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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mars 2019

Troisième Symphonie de Mahler par les Bamberger Symphoniker dirigés par Jakub Hrůša à la Philharmonie de Paris.

Mahler littéral
© Pavel Hejnz

Introduction à un week-end intégralement consacré à Gustav Mahler à la Philharmonie de Paris, la Symphonie n° 3 expose les chaudes cordes des Bamberger Symphoniker et démontre l’habitude de cette formation à interpréter cette musique, malgré une direction littérale de la partition par le jeune chef tchèque Jakub Hrůša.
 

Philharmonie, Paris
Le 15/02/2019
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La Symphonie n° 3 de Mahler avait déjà été donnée à la Philharmonie de Paris par des formations américaines comme le Los Angeles Philharmonic (avec Gustavo Dudamel), le Cleveland Orchestra (avec Franz Welser-Möst) ou le Boston Symphony (avec Andris Nelsons). La revoici cette fois aux mains d’une formation germanique, avec un chef tchèque.

    Les Bamberger Symphoniker s’attèlent à la tâche pour un rendu littéral, surtout basé sur la mise en avant des solistes et groupes d’instruments, et sur une lenteur prononcée dans les mouvements médians. Au regard des applaudissements aux saluts, cette interprétation semble avoir été appréciée. Pourtant, la vision de Jakub Hrůša nous semble seulement appliquée et attachée à retranscrire la partition de manière textuelle.

    Nous avons toujours apprécié les couleurs du chef tchèque, façonnées pour son répertoire national. Mais dans Mahler, il semble surtout ordonner chaque partie, quitte à morceler la partition comme dans le très long Kräftig initial, ou dans un Tempo di Menuetto très déconstruit quoique mettant en avant d’excellents instrumentistes.

    Pour cela, il bénéficie d’une formidable machine, d’une splendide chaleur dans les cordes, sans doute en partie ce qui a marqué favorablement un public parisien peu habitué à entendre cette formation haut-franconienne. Il faut rappeler que les Bamberger ont eu particulièrement le temps de se former à la musique du symphoniste autrichien cette dernière décennie avec Jonathan Nott, avec pour preuve sa superbe intégrale au CD chez Tudor.

    Plus troublant encore que les deux premiers mouvements, nous attendions sans doute du Comodo une véritable empreinte Europe centrale, avec la possibilité d’y entendre les couleurs de la Bohême natale du compositeur. Ce mouvement sous-titré Ce que me content les animaux de la forêt ne trouve pourtant lui aussi qu’une lecture bien faite mais séquentielle, surtout soucieuse de mise en avant de la petite harmonie, ainsi qu’évidemment du cor de postillon, caché derrière la scène au premier balcon et auteur de trois accrocs marqués, pardonnables dans cette partition si difficile.

    Bernarda Fink expose dans le Lied son beau timbre, déjà connu dans de multiples interprétations mahlériennes, quelque peu mis en défaut cette fois sur la ligne de chant par un tempo lentissime, sans pourtant jamais toucher les sphères réflexives du Zarathoustra de Nietzsche. Elle intervient de la même façon pour se détacher du chœur et de l’orchestre dans le Lustig, avec un Chœur de femmes et d’enfants de l’Orchestre de Paris toujours aussi bien préparé par Lionel Sow, bien que lui non plus peu porté vers l’élévation dans la vision trop matérielle du chef.

    L’Adagio final retrouve une meilleure unité, en partie parce qu’il est tenu tout du long par des cordes particulièrement rondes, mais aussi car il déploie toute la puissance des cuivres, avec des cors dont le premier n’aura pas été juste toute la soirée en soliste, bien qu’impressionnants en groupe, tout comme les trombones brillants et des trompettes luisantes juste avant la coda.




    Philharmonie, Paris
    Le 15/02/2019
    Vincent GUILLEMIN

    Troisième Symphonie de Mahler par les Bamberger Symphoniker dirigés par Jakub Hrůša à la Philharmonie de Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 3 en ré mineur
    Chœur de femmes et d’enfants de l’Orchestre de Paris
    préparation : Lionel Sow
    Bamberger Symphoniker
    direction : Jakub Hrůša

     


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