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CRITIQUES DE CONCERTS 09 aoűt 2020

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de David Zinman, avec la participation du pianiste András Schiff à la Philharmonie de Paris.

Zinman toujours royal

À 81 ans, David Zinman n’a rien perdu de sa maîtrise et le prouve une fois encore à la Philharmonie de Paris avec l’Orchestre de Paris pour un programme composé de deux raretés, l’une d’Honegger et l’autre de Koechlin, avant un Concerto pour piano n° 4 de Beethoven duquel se démarquent les soli du premier violoncelle et la main gauche d’András Schiff.
 

Philharmonie, Paris
Le 23/05/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le chef amĂ©ricain qui entre sur la scène de la Philharmonie n’a plus vingt ans et n’est plus assistant de Pierre Monteux depuis plus de soixante ans, mais son pas fatiguĂ© n’ôte rien Ă  la qualitĂ© de sa battue ni Ă  sa superbe technique. David Zinman retrouve une formation qu’il connaĂ®t parfaitement, pour l’avoir dirigĂ©e Ă  de nombreuses reprises depuis plusieurs dĂ©cennies et la dernière fois 2016.

    Il revient avec une première partie passionnante par sa rareté, qui débute par une Symphonie n° 2 d’Honegger bien trop rare au concert. Évidemment, David Zinman ne possède pas devant lui la même densité de cordes que celle que le discophile a pris l’habitude d’entendre dans le célèbre enregistrement de Karajan, et utilise à l’inverse l’Orchestre de Paris à travers sa transparence, même s’il maintient un son globalement âpre et noir tout au long de l’ouvrage, celui d’une longue déploration face à l’une des premières symphonies de guerre écrites.

    Les premiers violons usent d’un staccato bien marqué dans les deux parties dynamiques du Molto moderato, tandis que les violoncelles présentent des sons rauques parfaitement adaptés à la gravité de l’ouvrage. Inévitablement et même si elle est ad libitum, ce qui veut dire ici proposée par Honegger avec une certaine liberté d’utilisation, la trompette s’ajoute à l’effectif de cordes pour prolonger l’émotion dans la coda du Finale.

    Le scherzo Les Bandar-Log interprété ensuite permet l’entrée véritable au répertoire de l’Orchestre de Paris du compositeur Charles Koechlin. Tiré du Livre de la jungle écrit sur quarante ans d’après le récit de Kipling, ce poème symphonique est peut-être le plus abouti du cycle. D’une petite vingtaine de minutes, il singe les compositions ou le style des contemporains de Koechlin à l’image des animaux du récit, sans respect des conventions.

    Zinman y évite tout effet parodique pour rechercher dans la continuité de la première pièce une interprétation lascive, qui prend le temps de développer tous les inserts de la partition et d’en faire ressortir les coups de génies, plutôt que d’amuser avec les thèmes faciles comme celui récupéré de la chanson populaire J’ai du bon tabac. Là encore l’orchestre offre à l’ouvrage toute sa transparence, non seulement aux cordes, mais maintenant aussi aux bois, ainsi qu’aux harpes, célesta et glockenspiel.

    Retour en seconde partie au grand répertoire Quatrième Concerto de Beethoven, et retour devant la formation parisienne après vingt-sept ans d’absence d’András Schiff. L’introduction au piano ne dépareille pas avec ce que l’on connaît de l’artiste et expose une vision de Beethoven classique autant qu’introvertie et équilibrée, à laquelle l’orchestre s’accorde parfaitement.

    De cette interprétation ressort toutefois surtout la connaissance parfaite de la pièce par toutes les parties permettant de superbes moments, comme les sublimes soli du violoncelle dans l’Andante con moto. Se démarque également l’incroyable autonomie de la main gauche du pianiste, comme si la droite était programmée pour jouée seule l’exacte partition tandis que l’autre se permet de légères accentuations. La même sensation de dextérité contenue et d’indépendance ressort des deux bis offerts, le Second Impromptu op. 90 de Schubert, puis Fast zu ernst des Scènes d’enfants de Schumann.




    Philharmonie, Paris
    Le 23/05/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de David Zinman, avec la participation du pianiste András Schiff à la Philharmonie de Paris.
    Arthur Honneger (1892-1955)
    Symphonie n° 2 pour cordes (et trompette ad libitum), H. 153
    Charles Koechlin (1867-1950)
    Les Bandar-Log (Scherzo des Singes), poème symphonique, op. 176
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour piano n° 4 en sol majeur op. 58
    András Schiff, piano
    Orchestre de Paris
    direction : David Zinman

     


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