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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Neeme Järvi, avec la participation du violoniste In Mo Yang à la Maison de la Radio, Paris.

Mahler aux ours
© Frederick Stucker

Présent à Paris début janvier pour un concert russe donné avec l’Orchestre national de France, Neeme Järvi remplace la semaine suivante Emmanuel Krivine dans un programme franco-germanique, avec au centre la découverte du jeune prodige In Mo Yang au violon, et une Titan de Mahler dans la forêt duquel traînent quelques plantigrades.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 24/01/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Neeme Järvi ne devait rester qu’une petite semaine en ce dĂ©but d’annĂ©e Ă  Paris pour la Symphonie n° 1 de Rachmaninov et de la Sixième de Chostakovitch. Des impondĂ©rables nous permettent de l’entendre Ă  nouveau une semaine plus tard. Nous avons dĂ©jĂ  Ă©crit lors de ses prĂ©cĂ©dents concerts comme l’alchimie entre le chef estonien et l’Orchestre national de France est Ă©vidente, au point de penser qu’on aurait pu lui proposer pour trois ans le poste de directeur musical tout aussi bien qu’à celui qu’il remplace ce soir dans un concerto français, une ouverture allemande et une symphonie autrichienne.

    Dès les premières notes de l’ouverture Les Hébrides de Mendelssohn, la chaleur procurée instantanément par le vieux chef suffit à nous rassurer sur le fait que le concert sera de grande qualité, avec notamment une belle attention aux altos, et la recherche d’un allant naturel très fluide, sauf dans les parties de fanfares, où l’on retrouve ici la patte tenace du grand passionné de Chostakovitch. Le Concerto pour violon n° 3 de Saint-Saëns permet ensuite de découvrir un jeune Coréen de 23 ans, qui exactement comme pour les derniers artistes sortis de l’école de piano de ce pays, nous montre que cette nouvelle génération ne possède plus seulement une incroyable dextérité, mais aussi une véritable capacité de discours.

    D’un geste toujours extrêmement facile, In Mo Yang passe sans complexe toutes les difficultés de la partition française tout en lui appliquant une délicate attention, notamment sur les accents du Molto moderato. Son bis, le Caprice n° 24 de Paganini, affiche la même prestance alliée à une véritable intelligence, sans aucune vulgarité et avec une incroyable agilité de pizz très détaillés à la main gauche.

    En seconde partie, Järvi revient devant l’orchestre au grand complet pour une Symphonie n° 1 de Mahler débutée sans mystère, avec une saveur de Bohême particulièrement agréable dans ce Langsam, écrit pour représenter la nature, avec ses oiseaux magnifiquement travaillés par les bois, à commencer par les hautbois et le basson. Dans cette forêt mahlérienne, on semble parfois apercevoir des ours, tant la bonhomie du chef applique une patte lourdaude à certaines occasions, notamment dans la démarche demandée au timbalier pour introduire le Feierlich et son Frère Jacques entonné par la contrebasse solo.

    Très discret dans le concerto, Järvi donne cette fois de la matière à la Titan, tout particulièrement à son Finale, d’abord avec l’accord fracassant introductif, puis dans la filiation de cette musique avec celle de Chostakovitch, notamment par le caractère militaire appliqué à certaines parties de cuivres. Il se permet d’ailleurs, dans la coda, de faire lever les cors ainsi que la trompette et le trombone attenants, une indication inscrite sur la partition et déjà exécutée en début de saison par Daniel Harding, alors qu’elle n’est presque plus jamais respectée par les chefs actuels.

    Notre évidente conclusion est la même qu’après son dernier concert à Paris : espérons que l’ONF invite encore longtemps Neeme Järvi.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 24/01/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Neeme Järvi, avec la participation du violoniste In Mo Yang à la Maison de la Radio, Paris.
    Felix Mendelssohn (1809-1847)
    Les HĂ©brides, ouverture
    Camille Saint-Saëns (1835-1921)
    Concerto pour violon et orchestre n° 3
    In Mo Yang, violon
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 1 « Titan »
    Orchestre national de France
    direction : Neeme Järvi

     


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