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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Nouvelle production de Lohengrin de Wagner dans une mise en scène d’Árpád Schilling et sous la direction de Cornelius Meister à l’Opéra de Stuttgart.

Un Lohengrin de promesses
© Matthias Baus

Lohengrin signe la première production du nouveau tandem formé par l’intendant Viktor Schoner et le chef d’orchestre Cornelius Meister à la Staatsoper Stuttgart et atteste déjà de la dynamique et des orientations extrêmement prometteuses des saisons à venir dans la capitale du Bade-Wurtemberg, tant la réussite scénique et musicale est globale.
 

Opernhaus, Stuttgart
Le 27/10/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Nous avions interviewé Cornelius Meister la saison passée, après avoir suivi ce chef depuis déjà près d’une décennie. Depuis, sa direction du Vaisseau fantôme et Parsifal à l’Opéra des Flandres laissaient imaginer le niveau de sa prestation pour Lohengrin, son premier opéra en tant que directeur musical à Stuttgart.

    Loin de décevoir nos attentes, le prélude enchante déjà par la fluidité de l’ensemble et d’abord des cordes du Staatsorchester Stuttgart, tout en distillant un souffle neuf, magnifiquement empreint de tradition. Le jeune Allemand de trente-huit ans déploie par la suite une incroyable urgence dans les scènes de combats et de foule, et sait se mettre en retrait par un son toujours subtil lorsqu’il s’agit de laisser prioritaire le plateau.

    La scène revient à Árpád Schilling, qui offre une proposition purement théâtrale, loin des expérimentations à la mode, dans un décor à l’épure luthérienne, simple coffrage noir dans lequel évolue un peuple d’abord gris, puis à mesure que l’action avance, habillé de couleurs claires voire criardes. Rien ici ne cherche à provoquer ni à réinterpréter un livret déjà disséqué depuis des années sur les scènes allemandes.

    Le Hongrois s’attache simplement à décrire la physionomie du guide, dont il estime que le peuple a forcément besoin pour sortir de son assujettissement, idée d’autant plus forte qu’il était l’une des figures de proue de l’opposition à Viktor Orban dans son pays, et que dans le livret le héros wagnérien doit conduire l’armée brabançonne face aux Hongrois dès le lendemain de son mariage.

    En plus d’utiliser le chœur comme un personnage à part entière, il se sert également des trompettes souvent directement sur le plateau pour renforcer les scènes de fanfares, quand elles ne sont pas réparties au premier balcon. Exceptionnel, peut-être supérieur même à celui de Bayreuth cet été, le chœur de l’Opéra de Stuttgart exalte ses parties du I jusqu’à un final d’une très grande intensité.

    Assez peu médiatisé, Michael König fait partie des ténors allemands les plus importants depuis dix ans, lorsqu’il avait abordé le rôle-titre pour la première fois à Francfort. Il prouve à nouveau que notre décennie ne connaît guère d’écueil pour distribuer Lohengrin, tant il s’y montre toujours agile et même fin jusqu’au II (le duo). La voix se durcit au dernier acte, mais si la fragilité de la ligne inquiète dans In fernem Land, Mein Lieber Schwan offre un magnifique moment d’apesanteur.

    Simone Schneider présente une Elsa sans difficultés bien que relativement froide dans son face-à-face du III, pour marquer plus dans celui avec Ortrud, là où Martin Gantner offre un Telramund en accord avec la proposition scénique, jamais porté vers la dureté et la noirceur que l’on peut chercher à donner au traître. Une remarque relativement similaire s’applique à Ortrud, qui pourrait mériter à certains instants un timbre plus sombre que celui d’Okka von der Damerau, campant une femme plus ensorcelante par son intelligence que par l’hystérie.

    Shigeo Ishino complète la distribution en rendant la partie du Héraut bien identifiée et laisse devant lui le timbre grave bien que jamais royal du jeune roi Heinrich de Goran Jurić. On avait l’habitude d’entendre à Stuttgart des opéras de Wagner d’une grande qualité, le niveau risque encore de monter d’un cran avec la nouvelle équipe en place.




    Opernhaus, Stuttgart
    Le 27/10/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Lohengrin de Wagner dans une mise en scène d’Árpád Schilling et sous la direction de Cornelius Meister à l’Opéra de Stuttgart.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Lohengrin, opéra en trois actes (1850)
    Livret du compositeur

    Staatsopernchor und Staatsorchester Stuttgart
    direction : Cornelius Meister
    mise en scène : Árpád Schilling
    décors : Raimund Orfeo Voigt
    costumes : Tina Kloempken
    éclairages : Tamás Bányai
    préparation des chœurs : Manuel Pujol

    Avec :
    Goran Jurić (Heinrich der Vogler), Michael König (Lohengrin), Simone Schneider (Elsa von Brabant), Martin Gantner (Friedrich von Telramund), Okka von der Damerau (Ortrud), Shigeo Ishino (Der Heerrufer), Torsten Hofmann, Heinz Göhrig, Andrew Bogard, Michael Nagl (Vier Edler).

     



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