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CRITIQUES DE CONCERTS 21 avril 2019

Concert de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction d’Andris Nelsons à la Philharmonie de Paris.

Plus ou moins à distance
© Marco Borggreve

En tournée pour deux soirs à la Philharmonie de Paris, le lendemain d’un premier programme avec Hélène Grimaud, Andris Nelsons s’attaque à deux figures majeures du romantisme germanique avec un Schumann maintenu à distance, à l’opposé d’un Mendelssohn magnifié par les étincelantes sonorités du Gewandhausorchester Leipzig.
 

Philharmonie, Paris
Le 22/01/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Andris Nelsons, parmi les chefs modernes, fait indiscutablement partie des artistes à la maîtrise d’orchestre la plus impressionnante. Mais si cette battue fédère particulièrement chez les musiciens des plus grands ensembles, nombre de spectateurs n’adhèrent pas à ses interprétations aux messages jugés souvent trop distants.

    Après avoir dirigé la saison passée un programme Mozart-Tchaïkovski avec le Gewandhausorchester Leipzig et être réapparu en septembre pour une Troisième Symphonie de Mahler puis des œuvres de Bernstein et Chostakovitch avec le Boston Symphony Orchestra – seconde formation dont il est également directeur musical –, le chef letton revient en France à la Philharmonie de Paris en ce début d’année avec son ensemble saxon et prend maintenant le risque de s’attaquer à deux des figures les plus importantes du romantisme allemand.

    Nous n’avons pu assister au concert de la veille avec Hélène Grimaud et un programme intégralement Schumann, mais du second soir, l’ouvrage le moins intéressant par la proposition du chef est indubitablement la Symphonie n° 2 de ce même compositeur, avec laquelle il montre une distance de style et d’esprit. À quelques vraies scories des trompettes et trombones près, l’orchestre démontre une fois de plus, tant par la clarté de ses bois que par la franchise des attaques de cordes, aussi puissantes que transparentes, à quel point la formation fait incontestablement partie des cinq ou dix meilleures au monde.

    Pour autant, la qualité technique ne suffit pas à développer la musique symphonique du romantique allemand et même si Nelsons crée une subtile dynamique dans le Scherzo, avant de tenter d’affiner l’Adagio espressivo, avec une maîtrise et un suivi de l’orchestre particulièrement déconcertants, à l’image de ceux de son maître Mariss Jansons, difficile comme chez l’aîné de ressentir dans cette interprétation plus qu’un beau raffinement.

    L’ouverture de Ruy Blas puis la Symphonie Italienne de Mendelssohn passionnent en revanche, car en plus de bénéficier de l’orchestre idéal dont le compositeur a lui-même été directeur musical à partir de 1835, l’idée du chef de placer, comme beaucoup aujourd’hui, les seconds violons à sa droite, crée dans cette musique un effet de sautillement des thèmes d’un groupe à l’autre particulièrement réussi.

    On reste surpris par le choix d’un effectif de sept contrebasses et quatorze premiers et seconds violons, mais cela donne une belle matière aux ouvrages du maître de Leipzig. Les bois se montre encore plus colorés que dans Schumann, à commencer par la splendide clarinette, quand les cuivres, qui montraient quelques attaques peu nettes dans l’ouverture, s’affinent ensuite dans la symphonie, et particulièrement dans un Saltarello survolté.

    Plus qu’une démonstration d’orchestre, d’où il faut encore démarquer l’incroyable premier violon Sebastian Breuninger, ce concert met en exergue la faculté d’Andris Nelsons à magnifier la musique de Mendelssohn et laisse espérer l’enregistrement d’une intégrale des symphonies.




    Philharmonie, Paris
    Le 22/01/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction d’Andris Nelsons à la Philharmonie de Paris.
    Felix Mendelssohn (1809-1847)
    Ruy Blas, ouverture op. 95
    Symphonie n° 4 en la majeur op. 90, « Italienne »
    Robert Schumann (1810-1856)
    Symphonie n° 2 en ut majeur op. 61
    Gewandhausorchester Leipzig
    direction : Andris Nelsons

     


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