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CRITIQUES DE CONCERTS 22 juillet 2018

Nouvelle production de Lohengrin de Wagner dans une mise en scène de David Alden et sous la direction d’Andris Nelsons au Royal Opera House de Londres.

Le retour du cygne
© Clive Barda

À quelques mois d’une reprise du Ring, le Royal Opera House de Londres programme en cette fin de saison une nouvelle production de Lohengrin dans une mise en scène moderne de David Alden soutenue par la direction raffinée d’Andris Nelsons, accompagné d’une distribution où trône toujours le ténor de la décennie dans le rôle-titre, Klaus Florian Vogt.
 

Royal Opera House, Covent Garden, London
Le 17/06/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Dès le premier soir du remplacement de Jonas Kaufmann à Bayreuth, Klaus Florian Vogt avait obtenu plus d’un quart d’heure d’applaudissements et validé a minima son engagement pour les dix étés à venir dans le sanctuaire wagnérien. Depuis, il s’est imposé comme le Lohengrin de référence grâce à un timbre surnaturel, idéal encore aujourd’hui sur la scène londonienne.

    Son entrée dans un décor ce soir néfaste pour les voix n’offre pas la même acoustique ouatée que sur la Colline verte, mais In fernem Land magiquement interprété au milieu d’un public au silence absolu, même s’il ne retrouve pas complètement le niveau d’exception d’un incroyable soir de répertoire à Berlin en 2015, possède la subtilité d’un chant déjà porté sur les sommets à la fin du II.

    Covent Garden récupère également le chef de la dernière production de Bayreuth et les cimes atteintes par Andris Nelsons, à nouveau d’un art de la douceur mêlé de capacité à dynamiser les scènes d’action. La subtilité des cordes de l’orchestra du Royal Opera House permet un sublime nappage des épisodes les plus sensibles, quand des cuivres, les cors et trombones surpassent en netteté les trompettes placées sur scène ou en loges. L’impeccable volume et placement des percussions crée à lui seul des instants de magie, comme la cymbale parfaite juste avant la fin d’un splendide prélude, tandis que l’on doit citer l’imperturbable qualité du hautbois durant toute la représentation.

    Kristine Opolais prévue pour Elsa a quitté la production il y a un mois, laissant la place à Jennifer Davis pour son premier grand rôle wagnérien. L’artiste ne montre évidemment pas la prestance de ses aînés sur le plateau, mais livre une prestation de caractère et développe un chant intelligible et pur, sensible dès son apparition au sortir d’une trappe, comme une jeune femme juive libérée après des années d’enfermement dans ce décor d’après-guerre peu compréhensible.

    David Alden intègre l’action dans une Allemagne en ruine de la période communiste, pas assez développée pour magnifier la métaphysique du livret. Le dernier acte et son armée fantomatique de soldats de la Première Guerre mondiale, rehaussée de drapeau de cygnes sur fond rouge et noir nauséabond, n’apporte pas non plus de clé de lecture à la magie du final, tandis que les costumes sont surtout basés sur l’idée simplificatrice du noir pour le couple Telramund et du blanc pour les deux héros.

    Seul le roi Heinrich s’entiche encore d’une couronne, dont l’absence de joyaux n’occulte pas la prestation pleine et profonde de la basse Georg Zeppenfeld. Son Héraut, Kostas Smoriginas, profite de sa dernière intervention pour se faire mieux entendre qu’au lever de rideau. Thomas J. Mayer annoncé souffrant à partir du II tient tout de même Friedrich jusqu’au bout, mais sa projection au départ peu audible à cause du décor ne bénéficie d’un plateau revenu à nu à l’avant-scène à partir du II.

    Sa femme Ortrud, tenue par Christine Goerke, aurait dû profiter de la même annonce pour se dire elle aussi gênée, car si la voix reste puissante et le timbre noir excelle à porter les penchants nerveux du personnage, l’aigu déraille parfois et le bas-médium régulièrement touché dénature à l’occasion la ligne. L’excellent chœur du Royal Opera House pâtit d’une diction peu idiomatique, mais plusieurs grandes scènes impressionnent par la gestion du chef et sa capacité à détacher avec intelligence les groupes pour identifier tout le génie de Wagner dans l’écriture des parties chorales.




    Royal Opera House, Covent Garden, London
    Le 17/06/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Lohengrin de Wagner dans une mise en scène de David Alden et sous la direction d’Andris Nelsons au Royal Opera House de Londres.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Lohengrin, opéra romantique en trois actes (1850)
    Livret du compositeur

    Royal Opera Chorus
    Orchestra of the Royal Opera House
    direction : Andris Nelsons
    mise en scène : David Alden
    décors : Paul Steinberg
    costumes : Gideon Davey
    éclairages : Adam Silverman
    vidéos : Tal Rosner
    préparation des chœurs : William Spaulding

    Avec :
    Georg Zeppenfeld (König Heinrich der Vogler), Kostas Smoriginas (Héraut), Thomas J. Mayer (Friedrich von Telramund), Christine Goerke (Ortrud), Jennifer Davis (Elsa von Brabant), Klaus Florian Vogt (Lohengrin), Konu Kim, Thomas Atkins, Gyula Nagy, Simon Shibambu (Quatre Nobles), Katy Batho, Deborah Peake-Jones, Dervla Ramsay, Louise Armit (Quatre Suivantes), Ruben Nelson McAlister Antunes (Gottfried).

     



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