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CRITIQUES DE CONCERTS 20 juillet 2018

Concert-anniversaire du Freiburger Barockorchester avec la participation du pianiste Kristian Bezuidenhout au Konzerthaus de Fribourg-en-Brisgau.

Beethoven au ras des notes
© Annelies van der Vegt

Curieux concert-anniversaire pour les trente ans du Freiburger Barockorchester tant au niveau du programme que des choix pour le présenter au public. Si les pages anciennes permettent à l’ensemble de briller et de mettre en valeur la subtilité de Kristian Bezuidenhout au piano, la Symphonie n° 9 de Beethoven pèche par l’absence d’un vrai chef.
 

Konzerthaus, Freiburg im Breisgau
Le 14/06/2018
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • Le Freiburger Barockorchester, l’une des meilleures formations sur instruments anciens, fête cette année ses trente bougies. Après Schumann, il poursuit son exploration du répertoire romantique avec Beethoven, déjà entamée cet hiver avec les deux derniers concertos pour piano, et poursuivie cette fois avec la Neuvième Symphonie. Le programme de ce concert-anniversaire est surprenant, faisant côtoyer Telemann, Carl Philipp Emanuel Bach et Beethoven.

    La rare Suite de Telemann, d’une riche matière musicale et faisant parfois penser à Bach ou Rameau, permet à l’ensemble de briller de ses superbes sonorités, notamment celles de ses suaves traversos. On sent un souci de la part du premier violon Petra Müllejans, qui guide l’ensemble depuis son instrument, de favoriser les sonorités les plus douces possibles. Si l’on pourrait souhaiter un peu plus de nervosité dans les danses qui mettent si souvent le rythme pointé à l’honneur, l’ensemble est cependant de belle facture.

    Le Concerto pour piano en ut majeur Wa. 20 de Carl Philipp Emanuel Bach permet de retrouver le pianiste Kristian Bezuidenhout qui avait joué si magnifiquement les concertos de Beethoven in loco. On goûte de nouveau avec infiniment de plaisir les qualités de toucher et de finesse de ce musicien unique sachant capter l’auditoire en quelques notes. L’orchestre lui répond avec des archets extrêmement précis et parlant d’une seule voix de manière assez confondante. Pour autant, et pour faire davantage un pont entre baroque (Telemann) et romantisme (Beethoven), l’extraordinaire Double concerto pour clavecin et piano du même Carl Philipp eût été bienvenu.

    La Neuvième Symphonie de Beethoven sur instruments anciens n’est plus une exception : Hogwood, Brüggen, Gardiner ou Immerseel s’y sont illustrés et certains ont durablement marqué la discographie. Les références sont ainsi nombreuses et il est impossible de ne pas faire la comparaison. À ce jeu, il faut avouer que notre déception est assez grande. Malgré un effectif renforcé, la sonorité d’ensemble paraît un peu déséquilibrée entre vents et cordes, ces dernières sans doute trop peu nombreuses. Les timbales bien trop présentes par moments contribuent à ajouter un certain malaise à l’écoute. Par ailleurs, les timbres ne sont pas toujours séduisants (hautbois, cor solo) et quelques fragilités parsèment l’exécution.

    Mais surtout, l’interprétation pèche par l’absence d’une vraie incarnation. Est-ce dû au fait que la symphonie est dirigée par l’un des violonistes de l’ensemble (pourtant coutumier du fait), Gottfried von der Goltz, mais le résultat ressemble davantage à une lecture qu’à une vraie interprétation ? Il ne fallait donc pas chercher ce soir de grandeur ou de volonté d’universalité mais l’absence de mystère (notamment dans le premier mouvement) voire de relief, les tempi rapides et parfois une certaine raideur font que l’on traverse l’ouvrage sans être particulièrement captivé.

    L’équipe de solistes réunie pour le Finale est plutôt convaincante, surtout chez les hommes. Mais quelle idée de les faire sortir entre chacune de leurs interventions, ces allers-retours, comme dans un opéra, étant tout à fait incompréhensibles ! Le plus surprenant reste pourtant l’entrée du chœur, installé sur un balcon latéral et donc trop éloigné de l’orchestre pour garantir une synchronisation satisfaisante, et qui chante sa première intervention assis.




    Konzerthaus, Freiburg im Breisgau
    Le 14/06/2018
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Concert-anniversaire du Freiburger Barockorchester avec la participation du pianiste Kristian Bezuidenhout au Konzerthaus de Fribourg-en-Brisgau.
    Georg Philipp Telemann (1681-1767)
    Ouverture (Suite) en mi mineur, TWV 55:e1
    violon et direction : Petra Müllejans
    Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788)
    Concerto pour piano, cordes et basse continue en Do majeur, Wq. 20 (H. 423)
    hammerklavier et direction : Kristian Bezuidenhout
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n° 9 en ré mineur op. 125
    Anna Lucia Richter, soprano
    Sophie Harmsen, slto
    Julian Prégardien, ténor
    Tareq Nazmi, basse
    RIAS Kammerchor
    Freiburger Barockorchester
    direction : Gottfried von der Goltz

     


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