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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Jakub Hrůša, avec la participation du violoniste Renaud Capuçon et de la mezzo-soprano StĂ©phanie d'Oustrac Ă  la Philharmonie de Paris.

Le parfum de Janáček
© Zbynek Maderyc

InvitĂ© pour un programme dense et Ă©clectique cette saison devant l’Orchestre de Paris, le chef tchèque Jakub Hrůša ne parvient qu’à colorer l’œuvre de son compatriote Janáček après avoir accompagnĂ© la très belle voix de StĂ©phanie d’Oustrac dans ClĂ©opâtre de Berlioz et le violon plein de Renaud Capuçon dans le Deuxième Concerto de BartĂłk.
 

Philharmonie, Paris
Le 19/09/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Les rumeurs sur le second concert disent que le public a su rester calme pendant la pièce d’ouverture, The Unanswered Question de Charles Ives, pour laquelle le passionnĂ© n’a pu que s’insurger le premier soir face aux insupportables toux d’un public totalement dĂ©concentrĂ©. Pourtant le chef semblait avoir trouvĂ© un bel Ă©quilibre entre quatre superbes flĂ»tes face Ă  lui, des cordes cachĂ©es en arrière-scène et un trompettiste Ă©nigmatique au balcon.

    Ensuite entre sur la scène de la Philharmonie le violoniste français Renaud Capuçon, captivant lors de ces dernières prestations parisiennes, mais cette fois peu enclin à passionner dans le Concerto n° 2 de Béla Bartók, tant il ne parvient à tirer de cette partition ni la subtilité de l’utilisation des thèmes hongrois, ni une fascinante modernité toujours reléguée ici à un jeu trop abrupt, malgré la sonorité grave et pleine du beau Guarneri 1737. Le violoniste ne trouve pas d’aide dans une direction trop concentrée, elle aussi trop peu à l’aise avec des thèmes populaires que l’on ne reconnaît presque jamais et qui peinent à ressortir de l’ensemble, même des belles sonorités du basson et de la clarinette.

    L’entracte passé, le long programme se poursuit par la trop rare Cléopâtre d’Hector Berlioz, ouvrage occulté dans le répertoire pour mezzo-soprano et orchestre par les Nuits d’été du même compositeur, et dans lesquelles la charmante Stéphanie d’Oustrac s’est également déjà plongée. Elle est cette fois Reine d’Égypte et ravit par l’éclat d’une diction à laquelle ne manquent que les consonnes des fins de phrases, et peut-être une légère difficulté à nuancer la palette du beau médium dans la méditation. Le récitatif mesuré des dernières phrases est parfaitement accompagné par la gravité boisée des contrebasses, à la manière du char d’Octave pour escorter la reine dans la mort.

    Ă€ la première mesure de Taras Bulba de Leoš Janáček apparaissent des couleurs encore absentes de l’orchestre jusque-lĂ . On aimerait dire qu’il ne faut pas ĂŞtre tchèque pour comprendre parfaitement comment jouer cette musique, pourtant une fois encore, le chef de trente-sept ans confirme la règle et dĂ©montre Ă  quel point la culture a d’importance dans l’évidence Ă  porter une musique avec laquelle on est nĂ©. Le cor anglais d’un Orchestre de Paris lumineux passionne dès sa première intervention et mĂŞme si l’orgue n’emplit pas la Philharmonie comme il le devrait, il s’accorde Ă  la dynamique et Ă  la poĂ©sie de la rapsodie pour nous conduire vers une nouvelle mort, cette fois celle du hĂ©ros de Gogol, retranscrite avec gĂ©nie par un compositeur enfin programmĂ© comme il le mĂ©rite sur les scènes du monde.




    Philharmonie, Paris
    Le 19/09/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Jakub Hrůša, avec la participation du violoniste Renaud Capuçon et de la mezzo-soprano StĂ©phanie d'Oustrac Ă  la Philharmonie de Paris.
    Charles Ives (1874-1954)
    The Unanswered Question
    BĂ©la BartĂłk (1881-1945)
    Concerto pour violon n° 2
    Renaud Capuçon, violon
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Stéphanie d'Oustrac, mezzo-soprano
    Cléopâtre, scène lyrique
    Leoš Janácek (1854-1928)
    Taras Bulba, rhapsodie pour orchestre
    Vincent Warnier, orgue
    Orchestre de Paris
    direction : Jakub Hrůša

     


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