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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Reprise de l’Élixir d’amour de Donizetti dans la mise en scène de Laurent Pelly, sous la direction de Giacomo Sagripanti à l’Opéra de Paris.

Comme au premier jour
© Guergana Damianova

Pour cette reprise à l’Opéra Bastille de l’Élixir d’amour dans la mise en scène idéale de Laurent Pelly, tout fonctionne parfaitement, de la distribution avec les excellents Vittorio Grigolo, Lisette Oropesa et Étienne Dupuis, à la direction de Giacomo Sagripanti. La preuve qu’une mise en scène de répertoire peut garder sa fraîcheur comme à sa création.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 25/10/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Aujourd’hui, trois saisons après Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak, Vittorio Grigolo est Nemorino dans la mise en scène toujours si efficace de Laurent Pelly, pour cet Élixir d’amour de Donizetti entré aussi tard qu’en 1987 (et avec Luciano Pavarotti) au répertoire de l’Opéra de Paris. Le jeu d’acteur de Grigolo n’est pas connu pour sa subtilité, mais si Una Furtiva Lagrima, déclamé comme un air de bravoure, n’est pas le plus sensible de ces dernières années, que ce timbre est beau et que le legato est idéal pour porter duos et trios, ainsi que la première aria du II. Le chanteur sait aussi se montrer truculent lorsqu’il titube après avoir abusé d’élixir, et attachant lorsqu’il s’inquiète de ne plus attirer Adina.

    Elle chantait encore récemment sur cette même scène la Reine Marguerite des Huguenots, et pourtant Lisette Oropesa, Adina, mais de Rossini à Pesaro cet été et maintenant dans le personnage de Donizetti, parvient à passer sans problème chaque vocalise et à ressortir de tous les ensembles par un style étincelant et une impeccable tenue de la ligne de chant. Son dernier air trouve alors toute la souplesse et l’agilité qui lui convient, jusqu’à un sublime contre-ut tenu plusieurs secondes, avant la réponse de Nemorino puis la seconde partie de l’air, aussi parfaitement gérée.

    Étienne Dupuis ravit tout autant avec un Belcore fin, jamais surjoué ni emporté vers la facilité du rôle plus ingrat de baryton. La ligne droite s’accorde à un timbre très agréable porté par un médium plein qui rend hommage à toutes ses parties, notamment l’échange sur La donna è un animale… avec Nemorino au II. Gabriele Viviani convainc tout autant pour un Dottor Dulcamara facétieux, d’un grave parfait lorsqu’il faut convaincre la population et vendre l’élixir d’amour, en fait un simple vin de Bordeaux. Adriana Gonzalez en Giannetta se montre tout aussi remarquable dans ses interventions, assistée par une voix lyrique et un timbre pétillant.

    La mise en scène de Laurent Pelly apparue en 2006 à Paris montre comme sous Gerard Mortier, bien autant que sur des productions controversées, on savait aussi travailler sur des mises en scène de répertoire pour l’Opéra de Paris, ce que n’ont pas aussi bien réussi ses successeurs. Pour cette 43e représentation du spectacle, tout fonctionne comme au premier jour, des décors de Chantal Thomas aux beaux ballots de paille et à la roulotte de Dulcamara, en passant par le rideau et ses messages publicitaires pour l’élixir à l’entracte, en plus bien sûr des deux traversées toujours aussi magiques d’un Jack Russel sur scène.

    Le Chœur de l'Opéra sait donner de la présence bien qu’il semblait plus solaire il y a trois ans, surtout au II où les femmes se montrent parfois moins audibles. En fosse, l’orchestre trouve un langage fluide et latin sous la battue de Giacomo Sagripanti, particulièrement énergique pour toute la deuxième partie du I et les préparatifs de la noce à l’acte suivant, puis tout en finesse pour suivre le basson sous le grand air de Nemorino.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 25/10/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de l’Élixir d’amour de Donizetti dans la mise en scène de Laurent Pelly, sous la direction de Giacomo Sagripanti à l’Opéra de Paris.
    Gaetano Donizetti (1797-1848)
    L’Elisir d’amore, melodramma giocoso en deux actes
    Livret de Felice Romani d’après le Philtre d’Eugène Scribe pour Daniel-François-Esprit Auber

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Giacomo Sagripanti
    mise en scène : Laurent Pelly
    décors : Chantal Thomas
    costumes : Laurent Pelly
    éclairages : Joël Adam
    préparation des chœurs : Alessandro Di Stefano

    Avec :
    Lisette Oropesa (Adina), Vittorio Grigolo (Nemorino), Étienne Dupuis (Belcore), Gabriele Viviani (Dottor Dulcamara), Adriana Gonzalez (Giannetta).

     



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