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CRITIQUES DE CONCERTS 23 octobre 2018

Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Pascal Rophé à l’Auditorium de la Maison de la Radio, Paris.

Génération 80
© Marc Roger / ONPL

Invité pour un soir de l’Orchestre national de France, Pascal Rophé interprète son répertoire de prédilection avec trois ouvrages de la première moitié du XXe siècle, tous d’apparence plus moderne que le Double Concerto pour violon et violoncelle de Dusapin inscrit au milieu, intéressant surtout pour la prestation de l’artiste Viktoria Mullova.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 24/05/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Contemporain du Pelleas und Melisande d’Arnold Schoenberg programmé la semaine précédente, Im Sommerwind doit lui aussi son inspiration à un poème, mais plutôt que Maeterlinck, l’utilisation par Anton Webern d’un texte de Bruno Wille convie encore moins à en rechercher une transcription en musique. Cette liberté de la partition du jeune compositeur d’à peine plus de vingt ans se ressent également dans le geste sans baguette de l’actuel directeur de l’Orchestre national des Pays de la Loire Pascal Rophé, comme dans celui des musiciens de l’ONF présents sur scène à Paris.

    Loin de la pesanteur des célèbres interprétations germaniques de l’œuvre, celle de Rophé se veut plus souple en même temps qu’elle expose de belles sonorités aux bois comme à l’archet du premier violon Luc Héry. La naissance du son à la façon du prélude de l’Or du Rhin de Wagner ou de la Symphonie alpestre de Strauss dévoile la direction ouverte du chef ainsi que sa capacité à aborder l’ouvrage dans sa globalité et non comme chez beaucoup de directeurs musicaux aujourd’hui par l’association de ses parties.

    Création en France du compositeur français contemporain le plus célèbre, le Double Concerto pour violon et violoncelle de Dusapin, nommé At Swim-Two Birds a déjà été repris depuis sa création à Amsterdam en 2017 sous la direction de Markus Stenz. Viktoria Mullova et son mari Matthew Barley portent à nouveau l’œuvre qui leur est dédicacée, mais ici la technique de composition symphonique semble présenter plus de facilité et moins de génie que celle des ouvrages pour plus petits ensemble du maître, à l’instar des quatuors ou du cycle de lieder O Mensch !.

    L’orchestration du double concerto démontre évidemment une écriture aboutie dès la fuite de la dernière note du premier solo de Mullova vers les bois, mais à la simplicité de cellules répétitives s’ajoute une partie plus terne pour le violoncelle, globalement moins sonore et au caractère relativement peu affirmé de Barley. Heureusement, un entracte sépare cet ouvrage contemporain de deux œuvres écrites un siècle plus tôt, finalement d’apparence plus moderne que la partition de Dusapin.

    Le Chant du rossignol d’Igor Stravinski remet en avant la qualité de Pascal Rophé, bien que sa direction se montre ici modeste, dans le sens positif du terme lorsqu’elle n’intègre pas la personnalité de l’interprète au génie de la partition, en plus de maintenir un équilibre constant entre chaque musicien, mais avec une légère déception quant au manque de concentration des masses et à la non caractérisation de certaines parties, malgré la qualité d’instrumentistes à l’image de la flûte et des deux clarinettes, notamment lors du .

    Présenté en dernier, Arcana de 1927 est la troisième pièce de la soirée d’un compositeur né au début des années 1880, le quatrième aussi important de cette génération, Béla Bartók devant attendre le concert du lendemain pour trouver cette même scène. Moins célèbre que les trois autres aujourd’hui, Edgar Varèse prend un peu plus son essor chaque année dans les programmations et fascine par la puissance des quelques heures de musique qu’il a offertes à l’éternité. Là encore, la direction ne joue pas la concentration du son, mais s’offre le risque de ruptures de rythmes périlleuses en plus de gérer avec brio la balance entre les percussions, les cuivres et le reste de l’orchestre.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 24/05/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Pascal Rophé à l’Auditorium de la Maison de la Radio, Paris.
    Anton Webern (1883-1945)
    Im Sommerwind, idylle pour grand orchestre
    Pascal Dusapin (*1955)
    Double Concerto pour violon et violoncelle, « At Swim-Two-Birds »
    Création française
    Viktoria Mullova, violon
    Matthew Barley, violoncelle
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le Chant du rossignol, poème symphonique
    Edgard Varèse (1883-1965)
    Arcana
    Orchestre national de France
    direction : Pascal Rophé

     


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