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CRITIQUES DE CONCERTS 16 décembre 2018

Version de concert de Tarare de Salieri sous la direction de Christophe Rousset à la Cité de la Musique, Paris.

La rareté qui s'explique
© Ignacio Barrios Martinez

Après Les Danaïdes puis Les Horaces, Christophe Rousset achève son projet discographique des opéras français de Salieri avec Tarare, porté par une distribution et un orchestre de choix dans l’acoustique peu idéale de la Cité de la Musique, où l’on retiendra surtout, par-delà les qualités engagées, la faiblesse de l’inspiration de l’œuvre elle-même.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 28/11/2018
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La redécouverte en 2005 de La Grotta di Trofonio d’Antonio Salieri grâce à l’enregistrement de Christophe Rousset laissait espérer de nombreuses autres renaissances, pour lesquelles le chef se fait maintenant le digne successeur du regretté Jean-Claude Malgoire, le premier à avoir osé un réel travail discographique sur l’œuvre du compositeur, dont le seul Tarare disponible aujourd’hui, en DVD, d’une production de 1988 de Jean-Louis Martinoty au Festival de Schwetzinger.

    Rousset pour s’attaquer aux opéras français de Salieri a commencé par le meilleur, Les Danaïdes, puis poursuivi par l’intéressant Les Horaces, paru il y a seulement deux mois en CD. Il achève avec le plus faible Tarare, trois heures de musique d’un ouvrage de 1787 qui ne peut faire oublier que la même année était créé le Don Giovanni de Mozart, ni que le maître Gluck avait retouché pour Paris le chef-d’œuvre Orphée et composé Alceste la décennie précédente.

    En cet unique soir en version de concert à la Cité de la Musique, nous ne pouvons que louer tous les artistes en présence, mais la rareté a des raisons que la raison n’ignore pas, et si Tarare n’est jamais joué, c’est sans doute aussi car l’ouvrage ne possède pas d’intérêt véritable. Pas un ensemble n’y est franchement novateur et seul l’air volontairement un tantinet ridicule de Calpigi reste en tête après trois heures de musique. Ce style annonce certes le Grand Opéra français, mais la partition ne marque pas.

    Pour autant, l’équipe musicale est quasi irréprochable, à commencer par les impeccables musiciens des Talens Lyriques. La sonorité des trompettes s’y montre toujours délectable, comme la fluidité de la petite harmonie et la célérité permise aux cordes, dynamisées par une direction très vive, d’une grande rigueur de la battue et d’une capacité à porter l’ensemble avec entrain et volupté.

    Au chant s’apprécie toujours autant Cyrille Dubois, à qui il arrive de couaquer dans l’aigu, même si tout le reste passe avec habileté tout au long de la soirée. Karine Deshayes se démarque par sa verve et son agilité dans le haut du spectre, particulièrement en première partie de soirée, mais présente un chant forcé trop avare en consonnes ; c’est elle que l’on comprend le moins ce soir.

    Déjà présent pour Les Horaces, Tassis Christoyannis est impressionnant tant avec Arthénée que son Ombre et le Génie du feu dans ce livret que l’on doit à Beaumarchais, même s’il est bien alambiqué et loin de la qualité des textes de ses pièces retouchés et italianisés par d’autres, Da Ponte ayant d’ailleurs repris celui-ci à son compte dès l’année suivante pour la version viennoise de l’œuvre, Axur Re d’Omus. Judith Van Wanroij, également dans la distribution du précédent opéra, livre une Nature enjouée et surtout une très belle Spinette, bien associée en duo à son ombre, la jolie Danaé Monnié, issue comme l’excellente Marine Lafdal-Franc pour Elamir du chœur des Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles.

    Jean-Sébastien Bou est égal à lui-même dans la clarté de la diction et la dynamique du chant, d’un timbre parfaitement adapté avec un bas-médium bien assis. Autre baryton, Jérôme Boutillier nous fait regretter ses trop courtes apparitions, quand on s’amuse à chacune de celle du ténor Enguerrand de Hys, maniéré à souhait pour camper le trublion Calpigi. Rien n’est à reprocher ce soir, sauf au compositeur de n’avoir jamais que du talent, mais peu de génie.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 28/11/2018
    Vincent GUILLEMIN

    Version de concert de Tarare de Salieri sous la direction de Christophe Rousset à la Cité de la Musique, Paris.
    Antonio Salieri (1750-1825)
    Tarare, opéra en cinq actes et un prologue
    Livret de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais

    Karine Deshayes (Astasie)
    Cyrille Dubois (Tarare)
    Judith van Wanroij (La Nature / Spinette)
    Jean-Sébastien Bou (Atar)
    Enguerrand de Hys (Calpigi)
    Tassis Christoyannis (Arthénée / Le Génie du feu)
    Jérôme Boutillier (Urson / un esclave / un prêtre)
    Philippe-Nicolas Martin (Altamort / un paysan / un eunuque)
    Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles
    Les Talens Lyriques
    direction : Christophe Rousset

     


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