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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Nouvelle production des Maîtres chanteurs de Wagner dans une mise en scène de Nigel Lowery et sous la direction d’Alexander Soddy au Nationaltheater Mannheim.

Cent cinquante ans de Maîtres chanteurs
© Hans Jörg Michel

Première nouvelle production de la saison au Théâtre national de Mannheim, Die Meistersinger von Nürnberg bénéficient d’une distribution engagée et d’un orchestre accoutumé à Wagner, bien dynamisés par la direction d’Alexander Soddy malgré une mise en scène de Nigel Lowery sans apport sur l’œuvre, qu’on pourrait croire datée d’il y a un demi-siècle.
 

Nationaltheater, Mannheim
Le 28/10/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Alors que l’on a coutume depuis plusieurs décennies à Mannheim d’entendre Wagner dans des productions risquées par leurs recherches de modernité, la mise en scène des Meistersinger par Nigel Lowery ne créera pas plus de remous qu’elle n’en mérite, sans jamais non plus dynamiser le livret d’un ouvrage apparu dans cette ville moins de neuf mois après sa création munichoise, il y a cent cinquante-ans.

    Le metteur en scène britannique réutilise comme cadre une arche déjà vue dans plusieurs de ses productions, notamment celle de Faust à Berne, où il agençait également le décor et les costumes, dont certains en lien avec le Septième Sceau se montraient plus appropriés à développer le livret d’après Goethe que ne le sont les habits de maîtres et robes classiques préparés cette fois pour l’opéra-comique wagnérien.

    Le seul véritable trait définissant une mise en scène moderne et non cinquantenaire tient au maquillage qui agrandit le regard des chanteurs, autre habitude de Lowery, comme s’il cherchait par ses peintures naïves en fond de scène et par des personnages aux grands yeux un onirisme de conte, qui n’apporte ici rien à l’histoire et se montre nettement moins bien traité que par Stefan Herheim à Salzbourg et Paris. Une scène fonctionne toutefois particulièrement, lorsque Beckmesser tente de récupérer le texte du bar écrit par Sachs et doit se battre avec un chat en marionnette aussi violent que le lapin du Sacré Graal des Monty Python.

    Joachim Glotz parvient à faire rire à d’autres moments, en plus d’être le meilleur chanteur du plateau, d’un timbre chaleureux et d’un chant parfaitement projeté, jusqu’à sa dernière scène dans laquelle il se ridiculise avec brio. Natif de la ville concernée par le livret, Thomas Jesatko porte un Sachs valeureux mais quelque peu sous-dimensionné par rapport à la longueur du rôle et aux références actuelles. Fait remarquable, il est l’un des seuls artistes de la production à ne pas découvrir son rôle, la plupart des chanteurs présents portant leur personnage pour la première fois.

    Christopher Diwey affiche une véritable fraîcheur pour un David à la façon d’un grand dadais, là où Tilmann Unger se montre un Walther vaillant jusqu’au dernier air, avec un acte médian de très belle tenue. L’Eva d’Astrid Kessler possède une ligne de chant précise, supérieure à la Magdalene un peu courte en souffle de Marie-Belle Sandis, quand il faut également citer la prestation du Veit Pogner de Sung Ha et plus spécialement celle de Bartosz Urbanowicz, repérable en Hans Foltz, mais surtout puissant par la gravité cadavérique d’un Veilleur de nuit en costume de Cavalier de l‘Apocalypse.

    Les choristes d’abord trop peu nombreux se renforcent au III, pour développer un chaud et dynamique final, quand l’orchestre expose pendant près de cinq heures une science toute teutonne à gérer sans férir la partition de Wagner, porté par l’énergie du directeur musical des lieux, un Alexander Soddy peu inquiété de développer toute la germanité de cette musique et d’accentuer certains leitmotive pour accroitre l’effet de la fosse sur la scène, comme au dernier acte, lorsqu’il meurtrit un peu plus Beckmesser par chaque coup d’archet.




    Nationaltheater, Mannheim
    Le 28/10/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production des Maîtres chanteurs de Wagner dans une mise en scène de Nigel Lowery et sous la direction d’Alexander Soddy au Nationaltheater Mannheim.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Meistersinger von Nürnberg, opéra en trois actes (1868)
    Livret du compositeur

    Chor und Extrachor des Nationaltheaters Mannheim
    Orchester des Nationaltheaters Mannheim
    direction : Alexander Soddy
    mise en scène, décors & costumes : Nigel Lowery
    éclairages : Lothar Baumgarte
    préparation des chœurs : Dani Juris

    Avec :
    Thomas Jesatko (Hans Sachs), Sung Ha (Veit Pogner), Samuel Levine (Kunz Vogelgesang), Rainer Zaun (Konrad Nachtigall), Joachim Goltz (Sixtus Beckmesser), Thomas Berau (Fritz Kothner), Uwe Eikötter (Balthasar Zorn), Koral Güvener (Ulrich Eißlinger), Raphael Wittmer (Augustin Moser), Marcel Brunner (Hermann Ortel), Dominic Barberi (Hans Schwarz), Bartosz Urbanowicz (Hans Foltz/Nachtwächter), Tilmann Unger (Walther von Stolzing), Christopher Diffey (David), Astrid Kessler (Eva Pogner), Marie-Belle Sandis (Magdalene).

     



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