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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2019

Reprise de Rusalka de Dvorak dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction de Susanna Mälkki à l’Opéra de Paris.

Les trois âges de Rusalka
© Guergana Damianova

Reprise pour la deuxième fois sous le mandat de Stéphane Lissner, la production de Rusalka de Dvořák par Robert Carsen à l’Opéra Bastille rencontre toujours le même succès en répertoire, avec maintenant la soprano Camilla Nylund dans le rôle-titre et le Prince de luxe de Klaus Florian Vogt, sous la direction inspirée de Susanna Mälkki.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 13/02/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La dernière représentation de la reprise cette saison de Rusalka, chef-d’œuvre lyrique de Dvořák, trouve à l’Opéra Bastille des applaudissements nourris tant pour la distribution que pour la direction en fosse, avec une mise en scène toujours bercée par les effluves oniriques créés par les vidéos et les lumières sur le décor de Michael Levine.

    D’un plateau wagnérien ressort avant tout le Prince de Klaus Florian Vogt, moins idiomatique que Pavel Černoch à la dernière reprise mais particulièrement efficace dans des passages de bravoure jamais caricaturés, avec ce timbre toujours légèrement nasalisé, tout à fait en accord avec le rôle. Camilla Nylund était déjà sa Rusalka en 2012 à Barcelone et reprend à nouveau une nymphe également défendue à Salzbourg il y a une décennie. La voix vaillante ne possède ni la personnalité ni l’éclat des plus grandes interprètes du rôle, mais allie vaillance et justesse sur l’ensemble du rôle.

    Karita Mattila en Princesse étrangère s’oppose par le charisme scénique comme par le chant, moins précis mais toujours étincelant et puissant, pour un personnage qui dans cette mise en scène l’amène à se montrer en double vieilli de l’héroïne, comme si les trois femmes sur scène n’étaient plus concurrentes, mais une seule à trois étapes de la vie, en reflet dans le miroir défini par la surface de l’eau et la symétrie des éléments de décor.

    La troisième, Michelle DeYoung, est une Ježibaba particulièrement intègre dans le bas-médium, même si l’on peut préférer une couleur plus sombre pour la sorcière. Thomas Johannes Mayer complète la distribution avec un Vodník parfois limité dans la projection et gris de timbre mais solide, quand dans les Filles du Rhin wagnériennes on voit l’inspiration des trois Nymphes, dont on retient particulièrement la palette de graves de la Troisième, Élodie Méchain, et la clarté de l’aigu de la Première, Andreea Soare.

    Le Chœur de l’Opéra de Paris préparé par Alessandro Di Stefano développe une belle scène des Esprits des Bois, mais l’oreille se concentre régulièrement tout au long de l’opéra sur la partition symphonique, avec un orchestre peu enthousiaste à travailler des couleurs pourtant recherchées par le geste lyrique de Susanna Mälkki. Loin de présenter l’ouvrage comme une pièce internationale, l’artiste s’attache à y rechercher les thèmes tchèques, à l’image de ceux inclus dans le ballet, ou plus encore des danses slaves du premier lever de rideau.

    Robert Carsen avait signé avec cet ouvrage l’une de ses plus belles productions, en rien révolutionnaire mais d’une intelligence simple jouant sur les effets de double, pour une histoire légèrement adaptée à l’avantage de l’une ou l’autre des femmes selon les désirs amoureux du Prince. Au dénouement, le lit est présenté vu de haut à travers un voile aquatique, entouré de tables de chevet et lampes, mobilier d’une dualité de couple symbolisant le confort mais aussi la monotonie de la vie à deux, fin choisie par le metteur en scène qui, plutôt que de tuer le Prince, le laisse rêveur dans son intérieur bourgeois.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 13/02/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Rusalka de Dvorak dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction de Susanna Mälkki à l’Opéra de Paris.
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Rusalka, conte lyrique en trois actes (1901)
    Livret de Jaroslav Kvapil

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Susanna Mälkki
    mise en scène : Robert Carsen
    décors : Michael Levine
    costumes : Michael Levine
    éclairages : Robert Carsen & Peter Van Praet
    préparation des chœurs : Alessandro Di Stefano

    Avec :
    Klaus Florian Vogt (Le Prince), Karita Mattila (La Princesse étrangère), Camilla Nylund (Rusalka), Thomas Johannes Mayer (L'Ondin), Michelle DeYoung (Ježibaba), Danylo Matviienko (La Voix d'un chasseur), Jeanne Ireland (Le Marmiton), Andreea Soare (Première Nymphe), Emanuela Pascu (Deuxième Nymphe), Élodie Méchain (Troisième Nymphe), Tomasz Kumiega (Le Garde forestier).

     



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