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CRITIQUES DE CONCERTS 23 septembre 2018

Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Herbert Blomstedt au festival de Salzbourg 2018.

Salzbourg 2018 (4) :
Blomstedt sans complexes

© Marco Borrelli

Fantastique concert de 11h à Salzbourg avec Herbert Blomstedt et les Wiener Philharmoniker, qui reçoivent une standing ovation pour leur programme Sibelius-Bruckner où le maestro suédois, en toute simplicité, assume plus que jamais et sans complexes des options tranchées, à la tête d’un orchestre des très grands jours.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 19/08/2018
Yannick MILLON
 



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  • Où sont les micros, où sont les caméras ? Alors que Salzbourg fait enregistrer et filmer de plus en plus de ses productions et concerts, on peut s’étonner que pas même une diffusion radio sur l’ORF ne soit prévue pour Herbert Blomstedt, 91 ans et en pleine forme, dans son répertoire de prédilection, dont la rare Quatrième Symphonie de Sibelius, que les Wiener donnent ce matin, phénomène à peine croyable, pour la première fois en public.

    Et quelle Quatrième ! Tournant le dos à la nouvelle approche du compositeur finlandais, chloroformée, proche de la musique spectrale et de textures arachnéennes aux frontières du silence, le vieux maestro assume des nuances plus traditionnelles, un orchestre fourni, quasiment identique à celui du Bruckner de la deuxième partie, en laissant fréquemment échapper, au milieu d’une écriture raréfiée, des éclairs de violence, trombones chauffés à blanc, timbales sismiques et cordes d’une fabuleuse intensité.

    Avec une pâte sonore radiographique, chaque détail mis en exergue, de la plus infime intervention des contrebasses du premier mouvement aux jeux rythmiques volontairement bancals du Finale, où un glockenspiel scintillant illumine les angoisses du discours sibélien, on a l’impression de redécouvrir cette partition fondamentale, monument de désolation irrigué par l’intervalle de quinte diminuée dont on sent plus que jamais la présence écrasante.

    Des Wiener en état de grâce font leur cette conception terrienne, tectonique, du violoncelle solo de Peter Somodari aux deux flûtes, d’un vibrato hypercontrôlé, en passant par un hautbois divinement timbré. Quant aux cordes, elles transcendent le Largo avec leur thrène central à donner le frisson, où une fois arrivés à leur sommet dans l’aigu, les violons renforcent leur densité en réattaquant dans le grave sans perdre une once de tension. Magistral.

    Après l’entracte, une autre Quatrième prend le relais, celle de Bruckner, dont Blomstedt est devenu l’un des interprètes d’élection. Alors qu’il défend généralement des tempi assez allants, le maestro, privé de tout complexe à son âge vénérable, ajoute de la majesté à son approche habituelle du compositeur, et laisse au mouvement initial une bonne marge de noblesse, sentiment confirmé par un Scherzo très assis, et un Trio chaloupé décrivant à la perfection les paysages ruraux de la Haute-Autriche.

    Plus serré, le mouvement lent, qui contrairement à la plupart des symphonies de Bruckner n’est pas le cœur de l’ouvrage, laisse passer de lointaines ombres en gardant à l’esprit le quasi allegretto complétant son indication Andante, avant un Finale – toujours le mouvement le plus composite et éparpillé chez le Maître de Saint-Florian – cohérent et unitaire comme rarement, qui n’a pas peur d’ouvrir les vannes, de laisser trombones, trompettes et cors outrepasser la rondeur et la nuance habituelles auxquelles s’astreignent les Wiener, sortis de leur zone de confort par un Blomstedt cultivant des tutti brillants, rustiques et râpeux.

    Triomphe et standing ovation pour le maestro au sommet de son art, qui dirige toujours debout et par cœur, sa petite partition d’étude fermée sur le pupitre. On en veut presque au Konzertmeister Rainer Honeck d’abréger trop vite ce moment de félicité en tournant les talons au bout de trois rappels pour lancer le retour en coulisse.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 19/08/2018
    Yannick MILLON

    Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Herbert Blomstedt au festival de Salzbourg 2018.
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Symphonie n° 4 en la mineur op. 63
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 4 en mib majeur « Romantique »
    Version 1878-1880, édition Leopold Nowak
    Wiener Philharmoniker
    direction : Herbert Blomstedt

     


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