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CRITIQUES DE CONCERTS 21 août 2018

Nouvelle production d'Ariane à Naxos de Strauss dans une mise en scène de Katie Mitchell et sous la direction de Marc Albrecht au Festival d'Aix-en-Provence 2018.

Aix 2018 (1) :
Pâle Ariane

© Pascal Victor/artcompress

Bernard Foccroulle n’a pas eu la main heureuse avec le retour de cette Ariane à Naxos signée Katie Mitchell. Il est évident que les idées ne manquent pas mais l'ensemble débouche sur une lecture entre atonie et sophistication. Le très bon niveau du cast doit se contenter de la direction sans grand charisme de Marc Albrecht à la tête de l'Orchestre de Paris.
 

Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
Le 09/07/2018
David VERDIER
 



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  • La structure formelle d'Ariane garde la trace des échanges houleux entre Richard Strauss et Hugo von Hofmannstahl, s'opposant sur la question de savoir comment adapter le Bourgeois gentilhomme. De la réception critique de la première représentation résultera des modifications qui feront progressivement disparaître la référence à la pièce de Molière pour mieux mettre en valeur l'opposition entre comédie et tragédie.

    Katie Mitchell procède dès le prologue à des adaptations qui font notamment surgir des interventions parlées pas toujours nécessaires, que l'on doit à la plume du fidèle Martin Crimp, par ailleurs librettiste de Written on skin, premier succès aixois de la scénographe britannique. À ces ajouts pas vraiment décisifs se combine la présence des commanditaires dans la seconde partie – présence pesante qui a le tort de figer la partie du décor située à jardin qui devient par conséquent l'espace où se trouvent les spectateurs.

    Là où Alcina (et surtout Pelléas) utilisaient le décor de façon virtuose, on doit ici se contenter d'une proposition beaucoup plus classique. De plus, la présence d'un espace de la représentation derrière lequel apparaissent les acteurs attendant leur tour, crée une sorte de décalage continu qui plombe le rythme et le sens des scènes jouées. Saupoudrés avec soin tout au long des deux parties, un certain nombre de marqueurs identifient le travail de Mitchell en reliant Ariane à la série des productions précédentes.

    Ce sont, par exemple, ces contrastes entre effets de ralentis et vitesse normale ou bien le recours un brin répétitif à la question de l'inversion des genres dont on peine ici à dégager une fonction bien spécifique. Certes, le Maître à danser est montré en caricature d'inverti peroxydé à talons aiguilles, mais que penser de l'Homme le plus riche de Vienne, empruntant une longue robe de soirée à son épouse, elle-même portant le frac ? Même interrogation lancinante avec le spectacle de cette Ariane parturiente, expliquant potentiellement son abandon par Thésée par le fait qu'elle attend un enfant.

    Ce puzzle éclaté trouve grâce au plateau vocal un équilibre bien absent de la scène. Lise Davidsen remporte la palme de la soirée avec une Ariane qui marche dans les pas des grandes interprètes du rôle. La densité et le grain très étale donne au personnage une assise remarquable qui contraste avec le Bacchus étriqué et tout en force d’Éric Cutler. La véhémence et le relief du Compositeur d’Angela Brower ont fière allure, idéalement distribuée avec la voix très affirmée de Josef Wagner en Maître de musique.

    Rupert Charlesworth est un Maître à danser juché sur talons hauts, avec une belle projection et des aigus rayonnants. Très attendue pour ses débuts en Zerbinette, Sabine Devieilhe fait une démonstration de virtuosité très chorégraphique. Les couleurs sont d'un incarnat assez pâle, conséquence d'une ligne à la précision sans faille. Des défaillances dans la justesse déséquilibrent le trio des nymphes (Beate Mordal, Andrea Hill et Elena Galitskaya). Si le en même temps de la comédie et du tragique est scéniquement problématique, les compagnons de Zerbinette peinent à imposer un humour décidément victime de cette soirée.

    Les nuances étroites et monochrome qui s'élèvent de la fosse ne donnent pas à entendre autre chose qu'un accompagnement aux confins de la justesse et du prosaïsme. À la tête de l'Orchestre de Paris, Marc Albrecht ne cherche pas à dissimuler une vision de l'œuvre qui tourne le dos à la séduction et échoue sur un discours désespérément sec.




    Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
    Le 09/07/2018
    David VERDIER

    Nouvelle production d'Ariane à Naxos de Strauss dans une mise en scène de Katie Mitchell et sous la direction de Marc Albrecht au Festival d'Aix-en-Provence 2018.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Ariadne auf Naxos, opéra en un prologue et un acte (1916)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Orchestre de Paris
    direction : Marc Albrecht
    mise en scène : Katie Mitchell
    décors : Chloe Lamford
    costumes : Sarah Blenkinsop
    éclairages : James Farncombe

    Avec :
    Maik Solbach (le Majordome), Josef Wagner (le Maître de musique), Angela Brower (le Compositeur), Lise Davidsen (Primadonna / Ariadne), Éric Cutler (le Ténor / Bacchus), Petter Moen (l’Officier), Rupert Charlesworth (le Maître à danser), Jean-Gabriel Saint Martin (le Perruquier), Sava Vemić (le Laquais), Sabine Devieilhe (Zerbinetta), Huw Montague Rendall (Arlequin), Emilio Pons (Scaramouche), David Shipley (Truffaldino), Jonathan Abernethy (Brighella), Beate Mordal (Naïade), Andrea Hill (Dryade), Elena Galitskaya (Écho).

     



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