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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2019

Nouvelle production de Lohengrin de Wagner dans une mise en scĂšne d’ÁrpĂĄd Schilling et sous la direction de Cornelius Meister Ă  l’OpĂ©ra de Stuttgart.

Un Lohengrin de promesses
© Matthias Baus

Lohengrin signe la premiĂšre production du nouveau tandem formĂ© par l’intendant Viktor Schoner et le chef d’orchestre Cornelius Meister Ă  la Staatsoper Stuttgart et atteste dĂ©jĂ  de la dynamique et des orientations extrĂȘmement prometteuses des saisons Ă  venir dans la capitale du Bade-Wurtemberg, tant la rĂ©ussite scĂ©nique et musicale est globale.
 

Opernhaus, Stuttgart
Le 27/10/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Nous avions interviewĂ© Cornelius Meister la saison passĂ©e, aprĂšs avoir suivi ce chef depuis dĂ©jĂ  prĂšs d’une dĂ©cennie. Depuis, sa direction du Vaisseau fantĂŽme et Parsifal Ă  l’OpĂ©ra des Flandres laissaient imaginer le niveau de sa prestation pour Lohengrin, son premier opĂ©ra en tant que directeur musical Ă  Stuttgart.

    Loin de dĂ©cevoir nos attentes, le prĂ©lude enchante dĂ©jĂ  par la fluiditĂ© de l’ensemble et d’abord des cordes du Staatsorchester Stuttgart, tout en distillant un souffle neuf, magnifiquement empreint de tradition. Le jeune Allemand de trente-huit ans dĂ©ploie par la suite une incroyable urgence dans les scĂšnes de combats et de foule, et sait se mettre en retrait par un son toujours subtil lorsqu’il s’agit de laisser prioritaire le plateau.

    La scĂšne revient Ă  ÁrpĂĄd Schilling, qui offre une proposition purement thĂ©Ăątrale, loin des expĂ©rimentations Ă  la mode, dans un dĂ©cor Ă  l’épure luthĂ©rienne, simple coffrage noir dans lequel Ă©volue un peuple d’abord gris, puis Ă  mesure que l’action avance, habillĂ© de couleurs claires voire criardes. Rien ici ne cherche Ă  provoquer ni Ă  rĂ©interprĂ©ter un livret dĂ©jĂ  dissĂ©quĂ© depuis des annĂ©es sur les scĂšnes allemandes.

    Le Hongrois s’attache simplement Ă  dĂ©crire la physionomie du guide, dont il estime que le peuple a forcĂ©ment besoin pour sortir de son assujettissement, idĂ©e d’autant plus forte qu’il Ă©tait l’une des figures de proue de l’opposition Ă  Viktor Orban dans son pays, et que dans le livret le hĂ©ros wagnĂ©rien doit conduire l’armĂ©e brabançonne face aux Hongrois dĂšs le lendemain de son mariage.

    En plus d’utiliser le chƓur comme un personnage Ă  part entiĂšre, il se sert Ă©galement des trompettes souvent directement sur le plateau pour renforcer les scĂšnes de fanfares, quand elles ne sont pas rĂ©parties au premier balcon. Exceptionnel, peut-ĂȘtre supĂ©rieur mĂȘme Ă  celui de Bayreuth cet Ă©tĂ©, le chƓur de l’OpĂ©ra de Stuttgart exalte ses parties du I jusqu’à un final d’une trĂšs grande intensitĂ©.

    Assez peu mĂ©diatisĂ©, Michael König fait partie des tĂ©nors allemands les plus importants depuis dix ans, lorsqu’il avait abordĂ© le rĂŽle-titre pour la premiĂšre fois Ă  Francfort. Il prouve Ă  nouveau que notre dĂ©cennie ne connaĂźt guĂšre d’écueil pour distribuer Lohengrin, tant il s’y montre toujours agile et mĂȘme fin jusqu’au II (le duo). La voix se durcit au dernier acte, mais si la fragilitĂ© de la ligne inquiĂšte dans In fernem Land, Mein Lieber Schwan offre un magnifique moment d’apesanteur.

    Simone Schneider prĂ©sente une Elsa sans difficultĂ©s bien que relativement froide dans son face-Ă -face du III, pour marquer plus dans celui avec Ortrud, lĂ  oĂč Martin Gantner offre un Telramund en accord avec la proposition scĂ©nique, jamais portĂ© vers la duretĂ© et la noirceur que l’on peut chercher Ă  donner au traĂźtre. Une remarque relativement similaire s’applique Ă  Ortrud, qui pourrait mĂ©riter Ă  certains instants un timbre plus sombre que celui d’Okka von der Damerau, campant une femme plus ensorcelante par son intelligence que par l’hystĂ©rie.

    Shigeo Ishino complĂšte la distribution en rendant la partie du HĂ©raut bien identifiĂ©e et laisse devant lui le timbre grave bien que jamais royal du jeune roi Heinrich de Goran Jurić. On avait l’habitude d’entendre Ă  Stuttgart des opĂ©ras de Wagner d’une grande qualitĂ©, le niveau risque encore de monter d’un cran avec la nouvelle Ă©quipe en place.




    Opernhaus, Stuttgart
    Le 27/10/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Lohengrin de Wagner dans une mise en scĂšne d’ÁrpĂĄd Schilling et sous la direction de Cornelius Meister Ă  l’OpĂ©ra de Stuttgart.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Lohengrin, opéra en trois actes (1850)
    Livret du compositeur

    Staatsopernchor und Staatsorchester Stuttgart
    direction : Cornelius Meister
    mise en scÚne : Árpåd Schilling
    décors : Raimund Orfeo Voigt
    costumes : Tina Kloempken
    Ă©clairages : TamĂĄs BĂĄnyai
    prĂ©paration des chƓurs : Manuel Pujol

    Avec :
    Goran Jurić (Heinrich der Vogler), Michael König (Lohengrin), Simone Schneider (Elsa von Brabant), Martin Gantner (Friedrich von Telramund), Okka von der Damerau (Ortrud), Shigeo Ishino (Der Heerrufer), Torsten Hofmann, Heinz Göhrig, Andrew Bogard, Michael Nagl (Vier Edler).

     



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