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CRITIQUES DE CONCERTS 02 avril 2020

Concert de l’Orchestre du Théâtre Mariinski sous la direction de Valery Gergiev, avec la participation du pianiste Daniil Trifonov au Festival d’été de Baden-Baden 2018.

Baden-Baden 2018 :
Tout est dans le cure-dent

© Joachim Ladofaged

Programme proche du gavage alternant maladroitement partitions de Scriabine, Rachmaninov et Moussorgski mais magnifiquement défendu par un Gergiev très inspiré, toujours avec son cure-dent en guise de baguette, un Orchestre du Mariinski souverain et un Trifonov désarçonnant par un jeu limpide et intime dans le Deuxième Concerto de Rachmaninov.
 

Festpielhaus, Baden-Baden
Le 22/07/2018
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • Programme chargĂ© et ambitieux pour ce concert entre deux reprĂ©sentations d’Adriana Lecouvreur et après un premier concert la veille : les forces du Mariinski ne chĂ´ment jamais durant ce traditionnel Festival d’étĂ© de Baden-Baden se dĂ©roulant sur quatre jours oĂą les musiciens jouent chaque soir.

    On admire donc particulièrement, à un ou deux accrocs près, la santé et la superbe d’une phalange qui présente une magnifique sonorité des cordes, avec une profonde assise de contrebasses, une famille de bois et des cuivres à toute épreuve, et notamment la trompette qui a fort à faire tant dans Scriabine que dans Moussorgski.

    Surtout, on goûte une saveur colorée assez loin de la standardisation internationale des sonorités parfois décriée. Ici, les instruments se différencient par des couleurs qui frappent par leurs timbres individualisés. Le bonheur est d’autant plus grand que Gergiev est dans une grande forme. Très mobile, sans estrade, il se montre particulièrement engagé dans sa gestique. Le problème réside cependant dans le programme, très chargé on l’a dit, donné avec deux entractes, pour un concert d’une durée totale de 3h30 lourd à digérer.

    Car débuter par le Poème de l’extase de Scriabine, c’est commencer avec un immense chef-d’œuvre où le chef ossète excelle à varier les climats et où l’orchestre régale par ses sonorités, de la trompette glorieuse à souhait, des trombones et tubas formidablement présents aux bois scintillant de mille feux. Le climax est suivi, comme autrefois chez Svetlanov, d’un long silence (non écrit dans la partition), mais Gergiev distille aussi une certaine douceur à l’inverse de son aîné qui soulevait des montagnes.

    Vient ensuite le Concerto n° 2 de Rachmaninov avec le très attendu Daniil Trifonov au piano. Le prodige, à l’allure d’adolescent presque empoté, désarçonne par ses tempi assez rapides dans l’ensemble, un jeu sobre, presque intime, et des effets de zoom sur certaines pages qui semblent soudainement hors temps et très mystérieuses. Soutenue par un chef attentif, c’est une vision très personnelle et parfaitement pensée que nous offre le pianiste, raide à regarder sinon à écouter.

    Difficile de revenir à Scriabine après le premier entracte, surtout pour la symphonie Divin Poème, première grande page personnelle de son auteur, avant-goût des deux chefs-d’œuvre que seront le Poème de l’extase et Prométhée. L’inspiration est loin d’y égaler le Scriabine entendu en début de concert et ce long fleuve de trois mouvements enchaînés peine à passionner.

    Etait-il nécessaire de programmer les Tableaux d’une exposition de Moussorgski après un deuxième entracte ? Non, mais on ne le regrette pas tant l’interprétation offerte est splendide, pleine de contrastes et portée par un orchestre qui se couvre de gloire, du mystère bien campé avec force variations de tempo (mais avec un saxophone un rien démonstratif) dans le Vieux château aux bois piaillant joyeusement dans des Poussins au bord du désordre sans y tomber, aux Catacombes crépusculaires, pour finir par une Grande porte de Kiev allante et grandiose mais sans pathos excessif.

    Est-ce le célèbre cure-dent tenu dans la main droite de Gergiev qui empêche chef et orchestre de sombrer dans la grandiloquence ? Il n’est pas interdit de le penser...




    Festpielhaus, Baden-Baden
    Le 22/07/2018
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Concert de l’Orchestre du Théâtre Mariinski sous la direction de Valery Gergiev, avec la participation du pianiste Daniil Trifonov au Festival d’été de Baden-Baden 2018.
    Alexander Scriabine (1872-1915)
    Poème de l’extase, op. 54
    Symphonie n° 3 en ut mineur op. 43, « Divin Poème Â»
    SergueĂŻ Rachmaninov (1873-1943)
    Concerto pour piano n° 2 en ut mineur op. 18
    Daniil Trifonov, piano
    Modest Moussorgsky (1839-1881)
    Tableaux d’une exposition Orchestration de Maurice Ravel
    Orchestre du Théâtre Mariinski
    direction : Valery Gergiev

     


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