg.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 18/05/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La majorité des concerts de l’Orchestre philharmonique de Radio France cette saison auront vu s’insérer des pièces de musique de chambre. Pour celui de mai avec Renaud Capuçon, seuls le soliste et le chef du jour, également pianiste, entrent d’abord sur la scène de l’Auditorium de Radio France. La Sonate pour violon et piano est le dernier ouvrage achevé par Claude Debussy, moins d’un an avant sa mort, créé alors par le compositeur au piano, aux côtés du violon de Gaston Poulet, père de Gérard, violoniste encore passionnant l’an passé au Théâtre des Champs-Élysées.

    La tradition s’est perpétuée jusqu’au plus brillant élève de ce dernier : Renaud Capuçon, magnifique de dextérité autant que de finesse et d’intelligence dès l’Allegro vivo. Une fois de plus, la maturité de jeu acquise aujourd’hui par le soliste s’associe parfaitement avec la sonorité plus intimiste du Guarneri qui a remplacé les Stradivarius précédemment passés par ses mains. Lahav Shani ne dévoile pas sur son Steinway un style issu de la même école, mais sait se montrer discret en même temps que sensible par le geste.

    Les deux artistes reviennent ensuite pour la Sonate de Ravel, et cette fois le Philhar’ est aussi de la partie grâce à la transcription réalisée pour Capuçon en 2016 par Yan Maresz. L’orchestration n’a pas le génie de Ravel, mais au moins reste-t-elle fidèle au compositeur, souvent emportée vers des sons blues, voire à plusieurs occasions vers l’Enfant et les sortilèges. La partition pour violon, intacte, bénéficie autant que la précédente d’une inspiration subtile. En bis, Clair de lune dans sa mouture pour violon et piano ramène à Debussy avec une superbe intériorité.

    Le Philharmonique revient au grand complet avec Lahav Shani, pas encore trentenaire et déjà sans partition pour interpréter l’extrêmement complexe poème symphonique Pelleas und Melisande, un an exactement après la proposition pleine de mystère de Louis Langrée in loco avec l’ONF. On entre avec le chef israélien tout aussi directement qu’avec le Français dans le chef-d’œuvre de Schoenberg, mais ici la direction reste plus purement symphonique que narrative.

    La première scène de la forêt ne cherche alors pas tant le climat que le travail des masses, avec une superbe densité des cordes, et juste après la chaude intervention de la clarinette basse, un traitement particulièrement intéressant du contrechamp des contrebasses. Si Chant du destin il y a dans cette première scène, c’est assurément celui du jeune prodige au pupitre, car il ne cherche ici surtout qu’à déployer le Lento comme un mouvement symphonique, sans raconter l’histoire de Maeterlinck que l’on peut rapprocher en filigrane.

    Tout le reste de la pièce est de la même tenue, avec une gestion des ruptures comme des équilibres irréprochable, dont se dégage une véritable maturité déjà identifiable lors d’une superbe Pathétique de Tchaïkovski à la Philharmonie. Il est alors seulement regrettable que les individualités de l’orchestre manquent de caractère, comme le violon étriqué d’Hélène Colerette, ou les deux soli jamais énigmatiques du cor anglais. Sur cette même scène l’an passé, les premiers pupitres de l’Orchestre national de France avaient su se montrer plus identifiables mais il reste au Philharmonique sa densité de cordes, sans doute les plus compactes de France, pour accompagner la direction génialement prometteuse d’un artiste dont on va beaucoup parler dans l’avenir.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 18/05/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Lahav Shani, avec la participation du violoniste Renaud Capuçon à l’Auditorium de Radio France, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Sonate pour violon et piano
    Lahav Shani, piano
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Sonate pour violon
    Orchestration de Yan Maresz
    Renaud Capuçon, violon
    Arnold Schoenberg (1874-1951)
    Pelléas et Mélisande, poème symphonique op. 5
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Lahav Shani

     


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