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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Reprise de la Flûte enchantée de Mozart dans la mise en scène de Simon McBurney, sous la direction de Raphaël Pichon au festival d’Aix-en-Provence 2018.

Aix 2018 (4) :
Retour gagnant

© Pascal Viotor - artcompress

Triomphal retour de la Flûte enchantée selon Simon McBurney sur la scène du Grand Théâtre de Provence, avec un plateau quasiment inchangé qui renouvelle ce petit miracle d'interprétation. L'Ensemble et le Choeur Pygmalion sont conduits de main de maître par leur directeur Raphaël Pichon, écrin aussi remarquable que séduisant pour porter la soirée au sommet.
 

Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence
Le 19/07/2018
David VERDIER
 



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  • Quatre ans après sa création, la Flûte enchantée par Simon McBurney revient à Aix pour sceller la fin du mandat de Bernard Foccroulle. L'ouvrage s'inscrit dans la plus pure tradition du festival, avec une ligne esthétique explicitement onirique et féérique. Dans la fosse, l'Ensemble Pygmalion succède à un autre orchestre sur instruments anciens, le Freiburger Barockorchester, toujours aussi peu approprié à l'acoustique du Grand Théâtre de Provence.

    La mise en scène s'articule autour d'un décor minimaliste signé Michael Levine, consistant en un immense plateau central qui s'abaisse et se soulève selon les scènes grâce à un système de poulies rudimentaires. Les chanteurs évoluant tantôt sous ou sur cette scène mobile sont environnés par les projections vidéo de Finn Ross, mêlant à la fois des extraits filmés et des effets réalisés en direct par deux techniciens manipulant de chaque côté du plateau des artefacts sonores et visuels filmés en gros plans et reproduits en fond de scène.

    Ces options donnent à la scénographie des contours de joyeuse improvisation qui convient parfaitement à la dimension morale du Singspiel. L'opposition des deux univers de la Reine de la Nuit et Sarastro se lit également dans un contraste sans équivoque entre celui qu'on pourrait associer à la figure bonhomme d'un patron d'industrie, tandis qu'elle incarne une mère acariâtre, soulignée par des déplacements en chaise roulante.

    Contraste également dans le fait de montrer l'innocence adolescente de Tamino et Pamina en exagérant le caractère de légèreté au moment où se déroulent les épreuves et que la mise en scène les montre suspendus à des filins et nageant au milieu de l'eau. Papageno joue la fonction du compagnon débonnaire, volontiers poltron, alcoolique et clochardisé. Inutile de chercher une profondeur et une gravité qui, de toute évidence, échappent à ce travail sans qu'on puisse y voir pour autant le signe d'une mauvaise qualité.

    La bonne surprise de cette reprise vient également de la bonne tenue de l'orchestre que dirige Raphaël Pichon. Le choix de tempi allants permet d'alléger le propos sans négliger les détails. Les choristes de Pygmalion réalisent des prouesses qui font rapidement oublier les réserves que nous pouvions émettre sur l'acoustique revêche du lieu. Fort d'un tel écrin, le plateau vocal développe des qualités et des points forts – à commencer par le Tamino de Stanislas de Barbeyrac, qui reprend le rôle qui avait lancé sa carrière il y a quatre ans. La voix a mûri dans le sens où le phrasé est beaucoup plus présent et signifiant.

    La Pamina de Mari Eriksmoen confirme les bonnes qualités dont elle faisait preuve dès la première année. L'aigu facile et délié se combine à merveille avec la voix de Tamino pour offrir un couple d'amoureux à la fois crédible et séduisant. Dimitry Ivashchenko incline son Sarastro du côté de Gurnemanz, avec une projection remarquable dans le grave alors que la Reine de la Nuit de Kathryn Lewek est gênée aux entournures par un timbre à la fois pâle et acide qui nuit au brio nécessaire dont elle doit faire montre, notamment dans Der Hölle Rache.

    Peu de surprise également chez le Papageno de Thomas Oliemans, touchant par le rendu humoristique d'un personnage entre Gérard Depardieu et Arlequin. Techniquement limité par un legato pas toujours naturel, il compense par un jeu d'acteur remarquable. Des lauriers pour le Monostatos de Bengt-Ola Morgny qui a le bon goût de ne pas caricaturer la vilenie de son personnage, ainsi que pour la Papagena émouvante et drôle de Lilian Farahani. Les trois enfants de la Chorkademie de Dortmund supplantent Trois Dames (Judith van Wanroij, Rosanne van Sandwijk et Helena Rasker) assez dépareillées dans les moyens et les intentions.




    Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence
    Le 19/07/2018
    David VERDIER

    Reprise de la Flûte enchantée de Mozart dans la mise en scène de Simon McBurney, sous la direction de Raphaël Pichon au festival d’Aix-en-Provence 2018.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Zauberflöte, Singspiel en deux actes (1791)
    Livret d’Emanuel Schikaneder

    Ensemble et Chœur Pygmalion
    direction : Raphaël Pichon
    mise en scène : Simon McBurney
    reprise de la mise en scène : Josie Daxter
    décors : Michael Levine
    costumes : Nicky Gillibrand
    éclairages : Jean Kalman
    vidéo : Finn Ross
    son : Gareth Fry

    Avec :
    Stanislas de Barbeyrac (Tamino), Mari Eriksmoen (Pamina), Kathryn Lewek (Die Königin der Nacht), Thomas Oliemans (Papageno), Lilian Farahani (Papagena), Dimitry Ivashchenko (Sarastro), Bengt-Ola Morgny (Monostatos), Judith van Wanroij (Erste Dame), Rosanne van Sandwijk (Zweite Dame), Helena Rasker (Dritte Dame), Christian Immler (Der Sprecher), Tristan Llŷr Griffiths (Erster Priester / Zweiter Geharnischter), Geoffroy Buffière (Zweiter Priester / Erster Geharnischter), Drei Knaben Chorakademie Dortmund.

     



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