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CRITIQUES DE CONCERTS 18 aoűt 2019

Reprise d’Arabella de Strauss dans la mise en scène d’Andreas Dresen, sous la direction de Constantin Trinks au festival d'été de Munich 2018.

Munich 2018 (1) :
Bella Zdenka

© Wilfried Hösl

Repris un seul soir au Festival d’été 2018, Arabella de Richard Strauss permet d’entendre à nouveau Anja Harteros dans l’un de ses rôles fétiches, au côté de la magnifique Zdenka d’Hanna-Elisabeth Müller et de parents dynamiques grâce à l’Adélaïde de Doris Soffel et au Comte Waldner de Kurt Rydl.
 

Nationaltheater, MĂĽnchen
Le 07/07/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • CrĂ©Ă©e au Festival d’étĂ© de 2015 sous la direction de Philippe Jordan, la production d’Arabella d’Andreas Dresen dĂ©jĂ  reprise en 2016 par Constantin Trinks revient Ă  Munich pour une seule soirĂ©e. L’opĂ©ra sera rejouĂ© en version de concert au Théâtre des Champs-ÉlysĂ©es l’an prochain, puis Ă  nouveau pour quelques reprĂ©sentations munichoises, avec une distribution quasi identique depuis la première.

    La carrière d’Hanna-Elisabeth Müller a pris un tournant après son impressionnante Zdenka au Festival de Pâques de Salzbourg en 2014, alors avec Christian Thielemann. Elle revient à Munich pour se montrer à nouveau référente dans le personnage, tant par le style que par l’esprit, superbe de crédibilité travestie en Zdenko à l’acte I, où la voix claire et parfaitement placée de la soprano lyrique offre une palette de nuances égale à la beauté des couleurs, pour une diction impeccable.

    Anja Harteros n’a plus le même éclat et si elle n’a jamais été célèbre pour ses excès de sensibilité, on regrette maintenant que la voix plafonne dans l’aigu. La soprano allemande se montre plus chaude de corps et de timbre en seconde partie, mais sa scène finale portée avec volume et vigueur s’adapte peu à la finesse et la volupté demandées par la partition. Thomas Johannes Mayer est un Mandryka énergique, bien ajusté à cette très difficile partie de baryton, bien que le chant manque de modulation en raison de teintes toujours grises.

    Les parents forment un couple impressionnant par l’âge de ses protagonistes et leur vaillance en scène : Doris Soffel (Adélaïde) déjantée à la superbe assise de graves, Kurt Rydl (Comte Waldner) encore très précis dans la diction en plus d’exposer une excellente projection. Des rôles tenus par l’ensemble de la Bayerische Staatsoper, le Matteo de Benjamin Bruns expose d’abord des aigus peu agréables avant de gagner en confiance et d’offrir une belle scène à l’acte final. Dean Power intéresse peu dans le court Elemer et convainc surtout moins que le Lamoral luxueux au médium très généreux d’un baryton en troupe à l’Oper am Rhein du nom de Torben Jürgens.

    La mise en scène d’Andreas Dresen basée sur un décor unique de doubles escaliers de Mathias Fischer-Dieskau transpose le dernier livret d’Hofmannsthal à l’époque de la composition, au moment où les Nazis commencent à prendre de l’importance en Allemagne. Retourné au troisième acte, l’escalier représente une croix qui évoque forcément la svastika, d’autant que les protagonistes sont sur le plateau en habits et képis d’un cuir peu rassurant.

    De ce concept ressort l’idée d’une bourgeoisie attirée vers le nazisme, à relier peut-être avec le compositeur de 1933, en même temps que la luxure, avec une scène de bal devenue images de débauche étonnamment proches du Balcon de Genet, dans lequel la guerre à l’extérieur absorbe moins les participants que leurs névroses sexuelles à l’intérieur. La Fiakermili d’une Gloria Rehm en manque de justesse dans l’aigu se retrouve donc maîtresse de cérémonie avec porte-jarretelles apparents sous une très courte jupe en cuir, et dans la main un fouet utilisé pour mâter le reste du plateau.

    Plutôt que le fouet, Constantin Trinks utilise la baguette pour tenir durant toute l’œuvre un chœur impeccable et une formation orchestrale idéale pour les partitions de Strauss. Les cuivres ne sont jamais pris en défaut et si la clarinette n’émeut guère au I, la superbe clarinette basse marque davantage au II, quand les équilibres parfaitement maintenus par le chef permettent à tout moment de s’adapter au mieux à l’action et aux besoins du plateau.




    Nationaltheater, MĂĽnchen
    Le 07/07/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise d’Arabella de Strauss dans la mise en scène d’Andreas Dresen, sous la direction de Constantin Trinks au festival d'été de Munich 2018.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Arabella, opéra en trois actes (1933)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Chor der Bayerischen Staatsoper
    Bayerisches Staatsorchester
    direction : Constantin Trinks
    mise en scène : Andreas Dresen
    décors : Mathias Fischer-Dieskau
    costumes : Sabine Greunig
    Ă©clairages : Michael Bauer
    préparation des chœurs : Sören Eckhoff

    Avec :
    Kurt Rydl (Graf Waldner), Doris Soffel (Adelaide), Anja Harteros (Arabella), Hanna-Elisabeth Müller (Zdenka), Thomas J. Mayer (Mandryka), Benjamin Bruns (Matteo), Dean Power (Graf Elemer), Johannes Kammler (Graf Dominik), Torben Jürgens (Graf Lamoral), Gloria Rehm (Die Fiakermilli), Heike Grötzinger (Cartomancienne), Milan Siljanov (Un serveur), Bastian Beyer (Welko), Verrann Lovric (Djura), Tjark Bernau (Jankel).

     



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