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CRITIQUES DE CONCERTS 18 octobre 2019

Concert Sibelius du London Symphony Orchestra sous la direction de Michael Tilson Thomas, avec la participation du violoniste Ray Chen au Festival de Pentecôte de Baden-Baden 2018.

Du grand spectacle à l’épure
© Art Streiber

Programme tout Sibelius enthousiasmant avec un Ray Chen laissant une impression mitigée, entre grande éloquence et aspect tzigane seyant peu au nordique Sibelius. Michael Tilson Thomas propose quant à lui une lecture épurée des deux dernières symphonies du maître finlandais, ce qui convient particulièrement bien à la Sixième.
 

Festpielhaus, Baden-Baden
Le 21/05/2018
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • C’est un programme de festival de Pentecôte enthousiasmant que proposait Michael Tilson Thomas à la tête du London Symphony Orchestra avec le Concerto pour violon et les deux dernières symphonies de Sibelius.

    Pour le concerto, Ray Chen, remplaçant Janine Jansen initialement prévue, séduit par une grande éloquence, un beau sens du discours et de la progression dramatique – superbe fin de premier mouvement par exemple. Mais le violoniste australien adopte par ailleurs un jeu nerveux et énergique avec un son souvent cherché très au fond de la corde, au risque de distiller quelques sonorités râpeuses à la limite de la saturation. Cette esthétique presque tzigane voire spectaculaire sied moyennement à Sibelius, tout virtuose que soit le concerto.

    Le contraste avec la direction de Michael Tilson Thomas est assez notable : le chef américain, quoiqu’un peu raide et sans guère chercher de contact avec le soliste, installe un climat très poétique, avec un superbe modelé des lignes mélodiques et une grande précision rythmique. Quelques éclats donnent un beau relief au discours mais le chef atténue par trop l’orchestre afin de ne pas couvrir un soliste pourtant au son fort généreux.

    Chen propose ensuite deux bis dont un impressionnant Caprice n° 21 de Paganini dont il ne fait qu’une bouchée avec d’impeccables sixtes parallèles et un staccato éblouissant. La Gavotte en rondeau de la Troisième Partita de Bach offre quant à elle une finesse dont on aurait peut-être souhaité qu’elle irrigue davantage dans le concerto de Sibelius.

    MTT affiche ensuite dans la Sixième Symphonie du Finlandais la même délicatesse qu’il mettait dans le concerto et permet à cette musique qui fonctionne par superpositions de strates sonores de parfaitement s’épanouir grâce à un geste large mais non emphatique. Il est en cela aidé par la beauté sonore du London Symphony avec, notamment, des cordes somptueuses qui magnifient le discours sibélien. Ainsi porté, Tilson Thomas offre une magnifique lecture de la symphonie avec une profondeur de ton étreignante, notamment dans les dernières mesures.

    Le chef aborde la Septième avec le même geste, mais les symphonies étant très différentes, ce dernier semble moins convenir au « Parsifal de Sibelius Â» comme le chef Serge Koussevitski surnommait la dernière symphonie du compositeur. En adoptant des tempi plutôt allants et en modérant leurs changements, la battue refuse tout pathos mais en vient du coup à offrir un discours presque léger, sans guère de densité. Les solos de trombone ressortent à peine de la masse orchestrale et n’aident donc pas à soulever l’auditeur comme dans tant d’autres interprétations. Une lecture un peu désarmante donc, mais reste l’absolue beauté de cet orchestre qui est un baume pour l’oreille.




    Festpielhaus, Baden-Baden
    Le 21/05/2018
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Concert Sibelius du London Symphony Orchestra sous la direction de Michael Tilson Thomas, avec la participation du violoniste Ray Chen au Festival de Pentecôte de Baden-Baden 2018.
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Concerto pour violon et orchestre, op. 47
    Ray Chen, violon
    Symphonie n° 6 op. 104
    Symphonie n° 7 op. 105
    London Symphony Orchestra
    direction : Michael Tilson Thomas

     


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