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CRITIQUES DE CONCERTS 05 avril 2020

Première à l’Opéra de Lorraine d’Aïda de Verdi dans la mise en scène de Staffan Valdemar Holm, sous la direction de Giuliano Carella.

SĂ©cheresse sur le Nil
© OpĂ©ra national de Lorraine

Décevante au niveau scénique, du fait d’un statisme et d’une direction d’acteurs absente ou assez caricaturale, cette production nancéenne d’Aïda en provenance de l’Opéra de Malmö séduit par une équipe musicale très solide avec la découverte d’un soprano lyrique verdien de tout premier ordre : Michelle Bradley, une artiste à suivre.
 

Opéra, Nancy
Le 30/09/2018
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • AĂŻda est un opĂ©ra qui nĂ©cessite une Ă©quipe musicale de très grande qualitĂ©. La partie orchestrale Ă©tant souvent fine et dĂ©licate, elle met particulièrement Ă  nu les chanteurs et rĂ©clame bien de l’habiletĂ© Ă  de nombreux pupitres de l’orchestre. Sur ce plan, la production de l’OpĂ©ra de Nancy est, une nouvelle fois, une rĂ©ussite.

    Le chef Giuliano Carella maîtrise parfaitement la partition, réussissant tant dans la délicatesse et l’élégance que dans la pompe et l’énergie nécessaires à certains (brefs) épisodes (Triomphe, scène du Jugement). L’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy, en constants progrès, lui répond d’un seul homme et affiche une très belle sonorité des cordes (jusqu’au délicat solo des contrebasses au IV) et de beaux solos dans les vents jusqu’aux fameuses trompettes, impeccables. Mêmes qualités dans les chœurs réunis de l’Opéra de Nancy et de celui de Metz, surtout une homogénéité remarquable pour deux formations associées le temps d’une production.

    La distribution est elle aussi d’une belle homogénéité avec des formats et des couleurs de voix tout à fait adéquats. Gianluca Terranova en Radamès affiche une voix typiquement latine, d’un timbre agréable et d’une très belle tenue vocale avec un aigu solide. Les nuances pourraient être plus nombreuses (à commencer par celle sur l’aigu final d’O celeste Aida) mais le chanteur reste tout à fait séduisant. Guère davantage de nuances hélas pour l’Amnéris d’Enkelejda Shkoza dont le timbre, plus commun, s’assourdit dans le grave (entaché par ailleurs d’un assez fort vibrato) mais dont l’aigu est glorieux. La chanteuse se montre par ailleurs particulièrement à l’aise en scène et impressionne par son incarnation.

    Si Alejandro Lopez en Roi d’Égypte ne marque pas beaucoup du fait d’une voix trop trémulante, il en va tout autrement du superbe Ramfis de Jean Teitgen, doté d’un timbre de bronze aux graves très sonores dont il use avec finesse. Lucian Petrean est seulement efficace en Amonasro tandis qu’on regrette le choix curieux pour la Prêtresse d’une voix assez épaisse et au vibrato marqué dépareillant dans les si belles pages qui lui sont dévolues.

    Mais c’est sans doute l’Aïda de Michelle Bradley qui marque ce soir le plus. La chanteuse américaine, qui faisait ses débuts en Europe, a le format exact du rôle : un grand soprano lyrique charnu, au registre grave solide et aux aigus superbes d’une puissance ravageuse (elle domine aisément les ensembles) mais qu’elle sait aussi émettre en sons filés (sauf, hélas, l’ut de l’Air du Nil, en force). On ne peut s’empêcher de penser à Leontyne Price ou Leona Mitchell en écoutant cette artiste sans doute promise à un très bel avenir.

    Avec tant d’atouts, il est dommage de s’ennuyer autant au niveau scénique. La production, créée à l’Opéra de Malmö en 2015, est d’une sécheresse digne du désert égyptien. Le décor unique, fait de grandes colonnes noires, est uniquement varié par les éclairages et les costumes (pas toujours bien seyants, surtout pour le rôle-titre) distillant des taches de couleurs. Si quelques chorégraphies dévolues au chœur sont réussies et agrémentent l’ensemble, la direction d’acteurs est très limitée et parfois caricaturale – les incessantes allées et venues des choristes pendant le ballet de la scène du Triomphe sont particulièrement lassants. L’ensemble est d’une terrible aridité et on se serait ennuyé ferme si l’équipe musicale n’avait été aussi glorieuse.




    Opéra, Nancy
    Le 30/09/2018
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Première à l’Opéra de Lorraine d’Aïda de Verdi dans la mise en scène de Staffan Valdemar Holm, sous la direction de Giuliano Carella.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Aïda, opéra en quatre actes (1871)
    Livret d’Antonio Ghislanzoni, d’après Mariette

    Chœurs de l’Opéra national de Lorraine
    Chœurs de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
    Orchestre symphonique et lyrique de Nancy
    direction : Giuliano Carella
    mise en scène : Staffan Valdemar Holm
    décors et costumes : Bente Lykke Moller
    Ă©clairages : Egil Barclay Hogenni Hansen
    chorégraphie : Jeanette Langert
    préparation des chœurs : Merion Powell & Nathalie Marmeuse

    Avec :
    Michelle Bradley (Aïda), Gianlucca Terranova (Radamès), Enkelejda Shkoza (Amneris), Lucian Petrean (Amonasro), Jean Teitgen (Ramphis), Alejandro Lopez (le Roi d’Egypte), Jennifer Michel (une prêtresse), Taesung Lee (un messager), Morgan de Quelen (danseuse).

     



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