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CRITIQUES DE CONCERTS 10 décembre 2018

Reprise de la Bohème de Giacomo Puccini.

Une Bohème mal logée
© D.R.

Leontina Vaduva (D.R.)

Malgré une belle distribution dominée par la radieuse présence de Leontina Vaduva, cette Bohème de Puccini signée Jonathan Miller pour la la mise en scène et Leonard Slatkin pour la direction musicale se situe dans un "entre-deux" peu convaincant.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 05/12/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Il est toujours amusant de constater combien les metteurs en scène aiment à jouer avec le temps, et le goût des époques, sans concevoir qu'une histoire ait été choisie parce que le compositeur souhaitait dépeindre une époque précise, une mode de vie particulier.

    Jonathan Miller, médecin de formation brille dans les diagnostics au premier degré. Sans doute est-ce la raison pour laquelle il se sent si à l'aise avec Donizetti. Là, il lui arrive de ne pas trop se poser de problème, et de ne pas trop nous en poser non plus.

    Mais l'univers de Puccini relève d'autres paramètres. Les Scènes de la vie de Bohème d'Henri Murger sont le témoignage d'une époque et rajeunir d'un demi-siècle l'histoire et la sensibilité des personnages parait aussi inutile que gratuit.Ne serait-ce que pour ces costumes qui ne mettent guère en valeur la beauté des femmes, ni la séduction des hommes


    Rodolfo est un poète échevelé, comme on l'était à la fin du XIXe siècle. Or Frank Lopardo n'est guère gâté
    capillairement parlant, ce qui rend son personage pour le moins curieux, s'il ne chantait pas.

    Ici, le chef Leonard Slatkin ne paraît pas avoir joué le jeu du vérisme, de cette chaleur humaine qui va jusqu'aux larmes, en passant par les rires et les éclats de rire. Comme le spectacle, il se situe dans un "entre-deux" inutile et gratuit.

    Mais il y a heureusement les interprètes et au premier plan Leontina Vaduva. Elle est Mimi, comme elle réussit à être chacun des personnages qu'elle doit interpréter. Non seulement vocalement, mais physiquement, comme si ses sentiments sculptaient son corps, sa démarche, sa respiration.

    Leontina Vaduva est de ces cantatrices qui prennent le public à témoin, par la seule qualité de leur chant, par la sensibilité qu'elles dégagent d'un geste, d'un regard, d'un sourire. Aussi va-t-on assister à un spectacle, parce qu'elle en fait partie. Simplement pour la retrouver comme on aime se retrouver en famille, avec des êtres que l'on apprécie, que l'on aime.

    Gwynne Geyer est une Musetta plus vraie que nature. Miller l'imagine en star de banlieue, ou des boulevards. Elle est parfaite et vocalement et scéniquement, avec une réelle sensualité lyrique.

    Bien que Frank Lopardo soit assez crédible en poète raté, il manque de panache vocal. En revanche Ludovic Tézier est admirable, mélodiste et Sorin Coliban arrache des larmes aux midinettes quand il prend congé de son paletot (pour moi c'était un manteau, mais je m'en rapporte aux surtitres...)

    Au final, cette Bohème de l'Opéra-Bastille fait difficilement oublier celle de Zeffirelli que toutes les plus grandes scènes ont accueillies.

    Reste que l'on peut se demander s'il aura un jour à l'Opéra de Paris, un metteur en scène qui puisse donner un contre-point typiquement parisien à cette musique si merveilleusement italienne qui dépeint comme jamais, à en croire Debussy, cette bohème du XIXe siècle français.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 05/12/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    Reprise de la Bohème de Giacomo Puccini.
    Direction musicale : Leonard Slatkin
    Mise en scène : Jonathan Miller
    Décors/costumes : Dante Ferretti / Gabriella Percucci
    Avec Leontina Vaduva (Mimi), Gwynne Geyer (Musetta), Frank Lopardo (Rodolfo), Dalibor Jenis (Marcello), Sorin Coliban (Colline), Ludovic Tézier (Schaunard), Michel Trempont (Benoit), Carlos Feller (Alcindoro).

     


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