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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Concert du cycle de musique de chambre dévolu à Brahms par la Société des Grands Interprètes au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Brahms transcendé

Deux heures de bonheur absolu au Théâtre des Champs-Élysées, grâce aux musiciens réunis par André Furno pour interpréter trois œuvres de musique de chambre de Brahms. Solistes de l’Orchestre Philharmonique de Berlin et de la Staaskapelle Berlin et Sunwook Kim, pianiste des plus rares, ont créé un état de grâce exceptionnel.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 14/10/2018
Claude HELLEU
 



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  • Chaleur de l’alto, complicité du piano : Amihal Grosz, alto solo des Berliner Philharmoniker, et Sunwook Kim donnent d’emblée sa vie la plus profonde à cette Sonate en fa mineur op. 120, chef-d’œuvre d’un Brahms au faîte de sa maturité. Il l’a transcrite de celle qu’il avait composée pour clarinette, deux instruments dont le timbre lui est particulièrement cher.

    Les deux solistes en pénètrent la passion contenue, en exaltent la détermination, en magnifient la violence, avec autant de naturel et de sobre intensité qu’ils jouissent de sa douceur. Tout est vérité de l’âme dans le jeu des résonances. Rêve éveillé, visionnaire d’une intimité indicible, l’Andante subjugue. Légèrement dansant, l’Allegro grazioso témoigne d’une humeur plus joueuse, avec le piano qui s’affirme en écho de l’alto, ou se pose d’une note sur son chant, le pénètre, l’incise. Vivace, le Finale célèbre la liberté, l’amour de la vie que la fusion des deux solistes incarne et transmet idéalement.

    Nous remontons à peine trois années dans le temps avec le Trio en la mineur op. 114, déjà le fruit d’un épanouissement ouvert sur des mariages de sonorités inhabituels. Et voici la clarinette qui rejoint le violoncelle, mêle sa pureté à sa volupté, grave, le piano participe en douceur à leur union. Sons soufflés, frottés, plaqués, tous devenus chant se fondent en phrasés clairs et rayonnants d’énergie.

    L’entente de Zvi Plesser, soliste du National Symphony Orchestra de Washington, de Wenzl Fuchs, soliste de l’Orchestre philharmonique de Berlin et digne successeur du clarinettiste Richard von Mühlfdeld qui, sous la direction de Hans von Bülow, avait conquis Brahms le compositeur, et de Sunwook Kim est tout simplement idéale. L’intimité des interprètes habite celle de la musique. L’Adagio chante l’amour. La richesse des couleurs, sombres parfois, lumineuses toujours, la fluidité rythmique célèbrent leur alliance. L’état de grâce ne cesse.

    Autre miracle : le Quintette en fa mineur op. 34 pour piano, deux violons, alto et violoncelle. Brahms a 30 ans. Sa jeunesse irradie l’œuvre dont ce soir nous serons comblés. Le piano donne le ton. Une indéfinissable noblesse, propre au jeu à la fois pénétrant et assuré du pianiste coréen, personnalise d’emblée le concerto que devient le quintette quand ses interprètes lui donnent une dimension symphonique sans occulter pour autant son caractère chambriste.

    La cohésion exceptionnelle de Guy Braunstein et Christoph Streuli aux violons, Zvi Plesser, Amihal Grosz et Sunwook Kim demeure celle de musiciens habitués à écouter l’autre dans les plus grands orchestres internationaux. Sans une faille dans leur avancée enivrante, les cordes suivent Kim, modestement immobile à l’arrière des archets, l’entourent, le prennent. La décision passionnée, la plénitude et la netteté des sonorités, la précision du moindre phrasé ensorcellent.

    Pause à l’ombre de l’Andante, le piano grave et souple tel le héraut de ce rêve éveillé. Chant visionnaire, que le Scherzo prolonge de ses découvertes. Ballade fascinante d’émotions multiples. Élasticité des rythmes, rebondissement des syncopes, éclats de la joie, crescendo de plaisirs, la complicité demeure idéale. La hardiesse du Finale transcende l’incandescence d’un lyrisme changeant, nuits et jours riches de leurs sentiments.

    L’ampleur du dramatisme croissant, l’euphorie d’être vivant atteignent des sommets enthousiasmants. Où triomphe une existence jamais à ce point évidente.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 14/10/2018
    Claude HELLEU

    Concert du cycle de musique de chambre dévolu à Brahms par la Société des Grands Interprètes au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Sonate pour piano et alto en fa mineur op. 120
    Amihal Grosz, alto
    Sunwook Kim, piano
    Trio pour piano, violoncelle et clarinette en la mineur op. 114
    Sunwook Kim, piano
    Zvi Plesser, violoncelle
    Wenzel Fuchs, clarinette
    Quintette avec piano en fa mineur op. 34
    Guy Braunstein, violon
    Christoph Streuli, violon
    Amihal Grosz, alto
    Zvi Plesser, violoncelle
    Sunwook Kim, piano

     


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