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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2018

Nouvelle production de la Dame de Pique de Tchaïkovski dans une mise en scène de Hans Neuenfels et sous la direction de Mariss Jansons au festival de Salzbourg 2018.

Salzbourg 2018 (3) :
Au bord de l’épuisement

© Monika Rittershaus

Production laborieuse pour la Dame de Pique à Salzbourg, où le trublion Hans Neuenfels, sorti de quelques idées, sombre dans la convention, et où malgré une distribution correcte, la soirée croule sous la chape de plomb de la direction à bout de Mariss Jansons, qui ne parvient même plus à imposer, malgré quelques beaux moments, une mise en place convenable.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 18/08/2018
Yannick MILLON
 



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  • Il déclarait récemment qu’il ne continuerait sans doute pas très longtemps à diriger en fosse, tant l’exercice est devenu épuisant pour lui. On ne saurait contredire Mariss Jansons à l’issue de cette Dame de pique dont il ressort lessivé, et où il ne parvient plus à assurer le minimum de synchronisation nécessaire, défaillant dès lors que les chœurs, extrêmement décalés toute la soirée, sont concernés, et abandonnant à leur sort les chanteurs, relayés par un souffleur peu porté sur la discrétion.

    Les Wiener ont beau être en fosse et distiller leurs sortilèges habituels, avec leurs cordes qui feraient fondre du marbre et un hautbois merveilleusement présent, un sentiment de malaise demeure tout au long de la représentation, qui n’empêche pas certains moments magiques de naître (la mort d’Hermann, certaines plages du grand duo avec Lisa), mais qui confirme que le chef letton laisse s’installer chape de plomb, textures épaisses, tempi trop lents et un cruel manque de dramatisme (l’orage, brouillon, sans électricité) qui paralyse jusqu’à certains moments-clés de la partition (les Tri Karty de Tomski, l’air de Lisa, laborieux et statiques).

    Dans ces conditions, le plateau ne peut que modérément faire des étincelles. Sacrée depuis son remplacement éclair de Nina Stemme l’an passé dans Lady Macbeth de Chostakovitch, Evgenia Muraveva est toujours d’un feu intérieur qui porte le drame à lui seul, émission ardente, typiquement slave, à fleur de peau, qui bute seulement sur l’extrémité de la tessiture d’un rôle autrement aigu et endurant que la Tatiana d’Onéguine. D’Hermann, Brandon Jovanovich possède le timbre, solaire, loin des Heldentenors barytonnants, et une projection impeccable, mais son troisième registre blanchit au point de mettre en péril la stabilité de l’émission.

    © Monika Rittershaus

    Hanna Schwarz, qui vient de fêter ses 75 ans, a toute la noblesse requise par la Comtesse, jamais histrionique, phrasée avec de très beaux restes et une classe qui rend le personnage plus central encore qu’à l’ordinaire. La belle ligne châtiée du prince Eletski d’Igor Golovatenko marquera nettement plus que le haut registre mal assuré de Vladislav Sumilsky en Comte Tomski ou une Pauline dont la voix bouge plus que celle de la Gouvernante. Enfin, sans le problème évoqué plus haut et un accent exotique, les chœurs, homogènes et d’un bel impact, seraient exemplaires.

    Reste la mise en scène de l’enfant terrible Hans Neuenfels, dont on attendait une relecture cruelle et aiguisée qu’il ne prodigue que par dose homéopathique, beaucoup plus dans les scènes d’ensemble que dans la psychologie individuelle, avec quelques partis-pris sociaux, comme au lever de rideau cette armée de futurs petits soldats clonés, tenus en laisse par des nourrices dont les seins hypertrophiés disent la triste condition, l’apparition de la Grande Catherine en squelette, idole vénérée par un peuple aveugle, ou encore l’air d’Eletski où Lisa voit la vie de mère au foyer qui l’attend, attablée avec ses futures progénitures.

    Sorti de cela, une tournette qui ne fait que tourner en meublant faute de mieux au I, des décors plutôt élégants de Christian Schmidt, dont la chambre de la Comtesse, en pleine lumière et d’un blanc éclatant là où l’on attendait une scène nocturne mais d’une tenue théâtrale parfaite, pas un geste ou une attitude outrée ou grand-guignolesque malgré la sensualité active de la vieille dame, tentent de faire diversion sur l’aspect plutôt conventionnel de la mise en scène, qui pas plus que la direction ne permettra à cette Dame de pique de rentrer dans les annales de Salzbourg.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 18/08/2018
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de la Dame de Pique de Tchaïkovski dans une mise en scène de Hans Neuenfels et sous la direction de Mariss Jansons au festival de Salzbourg 2018.
    Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893)
    La Dame de pique, opéra en trois actes et sept tableaux op. 68 (1890)
    Livret de Modest Tchaïkovski d’après Pouchkine

    Salzburger Festspiele und Theater Kinderchor
    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
    Wiener Philharmoniker
    direction : Mariss Jansons
    mise en scène : Hans Neuenfels
    décors : Christian Schmidt
    costumes : Reinhard von der Thannen
    éclairages : Stefan Bolliger
    vidéo : Nicolas Humbert & Martin Otter
    préparation des chœurs : Ernst Raffelsberger

    Avec :
    Brandon Jovanovich (Hermann), Vladislav Sumilski (Tomski / Plutus), Igor Golovatenko (Eletski), Alexander Kravets (Tchekalinski), Stanilav Trofimov (Surin), Pavel Petrov (Tchaplitski), Gleb Periazev (Narumov), Oleg Zalitski (le Maître de cérémonie), Hanna Schwarz (la Comtesse), Evgenia Muraveva (Lisa), Oksana Volkova (Pauline / Daphnis), Margarita Nekrasova (la Gouvernante), Vasilia Berzhanskaïa (Mascha), Yulia Suleimanova (Chloé / Prilepa).

     



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